Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Still Sick d’Akashi

Titre : Still Sick

Auteur : Akashi

Editeur vf : Taifu (Yuri)

Année de parution vf : 2020 – 2021

Nombre de tomes vf : 2 / 3 (en cours)

Histoire : Dans la vie de tous les jours, Makoto Shimizu est une employée modèle, cheffe d’équipe au sein du département de recherche et développement, fiable et honnête. Ce que ses collègues ne savent pas, c’est qu’elle consacre tout son temps libre à dessiner des mangas amateurs (doujinshi) yuri. Jusqu’au jour où une collègue, Akane Maekawa, passe devant son stand durant une convention et la reconnaît. Entre l’indécrottable otaku Makoto et la dépassionnée Akane, qui ne semble rien n’y connaître, se lie une relation rafraichissante, dépourvue de faux-semblants. Mais une question reste en suspens. Pourquoi Akane était-elle donc présente à une convention yuri ce jour-là ?

Mon avis :

Tome 1

Taifu, c’est un peu mon fournisseur officiel en bons yuri ces dernières années, alors je suis impatiente de découvrir chaque nouvelle sortie. Encore plus quand la couverture est dynamique comme celle-ci et que le sujet semble prometteur.

Akashi, dont c’est le premier titre que nous lisons chez nous, a en effet la bonne idée de nous proposer une histoire en 3 tomes sur des dessinatrices de manga et de doujinshi. Un thème qui n’est certes plus original depuis Bakuman ou Rin mais qui, je crois, est abordé pour la première fois chez nous dans un yuri.

Le ton est de suite donné, le titre va osciller entre le tranche de vie humoristique et dramatique et nous allons suivre la gentille rencontre de Shimizu, cheffe d’équipe au sein d’un département recherche et développement, et Maekawa, une jeune collègue dans l’administratif. La première tombe sur la seconde lors d’une convention de yuri et voit ainsi son secret éventé, elle toujours si sérieuse, est dessinatrice amateur de yuri, ces mangas mettant en scène des romances lesbiennes. Commence alors le rapprochement entre deux femmes qui avaient bien besoin d’une amie.

Ce premier tome est définitivement orienté vers une relation platonique et ce n’est pas pour me déplaire. Les deux femmes dont nous faisons la connaissance ont déjà beaucoup de choses à dire avant qu’on ne parle d’amour. Avec Shimizu, on découvre une femme complexée par sa possible orientation sexuelle, elle ne semble pas bien sûre, et qui considère sa passion pour les yuri comme un secret honteux. Avec Maekawa, c’est une jeune femme hantée par son passé, qui ne sait pas comment vivre avec ses traumas d’enfance, et qui a du mal à se lier vraiment aux autres et à s’ouvrir. La rencontre entre les deux ne peut qu’être prometteuse.

Sur le papier, elle l’est, mais dans les faits, la mise en scène assez maladroite de la mangaka gâche un peu tout. J’ai trouvé le ton beaucoup trop léger et la gestion du drame bien trop grossière pour vraiment adhérer à l’histoire se déployant devant mes yeux. Je trouve que chacun des personnages est une caricature, non pas à cause de sa caractérisation, mais à cause de la façon dont elles sont utilisées dans les différentes scènes où on les croise. Tout est exagéré, aussi bien l’humour que le drame, et ça ne passe pas avec moi. J’aime quand c’est plus subtile.

J’ai eu ce même souci avec les dessins, que j’ai trouvé souvent maladroits et fades, alors qu’on sent que les intentions derrière sont louables. La preuve quand l’autrice veut insister sur la part de noirceur de Maekawa c’est en général assez réussi avec un trait plus fin et fouillé qui me plait bien. Celle-ci a d’ailleurs bien plus de charme que sa compagne car elle est représentée comme plus complexe, plus mystérieuse, jusque dans son dessin.

Je reste donc sur ma faim après ce premier tome. J’aime le cadre avec ses héroïnes dessinatrices, mises à mal par leur passion ou leur passé, qui doivent également apprendre à gérer cette nouvelle relation inattendue et prometteuse. Mais j’ai trouvé bien trop de maladresses dans l’exécution pour le moment pour vraiment être passionnée par ce que je lis. J’attends donc les deux prochains et derniers tomes pour vraiment me faire une idée, ici nous n’en sommes qu’aux prémices et tout est à écrire.

Tome 2

Alors que j’avais vraiment envie d’aimer la série de par les thèmes qu’elle met en avant autour de la création artistique et de la découverte de l’amour, j’ai vraiment eu beaucoup de mal à rentrer dedans encore une fois.

L’autrice a vraiment une belle idée en mettant en scène une ancienne mangaka qui s’est perdue et a arrêté son métier, mais qui aimerait bien s’y remettre. Elle aborde en marge des sujets pertinents tels que la part du désir de l’auteur et du désir des lecteurs, la façon dont on crée et trouve l’inspiration, comment sortir d’un blocage, etc. J’aime beaucoup tout ce qui tourne autour de la création. Mon souci est ailleurs.

Je n’accroche absolument pas au personnage de Maekawa. Je la trouve très très désagréable et je ne comprends pas comment Makoto peut à ce point s’accrocher à elle… Maekawa ne sait pas bien ce qu’elle veut. Elle embrasse Makoto lui faisant croire et espérer des choses pour ensuite se raviser. Elle souffle sans cesse le chaud et le froid mais sans jamais s’engager dans quoi que ce soit, c’est vraiment malheureux et malaisant pour Makoto. Peut-être que son côté paumé et fragile plaira à certains, moi il m’a horripilée. Je n’aime pas cet entre deux qu’elle entretient et j’ai vraiment l’impression qu’elle se sert de Makoto sans rien donner en échange…

Makoto, elle, est un personnage comme je les aime. C’est une femme qui s’interroge sur elle-même, se pose des questions, avance et agit en conséquence mais toujours en tenant compte des autres, sans se faire passer forcément en premier. Elle est douce et généreuse, et en même très forte quand elle veut. Ses questionnements sur ses désirs profonds sont traités avec beaucoup de subtilités. L’autrice sait la montrer tour à tour forte et sensible. On la voit autant apporter aux autres que chercher de l’aide auprès d’eux. C’est bien plus équilibré.

Alors peut-être que je ne suis pas faite pour les héroïne dépressive comme Maekawa, parce que ce caractère qui m’agace tant chez elle, il y a plein de choses que j’aime dans le titre. Je le trouve juste déséquilibré à cause d’elle et j’ai vraiment le sentiment à la fois de tourner en rond et de m’enfoncer, ce qui n’est pas des plus agréables. Heureusement que la série est courte.

Partant de plusieurs bonnes idées sur la dépression artistique et le coming-out, Still Sick continue de peiner à me convaincre à cause de choix scénaristiques bancals qui m’empêchent d’adhérer à l’un des personnages principaux. C’est assez rédhibitoire dans ce genre de titres malheureusement…

(Merci à Sanctuary et Taifu pour cette lecture.)

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4 commentaires sur “Still Sick d’Akashi

  1. Si le côté exagération tend à me rebuter, ici, je suis tentée de passer outre et de me lancer si ma médiathèque incorpore le manga à son fond. Peut-être parce que je n’ai jamais lu de yuri et que je n’ai guère de points de comparaison… Et puis, j’apprécie qu’on passe d’abord par une relation platonique avant de s’attaquer, peut-être, à d’autres sortes de liens.

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