Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

20th Century Boys de Naoki Urasawa

Titre : 20th Century Boys

Auteurs : Naoki Urasawa

Éditeur vf : Panini (seinen)

Année de parution vf : 2002-2008 (pour la première édition)

Nombre de tomes vf : 22 + 2 Hors-Série (série terminée)

Histoire : Kenji est seul avec sa mère pour s’occuper de son magasin. Depuis que sa sœur a disparu, il doit aussi prendre soin de sa petite nièce Kanna. Il habite depuis toujours ce quartier, croise régulièrement ses anciens camarades de jeu et semble avoir définitivement mis de côté ses ambitions, ses vieux rêves.
Pourtant un jour il entend parler d’un couple qui a soudainement disparu près de chez lui. Sur leur porte il aperçoit un étrange dessin qui commence à l’intriguer, un dessin qui lui rappelle le groupe qu’il formait avec ses copains, gamins, et avec qui il s’était engagé à « protéger le monde »…
Mais c’est avec la mort de l’un d’eux, « Donkey », que les choses s’affolent dans sa tête. Il va alors commencer son enquête et tenter de découvrir qui est ce mystérieux « Ami » qui dirige le groupe qui se cache sous ce dessin.

Mon avis :

Tome 1

Quand 20th Century Boys est sorti, j’étais lycéenne. J’avais pris le train en cours de route lorsque celle-ci avait reçu le prix de la meilleure série du 31e festival d’Angoulême et j’avais alors englouti tous les tomes sortis avant de ronger mon frein et d’attendre patiemment des sorties de plus en plus espacées. Force m’est d’avouer que même si j’avais adoré les débuts et que j’adore nombre d’oeuvres d’Urasawa, j’avais aussi été déçue dans mon souvenir par la fin de celle-ci. Mais en discutant avec d’autres fans, notamment L’Apprenti Otaku, est arrivée l’idée que peut-être mon rythme de lecture d’alors n’avait pas été le bon et que j’aurais vraiment pris sa pleine mesure en lisant le titre d’une traite. C’est ce que je vais m’échiner à faire avec cette relecture ces prochaines semaines.

Avec le premier tome d’une saga qui en compte 22 + 2 bonus dans sa forme originale, Urasawa signe une oeuvre de son temps. Sortie au Japon en l’an 2000 pour le tournant charnière de deux siècles, ce récit se veut également celui de deux époques, celui de l’enfance des héros qui se déroule au XXe siècle et celui de leur âge adulte au XXIe siècle, un biais de lecture qui m’a accompagnée tout au long de ce premier tome déjà particulièrement efficace.

Urasawa est connu pour ses séries tour à tour thrillers policier, thrillers futuriste ou thrillers fantastique mais aussi pour ses comédies sportives, ici il part dans un récit futuriste et rétro tendu particulièrement séduisant où il prend le temps pour distiller ses ambiances et ses thèmes grâce à une narration particulièrement immersive. Grâce à des chapitres entre légèreté et humour où le texte abonde, il nous plonge dans de multiples lignes temporelles visant à raconter une revisite audacieuse du mythe du héros des temps modernes. Une revisite vous l’aurez compris que je trouve particulièrement réussie dès le démarrage.

Ce premier tome plante le décor, un décor multiple mystérieux et chaleureux à la fois où l’auteur joue sur un effet nostalgique qui devrait se saisir du lecteur adulte qui suivra un groupe d’enfants devenus adultes dans une lutte contre le mal, un mal appelé « Ami ». Ça en dit long. Pour cela, il s’amuse à nous balader entre différents passés et différents présents, ceux des héros que nous allons suivre. Ces héros, ce sont des garçons on ne peut plus banal, qui enfants aimaient bien jouer aux héros dans leur base secrète et imaginer comment lutter contre le mal. Ils avaient pour cela construit une forteresse en herbe, imaginé plein de scenarii et s’étaient même inventé un logo pour se reconnaître entre eux. Alors comment après un tel récit puis-je vous parler de récit tendu et futuriste ? Parce que dans notre présent XXIe siècle, ils se retrouvent après la mort de l’un d’entre eux et surtout de nombreux incidents plein de coïncidences faisant ressurgir le dit logo. Mais que se passe-t-il ?

Tout l’enjeu de 20th Century Boys va alors être de percer le mystère. Un mystère savamment entretenu et distillé par l’auteur dès les premières pages d’abord en passant d’une époque à l’autre, en montrant des événements qui ne semblent pas bien significatifs et qui pourtant vont être plein de sens pour ceux qui s’en rappellent. Mais un mystère aussi entretenu par une narration pleine de zones d’ombres savamment pensées et installées dans le paysage du titre. En effet, Urasawa truffe ce premier tome de case où certains personnages n’apparaissent pas, où on n’entend que leur voix, où on ne semble pas se rappeler d’eux et de ce qu’ils ont fait. C’est percutant et génial pour instaurer un doute, une méfiance et pousser à chercher qui ça peut bien être, si on les connaît, si on sait ce qu’ils ont fait, ce qu’ils sont devenus, etc. Urasawa est vraiment un génie dans ce premier tome pour poser cette ambiance.

Pourquoi est-ce que ça fonctionne autant ? Parce qu’en faisant cela, il plonge le héros et le spectateur lecteur dans quelque chose d’étrange qui lui échappe. Fini le petit quotidien simple à s’occuper de sa boutique avec le bébé que sa soeur vient d’abandonner. Finis les souvenirs fatigués d’une époque où tout nous semblait brillant en écoutant les derniers tubes de rock sortis. Place à un quotidien inquiétant où un mystérieux logo réapparaît de nulle part, où tout semble incriminer un groupe de gamins devenus des adultes pépères qui ne comprennent pas ce qui va leur arriver, où une mystérieuse secte apparaît et semble reprendre des éléments de leur passé pour commettre des exactions sans qu’ils ne le sache. C’est terrible et fascinant.

Ce premier tome est donc un modèle du genre pour plonger le lecteur dans un thriller étrange et inquiétant où le quotidien se met d’un coup à tanguer sans qu’on comprenne pourquoi. C’est aussi un modèle d’efficacité pour créer une ambiance accrocheuse et chaleureuse où on va suivre un groupe d’amis auquel on s’attache très vite grâce à cette nostalgie palpable des années 60-70 et de leur paysage musical. Urasawa décrit avec beaucoup de sincérité cette jeunesse d’autrefois, d’avant les internets, les CD et la bulle immobilière. Cela a un sentiment d’authenticité qui touche et rend le décalage avec les étranges morts qui se produisent encore plus fort.

Ainsi, dès la relecture de ce premier tome, je me suis retrouvée comme l’adolescente que j’avais été, fascinée par la maestria du maître pour démarrer une histoire aussi complexe et mystérieuse avec des personnages authentiques et sincères dans une double ambiance parfaitement maîtrisée qui marque bien le passage entre les deux siècles qui traversent cette oeuvre. Un début parfaitement maîtrisé et qui augurait déjà d’une grande série. On espère que la suite en ira de même !

 N’hésitez pas à lire aussi les avis de : L’Apprenti Otaku, Blondin, Yoda Bor, Parlons manga, Chez Mo, Vous ?

+ Le Guide du Chapelier Fou pour mieux comprendre l’oeuvre : ICI

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Tome 2

A partir de ce deuxième tome, Urasawa déploie encore plus son talent. Maintenant qu’il a posé les bases, il étire chaque fil et détaille chaque ramification pour nous emmener vers une histoire qu’on sent tentaculaire, comme dans les meilleurs thrillers.

J’ai beaucoup aimé à nouveau ce mélange d’une histoire d’époques, celles de l’enfance et adolescence des héros encore plein d’espoir et de rêves, et celle de leur version adulte plus blasée et essoufflée par la vie. C’est assez fulgurant chez lui. La nostalgie des années 70-80 est palpable et parle au vieux lecteur, tout y parfaitement retranscrit des lieux, aux objets, aux vêtements en passant par les modes de vie. Le va-et-vient constant entre le présent et les souvenirs de cette époque est parfaitement géré car c’est à chaque fois pour faire avancer l’histoire et l’approfondir, à l’image de l’ajout de la soeur de Kenji ou de leur amie Yukiji, seule fille du groupe, qui est super forte avec ses faux airs d’Asa (héroïne d’Asadora, série en cours de l’auteur) même si c’est l’inverse >< Tout est fait pour créer une proximité avec le lecteur.

Cette proximité est nécessaire pour nous plonger dans la tension étrange voulue par l’incursion partout dans la vie du héros de cette drôle de secte menée par Ami. En effet, narrativement, Ami est partout. On suit en parallèle plusieurs lignes scénaristiques où il est présent à chaque fois même quand on ne s’y attend pas, c’est dire la toile qu’il a tissé. Nous avons ainsi un vieux flic presque à la retraite qui enquête sur lui suite à des morts suspectes, nous avons Yukiji, l’amie des garçons, qui est liée à une avocate dont les clients montent un dossier contre lui, mais aussi Kenji qui se retrouve lié à l’affaire à cause de ce symbole commun à son groupe et à la secte mais pas que. On se pose donc mille question et la première est de savoir qui est derrière bien sûr. Les théories peuvent fuser, Urasawa entretient volontairement le mystère avec de grosses ficelles mais des ficelles particulièrement efficace comme quand le flic connaît mais ne livre pas l’identité d’Ami. C’est passionnant.

En plus se mêle une SF d’anticipation très proche de nous juste fascinante faite d’une épidémie potentiellement mondiale basée sur une arme bactériologique qui suit un certain schéma préétabli, mais aussi de l’invention d’un pistolet laser, ou encore de la vision d’un monstre attaquant Tokyo pile en l’an 2000. Quand je disais que cette date était vraiment au coeur des préoccupations à l’époque ! C’est fascinant de voir tout ce qu’elle a suscité dans l’imaginaire collectif.

En tout cas, Urasawa joue avec son lecteur avec une grande efficacité, alternant moments de vie autour du héros et de ses responsabilités familiale, moments nostalgiques avec les souvenirs de sa jeunesse et moments plus tendus dès qu’il est question d’une façon ou d’une autre de cette secte aux ramifications si tentaculaires. C’est excellent tant c’est prenant et surprenant. On se pose mille questions et la recherche des réponses parmi les indices disséminés passionne.

Tome 3

Cette chronique d’un héros ordinaire à qui il arrive des choses extraordinaire est décidément passionnante et le coup d’accélérateur que met l’auteur dans ce tome est excellent !

Je suis vraiment fascinée par la mise en place de l’auteur dans cette série. Plus les tomes avancent plus on semble à la fois s’approcher et s’éloigner du fameux Ami, celui qui sème tout ce désordre en coulisses. Grâce à l’intervention d’un nouveau personnage mythique dont le surnom en dit long : Dieu, Kenji se lance enfin véritablement dans l’aventure, mais ça ne veut pas dire que ce sera simple. Trouver qui est Ami, percer son plan et l’arrêter n’a rien de simple.

Nous plongeons à nouveau dans ce tome dans un mélange de fin d’un XXe siècle sous tension et de réminiscences d’un passé obsolète. Kenji incarne tout à fait cela avec son look et son aura de looser qui n’arrive pas à tourner la page et à grandir. Mais la menace représentée par Ami va le pousser à mûrir d’un coup comme un ado sortant de sa coquille. Il va alors réaliser dans quel monde il vit désormais et tout faire pour le préserver.

J’ai adoré le coup d’accélération mis par l’auteur. Le rythme devient bien plus enlevé et les pseudo révélations tombent. Kenji est bel et bien lancé sur les traces d’Ami à l’aide de son passé. Il enfile sa tenue de justicier sans rien dire à personne, part à la pêche aux indices et fait tout pour protéger son présent et sa nièce, Kanna, un atout charme sérieux dans la série. J’adore ce côté héros ordinaire et discret, dépassé par ce qu’il se passe et embarqué dans un truc complètement fou et improbable, car l’intrigue n’a vraiment rien de crédible et pourtant elle est passionnante.

La mise en scène de l’auteur n’y est pas pour rien. En effet, il sait jouer avec nos nerfs, il sait emballer son intrigue quand il faut, il sait lâcher un petit indice pour nous envoyer sur une certaine piste au moment nécessaire. Ici, on retrace l’enfance de Kenji, le plan qu’il avait imaginé pour les forces du mal qu’il devait ensuite contrecarrer et les amis qui étaient au courant de cela. On découvre de plus en plus de visage et comme aucun ne semble coupable au premier abord, on en vient à douter de tout le monde, car celui qu’on cherche à nous faire accuser, ne peut évidemment pas être le coupable, ce serait trop facile. S’ajoute à cela, en plus d’Ami qui continue de se cacher, des figures plus connues de son organisation qui viennent presque narguer le héros pour le titiller et le lancer sur leur piste. Un plan terriblement efficace.

Alors laissez-vous vous aussi embarquer dans les aventures de ce looser de 30 ans qui va devenir un héros malgré lui, un héros solitaire qui ne veut pas impliquer ses amis et sa famille, dans cette quête de justice contre un ennemi encore inconnu et invisible. Urasawa rend ce récit abracadabrantesque passionnant et palpitant grâce à une mise en scène nerveuse très immersive.

Tome 4

Urasawa continue de dérouler un début parfait passionnant et fascinant où chaque nouvel ajout me scotch malgré l’improbabilité de ce qui se joue.

Après avoir suivi Kenji pendant trois tomes, place maintenant à Ocho / Shogun qui vient intégrer l’histoire à ses côtés et lui disputer la place de héros. La découverte de ce nouveau personnage archi classe ne peut que séduire le lecteur. Avec lui, le mangaka nous embarque d’abord en Thaïlande, dans ce que l’humanité peut faire de pire : drogue, prostitution, meurtre, le tout avec un petit bond dans le temps qu’on ne pressent pas au début mais qui nous surprend bien ensuite quand on voit l’évolution qu’il y a eu pendant ce temps-là au Japon. Excellent.

Ocho ou plutôt Shogun comme on l’appelle là-bas, c’est l’archétype du salary man japonais qui a réussi et ne pense qu’à bosser dans les années 80-90, un vrai modèle. Mais tout cela est bien artificiel comme le montre l’auteur et il suffit d’un drame pour basculer et réaliser qu’en fait on n’a pas tant que ça réussit dans la vie. Ainsi, on retrouve Shogun des années plus tard qui n’a plus rien à voir avec l’homme qu’il était autrefois. C’est désormais un baroudeur qui bosse pour et contre la pègre locale pour sauver les gens dans le besoin contre rémunération mais pas forcément car c’est un héros au grand coeur dans l’âme. La découverte de ce personnage qui rappelle un peu le Tenma de Monster m’a ravie. J’ai aimé, avec lui, couper de l’histoire principale, découvrir son passé et son background, puis suivre une critique de ces riches japonais qui vont s’encanailler à l’étranger et font pulluler une économie parallèle néfaste aux populations locale, pour enfin relier tout cela à l’histoire présente. C’est un joli tour d’horizon qu’on nous offre pour découvrir ce nouveau personnage clé.

Car ce petit tour en Thaïlande n’est là que pour offrir une ellipse bienvenue dans l’histoire et Kenji et le retrouver 2 ans plus tard très changé. Ami a pris le pouvoir au Japon avec son parti, la population est totalement soumise à lui. Il a des hommes dans toutes les strates de la société : politique, justice, maintien de l’ordre, économie… Et il est en passe de passer à la prochaine étape de son plan. Kenji, lui, est entré dans la résistance. Il l’incarne même et on se plaît à retrouver les deux amis d’autrefois qui vont comme à l’époque former un vrai duo de justicier et d’abord d’enquêteurs pour empêcher Ami d’agir. La même dynamique qu’avant donc mais plus sérieuse, plus ordonnée et surtout avec un beau duo d’hommes forts autrefois faibles mais qui ont travaillé pour s’endurcir.

Cette évolution du parti d’Ami est un élément fort du tome car il montre la rapidité des dérives sectaires quand elles répondes à besoin d’une société qui va mal. Urasawa offre une belle dénonciation de cette société japonaise de la fin des années 90, avec des gals, ses accrocs aux téléphones, ses salary man plus fans de leur boulot que de leur vie de famille… C’est édifiant. Ami est donc là pour répondre à un manque et celui derrière tout ça en profite bien. Nous lecteurs, on se régale déjà des figures de proues mises en avant, que ce soit la figure fantasmée du robot ou celle plus concrète du Manjume, son bras droit. Cela promet des intrigues fascinantes et passionnantes.

Un peu sur le modèle de son thriller précédent, Monster, Naoki Urasawa propose une narration elliptique particulièrement efficace ici où tandis que son héros évolue, il nous présente un futur renfort de poids. L’ensemble se lit d’une traite avec insatiabilité grâce à un excellent sens du rythme, du mystère et du suspense, mais aussi grâce à une intrigue mélangeant critique sociétale, portrait au vitriol de la politique et recherche scientifique intrigante. On adore !

Tome 5

Encore un super tome ! Que dire si ce n’est que l’auteur manie encore les ellipses et ruptures scénaristiques de manière magistrale pour mieux nous surprendre. J’adore, j’adore, j’adore !

L’histoire avance super vite depuis le début. Arrivée au milieu de ce tome, je me demandais même comment l’auteur avait tenu aussi longtemps ensuite quand on voyait le point où on en était arrivé. C’était mal le connaître et la surprise fut au rendez-vous. Le tome se découpe ainsi en deux parties, avant et après un grand moment dont pour l’instant on sait vraiment peu de choses mais qui, ô surprise, est tombé pile au jour charnière de changement de siècle. Quand je vous disais que ce thème était au coeur de son oeuvre présente ^^

On commence donc, sur un mode super-héros, avec Kenji et ses amis, désormais appelés « La Bande à Kenji » qui se rassemblent, enfin pas totalement, pour passer dans la clandestinité et lutter contre Ami, cet ennemi toujours aussi invisible et pourtant présent partout. C’est un classique du genre, l’auteur utilise tous les codes qu’il connaît pour cela, de la base souterraine, à la trahison par d’anciennes connaissances, à la petite mascotte, en passant par la surveillance de l’ennemi, et bien sûr les attaques surprises des deux côtés. C’est plein de rythme et plein de bons sentiments aussi quand on voit ce qui lie chacun d’eux mais on sent surtout que ça prépare autre chose.

Et le génie d’Urasawa est de nous planter là, à l’acmé de son titre, pour nous faire retrouver 14 ans plus tard, Kanna, qui vit désormais seule à Tokyo et est devenue la jeune fille forte qu’espérait son oncle. Nous sommes dans un nouveau Japon qu’on découvre au fil des pages, un Japon où il s’est produit quelque chose de très important la nuit du 31 décembre 2000 mais dont nous ignorons tout. On repart donc de zéro avec une presque jeune adulte, qu’on découvre toujours aussi fan de son oncle, en colère contre la police et vivant avec beaucoup d’indépendance. L’auteur recycle un peu la présentation d’Ocho pour présenter la nouvelle Kanna. Celle-ci travaille aussi dans les quartiers chauds, celle-ci se frotte aussi aux mafias du coin, mais elle a une toute autre aura et un charisme d’un autre genre. On croise à ses côtés la belle et émouvante Yukiji, personnage que j’adore et que l’auteur a très bien écrit, mais qui ne nous dit rien de plus. Tout est à découvrir mais la derrière page vient nous claquer en nous montrant la dernière évolution d’Ami.

C’est donc un tome qui se présente au début sous des dehors classiques et qui est pourtant l’un des moments charnières de la série. L’auteur y fait preuve d’une grande maestria pour jouer avec la temporalité de son récit et avec la patience de son lectorat. On y retrouve à nouveau beaucoup de ses obsessions, beaucoup d’éléments qui seront également développés par la suite. C’est encore une fois bluffant de maîtrise pour maintenir le suspense et aller de plus en plus loin.

Tome 6

Après un saut dans le temps pour nous amener auprès d’une Kanna presque adulte, Urasawa se pose un temps à ses côtés pour nous faire découvrir les dessous d’un monde sous la coupe d’un dictateur. Frissons garantis.

Je ne me rappelais pas que l’auteur allait si vite, nous emmenait si rapidement dans ce futur où mille nouvelles questions se posaient, mais c’est fascinant et passionnant. On adore suivre aux côtés de Kanna, presque caméra à l’épaule, sa vie dans ce monde répressif où juste dessiner un manga qui dérange peut conduire à la prison à vie et où la police est tellement corrompue que c’est elle qui traque les gentils qui ont assisté à leurs horribles crimes. Ça fait froid dans le dos.

Urasawa nous conte cela avec tout le génie qu’on lui connaît, c’est à dire de manière très immersive et addictive. Il alterne non pas entre présent et passé cette fois mais entre monde extérieur et l’intérieur d’une prison, entre Kanna et ses amis qui tentent d’échapper à un ripou et un mangaka bouclé dans une terrible prison dont personne ne revient. On retrouve un peu les obsessions de l’auteur qui parsème son oeuvre comme ce thème de la liberté d’expression représentée par le mangaka, ou ces personnages qu’on croise d’un titre à l’autre comme le  témoin malencontreux, ou encore le travesti. C’est amusant de voir cela, c’est un peu la Urasawa Touch !

En attendant, on est totalement pris par les tentatives de survie du groupe de Kanna, la découverte du ripou, la détestation de celle-ci envers la police, la découverte de plus en plus du petit-fils de l’Inspecteur Chô. C’est tendu, c’est rythmé, c’est effrayant aussi. On sent bien qu’ils sont dans un monde où la répression est partout, où la justice les a quittés et où l’oppression règne. Mais Urasawa nous décrit ici des héros ordinaires qui vont se lever à nouveau. Ainsi, le lien avec ce qui se passe en prison est tout trouvé ! On y retrouve une certaine figure majeure de la période précédente qui n’a pas perdu espoir et qui fait tout lui aussi pour retrouver la liberté. On se doute d’emblée de qui s’est mais qu’importe, on aime les trouvailles pour nous montrer ce qu’il est devenu et ce qu’il prépare si méthodiquement. On aime aussi retrouver l’ambiance implacable et effrayante du milieu carcéral. C’est fascinant et passionnant.

Ce nouveau tome poursuit donc la plongée d’Urasawa dans la vision qu’il souhaite nous montrer d’une société qui a glissé dans l’oppression et la répression masquée sous couvert d’un Dieu Sauveur qui n’en est pas un et qui refuse qu’on dénonce ce qu’il fait. Mais les sauveurs sont là en train de grandir petit à petit et leur révolte n’en sera que plus forte !

Tome 7

Malgré une édition de l’époque qui heureusement a été revue parce que les bulles inversées, c’était quand même pas top, ce nouveau tome est à nouveau un petit bijou de suspens !

Urasawa revient à ce qu’il fait de mieux, ce mélange entre récit présent bien tendu et récit passé qui l’est tout autant, où tandis qu’on pense avoir des réponses aucun n’en délivre vraiment et où on se retrouve le bec dans l’eau avec encore plus de question et d’envie de percer le mystère. C’est excellent !

J’ai adoré retrouver Otcho dans ce tome, un Otcho bien plus vieux mais toujours aussi baroudeur, toujours aussi débrouillard, toujours aussi présent pour ses amis. Le suivre dans sa fuite de la prison est fascinant. On est dans un schéma classique mais terriblement efficace où son duo avec ce jeune mangaka fonctionne très bien de par leur dichotomie. Les références en plus sont du pur bonheur pour le lecteur, notamment celles à Tezuka. Il devient alors palpitant de se mettre dans leur pas même si on laisse un peu de côté Kanna pendant ce temps-là.

C’est là tout l’art de l’auteur, naviguer avec facilité entre les fils toujours plus nombreux de son histoire. Il en ajoute d’ailleurs encore avec le retour de la figure de Dieu, devenu premier voyageur japonais dans l’espace, rien que ça ! Il y a aussi cette jeune lycéenne on ne peut plus banale qui va s’intéresser à Kenji en tant que figure historique puisque l’Histoire a été réécrite pour en faire LE responsable du bain de sang du 31 décembre 2000. Urasawa couple cela avec des fils déjà présent comme celui de ce flic ripoux que l’on croise à nouveau après la découverte d’un meurtre. On voit doucement tout cela s’imbriquer et l’auteur semble nous conduire là où il le désire sans qu’on puisse y opposer la moindre résistance tant c’est fascinant.

Et comme si ça ne suffisait pas, tout cela est l’occasion après l’évasion d’Otcho, la découverte de la construction de certains pavillons, le retour de Dieu et la rencontre avec cette fille s’intéressant à Kenji, de revenir enfin sur ces fameux événements. On suit donc, fébrile, le récit fait par ceux qui ont vécu cette soirée. On est scotché à notre fauteuil pour assister à cette soirée terrible parfaitement mise en scène ici par l’auteur en nous mettant à hauteur de ses héros transformés en terroristes. On voit la menace qui pèse, tout ce qu’ils font pour lutter contre, les découvertes qu’ils font, tout comme les sacrifices qui ont lieu. J’adore voir à nouveau ces héros ordinaires se dresser et être hyper soudé. Je regrette un peu qu’on relègue Yukiji à celle qui doit survivre pour protéger Kanna même si elle tente de se rebeller contre cela, c’est un peu trop viriliste pour moi >< En revanche, j’adore l’inclusion de Maruo dans le trio final, tout comme j’ai aimé les interventions des perso secondaires que sont Monchan et Fukube.

Bien sûr, la tension est palpable mais surtout le mystère sur Ami reste entier car quand on pense avoir découvert qui s’est, il nous échappe à nouveau et notre théorie s’effrite. C’est du pur génie ! L’autrice prend un malin plaisir à nous question sur lui, mais aussi sur son robot qui a un certain logo sur lui, mais également sur son bras droit qui a un accès direct aux portes du Président. Et quand on connaît la situation présente, on se demande encore plus ce qui a pu se passer et quel plan il avait en tête.

Je me répète d’un tome à l’autre mais ce début de 20th Century Boys est juste fascinant. L’auteur maîtrise parfaitement sa mise en scène. Il suscite un suspens fou et une tension étouffante à chaque tournant. Il passionne aussi avec ses héros qui pourraient être nous, tout comme il interroge avec cette réécriture de l’Histoire subie par les Japonais. Tous ces rouages sont passionnants et j’adore y assister aux premières loges me rapprochant de certaines vérités pour mieux m’en éloigner ensuite.

Tome 8

Ohlala que c’est palpitant mais palpitant ! Après ce bon dans le temps, nous avons eu un tome sur Kanna, un sur Otcho, voici maintenant le retour d’un autre ancien personnage qui va nous amener au plus près d’Ami, de ses dérives et de son identité.

Le mangaka continue de jouer à merveille avec nos nerfs dans ce nouveau tome qui relate à la fois les derniers instants du 31 décembre 2000 et nous lance dans une nouvelle intrigue présente archi stressante. Pas de suspense : j’ai adoré les deux, même si je sens qu’Urasawa joue de plus en plus à repousser l’échéance de la révélation de l’identité d’Ami avec à chaque fois les mêmes ressorts : à savoir une coupure brutale de l’intrigue au moment clé. Mais tant pis, ce que je lis me passionne et me fascine.

En effet, avec le Grand Bain de sang, c’est la réécriture d’un événement historique auquel nous assistons, comme l’ont fait les Chinois dans leurs manuels avec la tuerie de la place Tian’anmen. La filiation est toute trouvée, même mise en scène d’un héros ordinaire face à un char avançant avec ses chenilles, même conséquences ensuite avec une répression implacable. On frissonne et en même temps, on est archi triste pour le pauvre Kenji, qui jusqu’au bout aura tout donné face à un robot qui n’en est pas vraiment un, tout ça pour complaire à une mise en scène ultra soignée et bien pensée par Ami. Ce dernier est un maître en la matière. Jusqu’au bout cette course la montre m’aura tenue en haleine, jusqu’au bout lors de ma première lecture j’aurais eu l’espoir de découvrir le visage d’Ami, mais non le mangaka s’est bien joué de moi et j’adore ça !

Urasawa est fascinant dans sa construction d’un monde futuriste inégalitaire avec à la tête du Japon un dictateur qui ne dit pas son nom et que tout le monde considère au contraire comme un sauveur. Cette idée d’un groupe qui manipule les foules avec un faux robot et un vrai virus mais dont ils ont le vaccin qu’ils font fournir pile au bout moment, c’est classique mais du génie. Puis quand on bascule dans le présent pour découvrir les camps de redressement, bref de lavage de cerveau, made in Ami dans une ambiance de parc d’attractions, c’est un nouveau coup de génie ! J’aime vraiment énormément la façon dont l’auteur construit les instruments de cet état répressifs et de ses membres manipulateurs qui se servent aussi bien des médias que des sciences et de la politique pour arriver à leurs fins.

Quand en plus vous y ajoutez une nouvelle touche de nostalgie comme ici, c’est incroyable. Car Urasawa, avec cette jeune embarquée dans Ami-Land pour se faire laver le cerveau, nous replonge dans le passé du groupe de Kenji qui est LA composante majeure des attractions de ce lieu si singulier. C’est l’occasion d’y retrouver avec un bonheur un personnage phare de la bande, qui a bien changé, et dont le nouveau rôle m’a bien amusée mais également émue. Je ne l’attendais pas là. Et donc cette touche de nostalgie où nous allons retrouver notre groupe de chenapan dans les années 70 est un pur régal, c’est un mélange de Westworld, Club des 5 et des contes fantastiques japonais avec cette fameuse épreuve de courage qu’on aime tant ! Un pur bonheur à suivre surtout avec cette dynamique toujours aussi tendue et pleine de suspense tournant autour de l’identité d’Ami et du danger à la découvrir.

Urasawa frappe fort avec ce nouveau tome. Il se rembarque dans ses jeux sur les multiples temporalités de son histoire pour mettre en scène ces jeunes héros, devenus papis héros, et montrer tout le vice de ces méchants manipulant tant et plus la population japonaise pour arriver au pouvoir. Tous les ressorts classiques des différents genres invoqués sont là mais Urasawa les maîtrise à la perfection, c’est donc un pur régal. On est dans le produit de la pop culture par excellente et quel plaisir on prend !

Tome 9

Chaque tome est un pur plaisir de lecture même quand on atteint pourtant des pans de l’intrigue encore plus WTF et moins passionnant sur le papier, mais l’auteur a le petit truc pour rendre quand même cela palpitant. Il est fort !

Le bref retour dans le passé opéré par Kyoko et Yoshitsune fut passionnant et même si Urasawa s’en sort encore par une pirouette, toujours la même au passage…, ce moment était très fort, avec un bien beau mélange d’influences cultes. Il était dur du coup d’enchaîner surtout revenir sur Kanna, dont soyons honnête, l’intrigue me plaît moyennement par rapport aux autres, puisqu’il s’agit de sauver le pape d’un pseudo tentative d’assassinat imaginée par Ami. Kanna part donc en guerre contre celui-ci pour déjouer ses plans. Mais l’intérêt n’est pas là, Urasawa est plus malin que ça !

En effet, il enrichit encore et toujours son univers tout en jouant et flirtant avec les codes du genre. Ainsi on se retrouve avec la classique scène du héros jouant au casino, puis avec la classique implication de la mafia ou plutôt des mafias et c’est là que ça devient génial. En effet, l’autre mixe les genres. Il joue à la fois du côté très polar à l’ancienne de son titre et du côté fantastique apporté par les pouvoirs de Kanna et Ami. Cela donne un mélange détonnant où celle-ci, en mode un peu gourou aussi, va convaincre la mafia de la rejoindre dans son plan et comme en plus s’y ajoute un côté mystique et prophétique avec un nouveau cahier de prédiction, le twist est parfaitement réussi.

Alors, je continue à trouver ça encore plus gros que le reste. J’ai vraiment du mal avec l’idée de l’implication d’un pape dans tout ça, pour moi, avec lui on est très loin de l’idée soutenant l’intrigue au début et même des ambiances voulues. Et autant, j’aime toute la tension apportée par la scène du casino, autant Kanna en mode nouveau prophète, je n’accroche pas trop. Ce qui sauve tout ça pour moi, c’est l’arrivée de ce nouveau cahier de prédiction et surtout la réunification d’une partie de l’équipe de Kenji sous ce prétexte.

Du coup, je ne peux que saluer une fois de plus le talent de l’auteur qui parvient à me faire passer un bon moment avec un morceau de l’histoire auquel je n’adhère pas. Pourquoi ? Parce qu’il a le truc pour mélanger des influences improbables et rendre le tout addictif. Il a le truc pour faire revenir de manière théâtrale au bon moment des personnages oubliés. Il a le truc pour continuer à rendre sa mythologie de plus en plus mystique et donc mystérieuse.

Tome 10

Je suis une nouvelle fois incrédule face à la capacité de Naoki Urasawa à me passionner pour quelque chose qui pourtant part de plus en plus dans tous les sens et s’embourbe en réutilisant sans cesse les mêmes ressorts pour maintenir un suspens artificiel. Mais son travail sur l’enfance est toujours aussi magique et touche en plein coeur.

Après avoir retrouvé les grandes figures de la première partie ces derniers tomes, l’auteur se concentre cette fois sur l’un des nouveaux personnages qu’il a introduit : la jeune Kyoko. Avec elle, Urasawa continue de se jouer de nous en nous interrogeant sur l’identité d’Ami d’un côté, même si on commence tous à se douter de qui est caché derrière le masque. Mais il nous montre aussi encore une fois les dérives d’un régime totalitaire bâti sur une religion bidon. C’est fascinant d’assister à ces glissements jusque dans la sphère personnelle d’une adolescente, jusque dans son école et son foyer.

Mais LE grand moment de ce tome, c’est le retour de Sadakiyo. On parle de lui depuis le début sans le voir mais c’est un personnage central de l’histoire et Urasawa lui offre ici l’histoire qu’il mérite reprenant ses tropes sur l’enfance. Il nous brosse ainsi le portrait déchirant et émouvant d’un homme qui a été autrefois un garçon martyrisé, persécuté par ses camarades et qui a le sentiment de ne pas exister. C’était donc quelqu’un de particulièrement sensible à la manipulation, surtout de quelqu’un voulant se faire passer pour un ami, ce qu’il n’a jamais réussi à avoir. Et quand le personnage perce le voile du mensonge qui le recouvre grâce à une élève qu’il veut sauver pour reproduire inconsciemment ce qu’un de ses profs lui a donné envie de devenir, c’est puissant ! J’ai presque versé ma petite larme à ce moment-là.

Pourtant tout le reste est assez foutraque, de cette histoire de Pape menacé par Ami dont on nous rebat les oreilles, en passant par l’arrivée prochaine de la mère de Kanna, La Sainte Mère, qui met les fidèles en transe. Urasawa va trop loin pour moi dans l’abracadabrantesque, rajoutant des lignes à d’autres lignes scénaristiques sans jamais rien boucler. C’est trop. J’aurais préféré qu’il reste sur ce qu’il avait déjà écrit au début pour bien le faire croître et lui donner forme, car clairement dès qu’il revient à ce groupe d’enfants, c’est là qu’on prend notre pied. Le reste n’est qu’accessoire et délayage…

Je commence à sentir dans ce tome le moment où l’histoire échappe un peu trop à son créateur. Il parvient encore à me raccrocher grâce à certaines pages sublimant sa vision de l’enfance en bien comme en mal mais toujours avec émotion. Mais les délires dans lesquels il part à côté me lassent et me font clairement lever les yeux au ciel. A voir comment il va se débrouiller dans la seconde partie de son récit qui s’amorce désormais.

Tome 11

Avec ce tome pourtant où la tension et la crainte sont partout, je marque un peu le pas, avec le sentiment que l’auteur gonfle artificiellement son histoire, ajoutant des lignes scénaristiques sortant un peu de nulle part. Je suis perplexe.

Je prends pourtant toujours plaisir à lire ce titre. Mon attachement envers les personnages est grand. J’ai adoré l’arc de rédemption consacré à Sadakiyo. J’ai été émue par les vacillements de Kanna. J’ai adoré voir les anciens se retrouver même brièvement. Et je suis intriguée par ce que l’auteur a à dire sur la mère de Kanna. Mais quelque chose ne colle pas.

J’ai trouvé que le détournement de la Sainte Mère avec ce nouveau personnage qui remplacerait en quelque sorte la mère de Kanna, était un peu gros et tiré par les cheveux. De plus, l’introduction de tout cela semble une fois de plus nous détourner de l’identité d’Ami dont on se rapprochait avec Sadakiyo et Kyoko, tout comme la menace sur le pape dont on ne parle plus beaucoup non plus et qui s’éloigne ainsi. C’est comme si on était reparti pour un tour, pour une nouvelle boucle, pour délayer encore l’histoire. Ça m’agace un peu.

Pourtant, j’étais à fond lorsque l’auteur est parti avec Kanna à la recherche de Kiriko et qu’il a découvert un lien entre elle, Ami et le virus de l’an 2000. J’adore ce genre d’intrigue avec menace bactériologique et manipulation. J’aime aussi beaucoup l’idée d’une Kanna enfin à la recherche de sa mère, car après avoir perdu son oncle, il ne lui reste plus aucune figure familiale autour d’elle et peut-être que retrouver ses « oncles » et « tante » à réveiller cela. 

Cependant, force m’est de constater que le récit est moins percutant dans ce tome, qu’il s’enlise même un peu, tourne en rond et nous éloigne perpétuellement de la vérité dès qu’on croit s’en rapprocher, ce qui peut être lassant, surtout quand, comme ici, on n’a rien pour compenser alors qu’autrefois il y avait au moins la nostalgie de l’enfance de l’auteur qui faisait tout le job. A voir si ça se redresse dans le tome suivant ou pas.

Tome 12

Tome clé de l’histoire à la mécanique soigneusement pensée, il souffre malheureusement à la relecture du fait qu’on sait d’avance sur quelle image il va se terminer. L’effet n’est donc pas le même ^^!

Pour autant, j’ai passé un très bon moment car on repart sur ce que l’auteur fait de mieux, un mélange de nostalgie sur l’enfance de ses héros et de nombreux mystères et autres carabistouilles autour d’Ami qui nous emmêlent bien mais débouchent cette fois enfin sur une révélation. Sera-t-elle la dernière ? On en doute quand on sait que la série est loin d’être terminée. Ce n’est donc sûrement qu’un nouveau leurre mais qu’importe, on a pris beaucoup de plaisir à le débusquer.

J’ai d’emblée été ravie lorsque j’ai retrouvé, de façon inattendue, Maruo d’entrée de jeu. Urasawa a le chic pour écrire merveilleusement les personnages un peu looser ou du moins qui se considèrent comme tels et ici c’est terriblement émouvant de voir cet homme bourré de regret tenter de changer les choses mais empêché par ses scrupules. Un très beau moment.

Puis tout s’enchaîne ensuite. Il y a Yoshitsune et Yukiji qui tentent de stimuler Kyoko pour qu’elle se rappelle d’Ami, mais c’est eux-même qui vont mettre le doigt sur un indice déterminant, des erreurs de dates significatives. Puis, il y a Kanna, qui après être partie à la recherche de sa mère, réveille des souvenirs enfouis profondément qui la mettent aussi sur la piste. Enfin, il y a Otcho et son ami mangaka qui suivent une traînée d’indices et dévoilent enfin le visage de celui qu’on pense être Ami. Toutes les pièces du puzzle s’assemblent et même plus, du grand art de la part du mangaka, un vrai bonheur ! J’ai adoré voir cela se mettre en branle ici et avoir l’air de couler de source, ça donne l’impression d’être vachement intelligent même si c’est juste le mangaka qui nous manipule lol

Mais en attendant, c’est jouissif de retrouver cette ambiance de la vie des gamins des années 70 entre fascination pour la science, brimades, camaraderie et regrets. Un mélange détonnant. C’est aussi fort agréable de retrouver peu à peu tous les membres de la grande équipe, une vraie émotion nous saisit à chaque fois et on est ému leur parcourt à chacun, car ce sont juste de pauvres bougres un peu trouillards qui ont osé se dresser contre l’injustice. Ce sentiment s’écoule des pores même de la série et recouvre toute l’oeuvre. C’est beau de suivre de tels héros qui n’en sont pas et sont juste des hommes et femmes ordinaires qui ont peur. Le génie d’Urasawa est vraiment d’avoir su capturer leur essence banale se transcendant au fil des épreuve. Superbe !

Un coup de génie que ce tome quand on le lit pour la première fois tant toutes les pièces du puzzle trouvent enfin leur emplacement dans la vaste fresque dépeinte depuis le début. C’est moins le cas à la relecture car la surprise disparaît mais on admire alors les rouages mis en branle par l’auteur et sa science pour les assembler, ce qui est génial aussi. Et quelle écriture des personnages !

Tome 13

La série a beau partir sur des voies totalement rocambolesques et inattendues, en en laissant d’autres totalement irrésolues, c’est jouissif de suivre une telle maestria pour la mise en scène de situations critiques.

Après le grand coup de tonnerre du tome précédent où l’identité d’Ami était révélée et sa vie achevée, on aurait pu croire que la série arriverait à son terme. C’était sans compter qu’Ami n’était pas seul et que son plan continue. Ainsi, on assiste à une suite où l’histoire continue à un rythme effréné avec en prime une bande de héros de plus en plus au complet. On adore !

Le tome s’ouvre de manière surprenante avec cette mort, inattendue à ce stade, du grand antagoniste de l’histoire, mais l’auteur rebondit très bien et j’apprécie que le mangaka nous montre un méchant qui n’agit pas seul et donc une organisation capable de prendre la relève. C’est bien plus réaliste et crédible dans le fonctionnement que ce que font bon nombre de séries.

La suite se veut donc palpitante, le plan d’Ami étant toujours en branle. On assiste à la propagation générale et mondiale du virus tel qu’il l’avait prévu et nous allons le suivre la peur au ventre. Le lien avec le retour de Kiriko dans l’histoire est tout fait et finalement ce n’était pas un coup d’épée dans l’eau mais un vrai approfondissement intéressant de celle-ci avec un autre héros ordinaire à afficher à notre tableau. D’ailleurs, ce n’est pas la seule à rejoindre la bande, on retrouve Maruo, aperçu au tome précédent, mais également Croa Croa, qu’on avait tous un peu oublié, et Otcho, Yoshitsune, Yukiji, Kanna et Kyoko sont toujours là pour nous faire vibrer avec leur âme de justiciers discrets.

J’ai adoré une fois de plus voir les différentes intrigues s’imbriquer au fil des pages les uns dans les autres pour former une vaste fresque remplie de frayeur. On passe d’enjeux politiques nationaux et internationaux, au récit de la vie de lycéennes lambda, puis aux retrouvailles d’amis se lançant sur les traces de l’un d’eux, avant qu’une épidémie ne les lance tous sur les routes à nouveaux et nous aussi. L’intrigue va prendre une toute autre ampleur maintenant et on sent qu’on va à nouveau courir après le temps. Personnellement, j’adore cela. Ça a une petite saveur d’anticipation jouissive et je suis fan de tout ce qui fait un tant soit peu film catastrophe et c’est le cas avec l’annonce de cette épidémie mondiale.

Avec la conclusion d’une époque et les premiers temps d’une nouvelle, Urasawa offre un tome de transition comme on en voit peu. Tensions et émotions sont au rendez-vous, les pièces continuent se s’assembler tandis que de nouvelles sont créées et ajoutées. C’est passionnant et palpitant à lire et ce même si je dois reconnaître que j’ai l’impression d’une grosse improvisation et d’un sacré oubli avec l’histoire du Pape qui était autrefois menacé. Mais à cheval donné on ne regarde pas les dents 😉

Tome 14

Tome de transition qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire général, il a cependant le mérite de nous replonger dans l’atmosphère nostalgique de la série et rien que pour ça, c’est un vrai bonheur à lire.

Alors qu’il se passe une véritable tragédie dans le monde en ce moment avec l’invasion de l’Ukraine par Poutine, la lecture de la mort d’un dangereux dictateur dans 20th Century Boys a une saveur toute particulière. C’est puissant d’assister à ses funérailles nationales, à l’engouement général et à l’apathie dans laquelle ça laisse tous ses collaborateurs. Cependant, Urasawa ne pouvait pas en rester là. Il reste trop de mystères à dévoiler et c’est vers là qu’il nous embarque désormais.

Tandis qu’on s’interroge sur cette mystérieuse figure que chacun semble croiser dans Tokyo alors qu’il/elle ne le devrait pas, Kanna, Yoshitsune et Kyoko repartent dans le simulateur pour découvrir ce que leur cache encore Ami. Pourquoi il avait transformé le décor des années de son enfance ? Nous assistons alors à une aventure tendue, sur le fil, où le danger monte, monte, pour au final accoucher malheureusement d’une souris… Heureusement que le récit de cette plongée dans le passé était réussi, lui.

C’est un peu ce que je reproche à Urasawa, il plante un superbe décor nostalgie des années 70 où nos héros étaient enfants puis adolescents, il semble y insérer tout plein de mystères sur les aventures qu’ils y ont vécues alors qui auraient des conséquences encore dans le présent, mais il n’en fait rien de plus. On se retrouve à suivre, dans une réalité virtuelle super bien faite, un groupe de héros qui replonge dans leur passé pour voir ce qui peut bien cloché et ce que veut y cacher un autre. Mais on se retrouve avec une aventure surtout pleine de nostalgie mais avec très peu de révélations voir pas du tout. En effet, pour moi, la question avait déjà été réglée avant et apprendre ce qui a fait sauter Donkey de l’étage de la salle de science n’apporte rien de plus.

C’est donc l’ambiance qui fait tout dans ce tome. C’est merveilleux de suivre Yoshitsune qui revit les années phare de son enfance et se rappelle le petit garçon courageux et aimant qu’il était. C’est intéressant aussi de voir l’utilisation que l’auteur fait une fois de plus des légendes urbaines à la mode japonaise avec ses sorties nocturnes et ce que la nuit cache. C’est intriguant forcément de voir une certaine silhouette réapparaître mais ce n’est qu’à peine introduit ici et il faudra attendre la suite pour voir son impact.

Urasawa sait toujours aussi bien narrer une histoire pour la rendre prenante et émouvante grâce à une utilisation de la nostalgie de l’enfance quasi parfaite. Son récit présent, lui, est singulier à lire en cette période de notre propre histoire. Mais ce tome, bien qu’agréable à lire, n’apporte pas grand-chose.

Tome 15

Je ne sais pas trop quoi penser de ce tome, je ne peux pas dire que c’est déconnant et en même temps je n’aime pas la tournure que ça prend tant je la trouve exagérée…

Ce n’est pas déconnant parce qu’après un certain détour nous revenons de plein pied dans l’intrigue autour de la tentative d’assassinat du Pape. Pour cela, l’auteur fait l’une des choses qu’il sait le mieux faire, nous embarquer dans une intrigue tentaculaire dont on suit les ramifications les uns après les autres avant de voir le dessin global. C’est passionnant, on passe d’un lieu et d’un personnage à l’autre, l’auteur joue bien avec nous retrouvant des anciens et nous en présentant des nouveaux. L’ensemble est archi dynamique et la thématique de la rédemption sur fond d’un courage extraordinaire chez des personnes ordinaires fonctionne à merveille.

Cependant, même si je vois la logique de tout cela, car ce qu’a mis en place Ami depuis le début repose sur les mêmes mécanismes qu’une secte, j’ai du mal dès qu’on a de la religion au centre d’une intrigue… ça ne m’intéresse pas beaucoup. Je trouve en plus ce retour totalement tiré par les cheveux et tellement peu crédible, comme si l’auteur avait ajouté d’un coup la scène du suicide dans le passé pour justifier tout ce qui allait se produire maintenant. Ça sent plus l’impro que l’intrigue préparée de longue date à mes yeux.

Heureusement Urasawa maîtrise l’art de la narration, et de l’enfumage soyons honnête, comme personne donc ça donne un récit plein d’allant, hyper agréable à lire car tendu de chez tendu où tout se précipite, où on court après le temps pour arrêter l’inéluctable et où la surprise est au rendez-vous, enfin un peu moins que d’habitude ici. On passe donc un bon moment et les nouveaux personnages développés ici sont attachants, avec une belle âme. Il y a aussi un humour cocasse qui me parle totalement. Mais je voulais quelque chose de plus solide.

Dans mon souvenir, j’avais eu du mal avec la fin de 20th Century Boys que je n’avais pas trouvé à la hauteur de ce que nous avait promis l’auteur. Avec un tome comme celui-ci, j’ai peur qu’on s’y achemine. Ne me faites pas mentir, je ne dis pas que c’est mauvais, c’est au contraire diablement passionnant à lire, mais l’auteur avait atteint de tels sommets avec le bain de sang de l’an 2000 que j’attendais plus de sa part. Nous verrons si cela se confirme ou infirme par la suite ^^!

Tome 16

Je suis toujours aussi perplexe face à l’évolution de la série, mais je ne peux nier que la rupture scénaristique opérée est forte et le nouveau paradigme engagé encore plus parlant quand on le met en parallèle de notre actualité.

Surprise pas de poursuite linéaire de l’histoire après la tentative d’assassinat du Pape dans le tome précédent et le sauvetage par un Ami qui venait de ressusciter. Non, à la place l’auteur nous emmène dans un futur qui ressemble en tout point à son passé. Hyper déstabilisant.

Après une longue replongée dans le passé de Fukube et Sadakiyo où Urasawa s’attarde sur la psychologie dérangée du premier, on revient dans un présent chamboulé où le dit passé explique bien des choses. C’est fascinant de voir cette improvisation, c’est comme ça que je le ressens, s’étaler ainsi sous nos yeux. L’auteur agrège sans cesse des éléments et thématiques désormais au centre de son oeuvre pour sans cesse la faire progresser et grossir dans une direction inattendue tel un ballon difforme pris d’inflation.

J’ai ainsi été sombrement fascinée par la folie qui point dans le jeune Fukube et se matérialise dans des plans plus foireux les uns que les autres, un syndrome du tyran qui s’en prend aux plus faibles qu’il cible, mais également un côté obsessionnel jusque dans ses paroles et ses écrits. Ça fait froid dans le dos. Et si c’est jouissif à lire, cela manque aussi cruellement de réalisme pour moi et me sort un peu de l’histoire, alors qu’avant j’avais trouvé une vraie finesse dans l’écriture du passé et de l’enfance de nos héros.

C’est un peu pareil pour la suite. Je suis fascinée par le rendu des conséquences du retour d’Ami et de son sauvetage du Pape, mais en même temps ça va tellement loin, que c’est trop pour moi, et que ça manque de réalisme, ce qui me fait à nouveau sortir de l’histoire. En effet, qui peut imaginer un tel revirement aussi rapide ? Certes, vous me direz vu l’actualité, on pourrait le penser, mais moi non. Cependant, je trouve fascinant les mécanismes qu’il a imaginé pour plonger dans le jeu malsain d’Ami. La société dictatoriale et régressive qu’il a imaginée fascine. Il nous la présente en plus de manière hyper immersive en suivant un nouveau duo qui va peu à peu nous faire retrouver les anciens. C’est très bien pensé.

Naoki Urasawa est donc fascinant en tant que conteur et inventeur d’univers. Il condense ici tout ce qu’il a mis en place sur sa passion pour l’enfance, mais également sur sa plongée dans les psychologies complexes des personnages pour mettre en scène une histoire humaine et politique sombre et torturée mais pleine d’espoir. La folie narcissique d’Ami fait peur, son monde d’après qui ressemble à une mauvaise copie du monde d’avant fait froid dans le dos, mais on aime sentir ce souffle de la résistance porté toujours par des figures héroïques.

20th Century Boys est définitivement une série qui surprend et pousse à la réflexion. Même quand elle utilise des éléments qui ne nous convainquent pas totalement, elle parvient à nous accrocher et nous fasciner, nous donnant envie d’aller toujours plus loin pour voir justement quelles seront les limites de cet univers régressif totalitaire qui peut tellement faire écho au nôtre. Une grande oeuvre malgré ses défauts.

Tome 17

Même si je persiste à trouver cette partie plus faible, je ne peux que saluer le travail d’auteur de Naoki Urasawa et surtout de chroniqueur d’un monde sur le déclin qui continue à se battre.

J’ai eu le sentiment tout au long de ce tome, qu’après nous avoir présenter le monde à l’intérieur des murs et la résistance multi-facette qui s’y organise, l’auteur s’est plu à nous présenter le monde de l’extérieur, comme dans toute bonne dystopie. Il maîtrise cela à la perfection, utilisant à nouveau un procédé qu’on lui connaît bien, celui d’utiliser des petites gens pour nous amener vers les figures importantes de l’histoire. Cette fois, il reprend un duo de frère et soeur rappelant beaucoup celui formé par Kenji et Kiriko, nous préparant à cette idée. C’est donc entre nostalgie du passé, revisite de celui-ci à l’aune du présent qu’Ami a imaginé et rébellion pour un futur meilleur que se retrouve tiraillé le lecteur.

Je suis partagée en ce qui concerne la rébellion imaginée par l’auteur. Je trouve aussi caricatural ce qu’il a fait de Kanna et du prête de Kabukicho. Après attention, ça ne manque pas de logique mais j’aurais aimé peut-être plus de surprise, de twist ou de profondeur. Là, c’est un peu lisse. Du coup, je me suis plus intéressée à ce qui se passe à l’extérieur. L’auteur prend le temps de repartir en arrière en se calant dans les pas d’Otcho pour découvrir les premiers temps après que le virus et son vaccin aient été lâchés. En mode survival, le récit est très pertinent car révélant bien la noirceur et le désespoir de l’âme humaine. Cela prépare d’autant ce qui arrive ensuite et qu’on voyait venir : le retour d’un certain personnage.

J’ai beaucoup aimé la façon dont la musique irrigue peu à peu le récit. Celle-ci est présente depuis le début, parfois bien mise en avant comme au début, parfois plus en sourdine comme au milieu. Elle revient en force ici et prend tout son sens. L’auteur nous la présente comme un vecteur d’espoir, un vecteur d’affirmation de son indépendance et sa liberté, mais aussi un vecteur d’information et d’appel à la rébellion. C’est top !

Avec ce nouveau tome de présentation – transition, Urasawa nous présente un nouveau monde dystopique fragmenté et totalitaire qui fait froid dans le dos, où un homme tout puissant a fait des ravages, où la population est sous cloche ou rejetée, où un virus et son vaccin font des ravages sur les liens entre les gens. C’est puissant et pertinent et le fait que la musique soit appelée à être l’un des derniers remparts est une idée lumineuse qui me plaît beaucoup. Alors je pardonne les maladresses que j’aperçois aussi et qui me chagrine devant de si belles idées.

Tome 18

Plus gros, toujours plus gros, c’est peut-être ce qu’on peut reprocher à la série tant l’auteur va dans la surenchère de drames et de rebondissements, et pourtant en tant que lectrice je me sens happée par ce récit dont j’ai envie de connaître le dénouement.

Même si c’est totalement improbable, j’ai adoré le retour DU héros de l’histoire qu’on avait perdu de vue depuis tellement longtemps mais qui habitait tous les esprits et il revient en plus de manière carrément magistrale, en mode homme ultra charismatique capable d’arrêter une armée avec sa guitare, comme l’homme ayant arrêté le char d’assaut sur la place de Tien an men. Le parallèle est d’ailleurs directement invoqué par l’auteur à raison. Il nous rappelle ainsi à quel point la résistance pacifiste, silencieuse peut avoir du poids même face à l’oppression, du moins en théorie. Car quand je vois l’actualité, son récit me fait sourire par sa naïveté. Dans la réalité, un homme et sa guitare, un homme et sa chanson bricolée comme ça, ne pèseraient rien du tout face à l’ogre en face. Cependant, ça fait du bien de lire un récit porteur d’un tel espoir, d’un tel souffle.

C’est pour cela que malgré les grosses ficelles, je m’attache au récit. Je suis émue par ce retour, tout comme je suis émue par le nouveau duo Kanna-Otcho avec ce dernier qui essaie de la sauveur malgré elle car lui aussi est passé par là et a commis des erreurs. Cette figure paternelle qui manquait dans la série revient en force et je l’aime car pour une enfant abandonnée comme Kanna, elle es nécessaire pour grandir. Urasawa nuance ainsi ses propos sur cette rébellion armée préparée par Kanna et revient à ce qu’il fait de mieux, l’appel à la solidarité et aux bons sentiments.

Tout au long de ce tome, il aura eu une narration tranquille, commune presque pour cette série, avec des effets de manche connus et maîtrisés et un twist presque prévisible. Cependant, on est sur de la si haute qualité que même cela reste hyper agréable à lire. On se plaît à voir se confirmer nos suppositions. On aime que l’auteur ait eu les mêmes idées que nous ou qu’on ait été assez malin pour le voir venir. Alors ce n’est pas révolutionnaire mais ça fait très bien le job et ça promet de prochains tomes avec une belle tension narrative autour de la figure d’Ami une nouvelle fois face à notre bande.

Malgré ses tendances à en faire trop, Urasawa écrit ici une oeuvre qui est restée dans les mémoires et on comprend pourquoi face à tant de maîtrise dans la narration et l’émotion. C’est souvent surjoué mais toujours touchant. Un beau titre qui fait honneur à la résistance non-violente qui fait du bien en ce moment même si c’est utopiste.

Tome 19

Après un début de série tonitruant, je trouve quand même le tempo de cette fin assez lent et mou, passant par plein de détours pas toujours pour grand-chose…

Ce tome en est la preuve. L’auteur y comble un peu le vide ou la minceur de son scénario par de nombreuses références savoureuses à la pop culture. On se régale ainsi d’une ambiance un peu western au début, de clins d’oeil à Ashita no Joe et Galaxy Express, et bien sûr de la place toujours importante de la musique. Mais pour le reste, c’est un peu vide…

Nous suivons le duo improbable formé par Chono, le flic qui avait craqué pour Kanna, et Kenji, qui est revenu d’entre les morts après LA fameuse amnésie… Ensemble, ils s’embarquent dans un roadtrip salvateur pour aller à la rencontre d’Ami à Tokyo. C’est plutôt bateau et pas des plus intéressants à lire en tant que tel. Même les rencontres faites en chemin ne m’ont pas passion, que ce soit avec Spade, le passeur truant, ou le complice d’Ami qui se prend pour un grand méchant. Tout est caricatural, tout est déjà vu, tout manque un peu d’originalité.

En plus, pendant ce temps-là l’intrigue stagne. On ne retrouve Kanna que dans les ultimes pages, après l’appel à l’aide surprenant qu’elle a reçu dans les premières. Le combat contre Ami n’avance donc pas d’un iota. Et c’est bien gentil cette résistance pacifique par la voie de la musique mais elle marque aussi le pas. J’ai vraiment eu le sentiment qu’il ne se passait rien au cours de ce tome, en dehors d’une symbolique un feu flageolante même si pleine de bons sentiments autour de la figure du héros, du mangaka, du rédempteur.

Je suis la première désolée de le dire mais c’est la première fois où la magie de l’auteur ne fonctionne absolument pas sur moi avec ce tome. Il se perd trop dans les circonvolutions volubiles de son récit. A force de faire des boucles, dans les boucles, dans les boucles, cela manque de clarté et de punch. Je préférais la netteté et la vivacité des débuts.

Tome 20

Malgré un scénario que je trouve de plus en plus ubuesque avec des saveurs d’impro très forte, je prends plaisir à découvrir les voies vers lesquelles il s’achemine aussi et le portrait extrême d’un monde ayant sombré dans le chaos d’une dictature après une attaque virale.

Quand on y réfléchit, les plans d’Ami ou plutôt des Amis sont terriblement peu crédibles et ressemblent plus aux caprices d’un enfant ou à des mauvaises blagues de sa part. C’est ce qui me fait régulièrement sortir de l’histoire. Car si la description de la façon dont le peuple tombe sous sa coupe n’est pas trop déconnant, en revanche, le fait d’y rester est de croire à la menace d’une invasion extraterrestre et à une armée fantoche, là ça passe beaucoup moins. C’est trop gros et je ne suis pas assez crédule. Après, est-ce une parodie de la part de l’auteur, une caricature poussée à l’extrême de la folie narcissique de ce type de dirigeant ? Je me demande.

Heureusement, on ne reste pas trop longtemps avec Ami dans ce tome et on se tourne plutôt vers « les héros ». J’ai beaucoup apprécié qu’on revienne aux seconds couteaux que sont, malheureusement, Kiriko et Yukiji, ainsi que Maruo et CroaCroa. On les a peu vu et pourtant ce sont de beaux personnages aux beaux parcours. Du coup la frustration est grande et il ne suffit pas d’un récit en accéléré de tout ce qu’a vécu Kiriko pour compenser. Cela m’a plutôt donné l’impression d’un auteur qui balançait d’un coup tout ce qu’il aurait aimé inclure mais n’avait pas eu le temps de faire…

En attendant, on revient aux fondamentaux : attaquer et éliminer Ami, utiliser un robot, parler d’attaque virale et de vaccin. J’aime cette ambiance. Et si le nouveau mystère autour d’Ami est assez artificiel à mon goût et sonne comme un ajout de dernière minute, car qui avait déjà vu ce quatrième larron dans le groupe de Fukube, il relance bien l’histoire et propose de mener à nouveau l’enquête, un peu comme aux débuts.

Urasawa ne finit pas sa série sur les chapeaux de roue comme je l’aurais aimé pour le moment, mais il propose toujours un récit bien rythmé, dynamique, avec émotion et mystère, et surtout, et c’est là ce que je préfère, de beaux portraits de personnages qu’on n’aurait pas remarqué autrement tant ils sont banals et ne sortent pas du lot contrairement à Kenji ou Otcho. C’est beau aussi de parler de ce type d’hommes et femmes.

Tome 21

C’est vraiment compliquée pour moi de parler de cette fin de 20th Century Boys qui s’amorce depuis quelques tomes… Elle est tellement contre-intuitive que j’ai du mal à trouver les mots. J’avais déjà parlé de mon sentiment d’improvisation, il s’aggrave et me fait de plus en plus soupirer ^^!

Urasawa s’éloigne vraiment pour moi de son histoire à force d’ajouter et d’ajouter sans cesse de nouveaux éléments, de nouveaux personnages. Ça me frustre et me fatigue en temps que lectrice premier degré. Mais si je commence à analyser ce qu’il fait, je ne peux nier que c’est aussi une belle métaphore sur les tourments de la mémoire et son manque de précision avec le temps qui nous fait déformer les événements. Je suis donc partagée.

Concrètement, je trouve qu’il fait beaucoup trop trainer les choses en délayant à outrance avec des effets de style un peu bancal pour entretenir le mystère. Vas-y que je t’ajoute de nouveaux membres de la bande de potes des débuts, vas-y que je t’ajoute une intrigue autour de la folle voulant être la nouvelle sainte mère, vas-y que je continue avec le pape alors que ça devrait être fini de ce côté-là, vas-y que je te fais attendre pour le retour de Kenji, vas-y que je retarde l’action de Kanna, et j’en passe. C’est vraiment agaçant.

En même temps, on a comme je l’ai dit une belle réflexion autour de la mémoire une fois qu’on est adulte et qu’on revit des souvenirs d’enfant. On en a une autre autour justement de nos sentiments fantasmés sur l’enfance et tout cela, il ne conduit depuis le début, alors je ne peux le renier, même si c’est noyé sous le reste. De la même façon, je suis frustrée par ses détours et ses ajouts, mais j’aime voir des personnages encore plus ordinaires vivre de telles aventures et se battre jusqu’au bout avec les moyens du bord.

J’aimerais justement maintenant une vraie conclusion et pas un tour de passe passe comme je le crains. Car si cette ambiance délires d’un gosse qui, on ne sait comment, sont devenus réalité me file des frissons, elle est aussi totalement pas crédible et elle met vraiment à mal le plaisir que j’ai pris lors des premiers tomes. Là, il est allé trop loin dans son délire pour moi et j’ai besoin de redescendre sur Terre, de retomber sur mes pieds. Je compte sur lui !

Tome 22 – Fin (provisoire)

Comment dire ? Je crois comprendre pourquoi je me rappelle autant du sentiment de foutage de gueule qu’avait ressenti une grande partie du lectorat moi y compris après avoir fini ce tome qui était présenté alors comme la fin de la série. 1/ Urasawa a beau retomber sur ses pattes, c’est du grand n’importe quoi. 2/ Peut-on appeler ça une fin tant tout est précipité et la grande question non résolue ? Je suis donc à nouveau très partagée après cette relecture.

J’ai vraiment apprécié d’un point de vue purement sentimental, la construction de ce tome où Urasawa se fait plaisir en mettant en scène une belle solidarité et un sentiment d’union des faibles contre les forts et contre l’adversité. Ça fait du bien au moral ! Il y a aussi un beau sens du rythme cette fois avec un déploiement d’action tout azimut et sur tous les fronts avec tous les personnages. On retrouve aussi toute la force de la musique Rock! qui traverse cette oeuvre comme élément de révolte non violente pour palier justement à d’autres mouvements trop extrêmes. Enfin, la bande d’amis nous offre à la fois de beaux moments de bravoure et la preuve de leur solide amitié.

La problème, c’est que tout ça est mis en scène un peu par-dessus la jambe. Je ne compte pas les facilités scénaristiques en mode « ben oui, c’est comme ça, croyez-moi », alors que non, ça n’a aucune logique ni réel fondement. On se croirait au pays des Bisounours dans la résolution de ce qui est pourtant une situation grave et complexe de base, mais l’auteur semble avoir oublié tout cela. En plus, il va beaucoup trop vite. On sent qu’il y va à marche forcée après tellement il a traîné et qu’il manque de pages. Alors on n’a qu’à de brèves pages sur chacun et ça manque de lien et de profondeur. C’est trop expédié. 

Quant au grand mystère qui parcourt quand même l’oeuvre, à savoir qui est Ami, il est encore plus mal traité que le reste. J’ai vraiment eu l’impression de me faire enfler ici. Je veux bien qu’on soit dans la thématique d’un type mégalo qui a mal vécu son enfance et se venge, mais concrètement le scénario ne peut pas rester au niveau de blagues d’enfants dans le monde totalitaire imaginé et mis en scène depuis le début qui était bien plus rude avec le premier Ami. Ce n’est pas logique. J’ai eu l’impression de me retrouver dans une version encore plus kitch et enfantine, pour ne pas dire mauvaise, de Squid Game (désolée pour les amateurs mais j’ai trouvé la série médiocre…). C’est archi décevant après des premiers tomes d’une telle qualité.

Alors je le disais plus haut dans un autre tome, même du mauvais Urasawa ça reste du bon divertissement, c’est vrai, mais le sentiment de s’être fait avoir est quand même bien bien présent. Il ne me suffit pas d’un enchaînement de scènes d’action pleines de bons sentiments et de héros sympathiques pour me satisfaire et offrir à cette série la fin qu’elle mérite. Pour l’instant, j’ai l’impression d’un gros pétard mouillé, d’une grosse fumisterie et j’espère que 21th Century Boys qui est censé offrir une vraie conclusion à la série y remédiera parce que pour le moment, je suis presque en colère contre l’auteur d’avoir gâché un tel potentiel et de m’avoir offert un tome sympa à lire mais tellement en-dessous de ce qu’il aurait pu offrir.

21st Century Boys Tome 1

Nouveau sentiment partagé, décidément… Ça va mieux par rapport au tome précédent car on sent que l’auteur sait où il veut aller, ce qu’il cherche à raconter et quel rythme il veut donner. Cependant le sentiment de trop peu persiste.

J’ai été contente de retrouver toute la bande juste après ce qu’il vient de se produire avec le faux Ami. J’ai apprécié qu’Urasawa revienne sur ses derniers instants avec Kenji, Maruo et Sadakiyo et nous les montre car cela avait été bien trop expédié dans le tome 22. Cependant, j’aurais aimé qu’on s’attarde sur celui qui se cachait derrière le masque et c’est à nouveau éludé.

A la place, on repart sur une enquête stérile et artificielle issue d’une nouvelle menace en mode « toujours plus » qui a le don de m’agacer. Si j’aime les procédés de narration ici qui reviennent avec nostalgie, émotion et remords sur tout ce qui vient de se produire, c’est moins le cas concernant l’intrigue de fond que je trouve superficielle. Partir à la chasse du dernier drame prédit dans le nouveau cahier de prédiction, bof, je n’y crois pas.

En revanche, tout le processus de l’après victoire avec la tension qui retombe, un Kenji ou un Otcho héros malgré eux avec un poids trop lourd à porter pour eux, ça me plaît énormément, tout comme Kanna qui se rapproche de Sadakiyo qu’elle a envie de réconforter et qu’on imagine bien comme une figure de père de substitution pour elle. C’est touchant. Le mélange à nouveau entre présent et passé se fait bien après tout ce qui vient de leur arriver. La relation Kenji-Yukiji est bien décrite par exemple. Et tout ça donne lieu à de très belles mises en scène graphique, comme celle d’Otcho au pied de son robot, en mode Pluto, que j’ai adoré !

Il y a aussi un parallèle intéressant, mais traité bien trop rapidement, entre le Japon qui se relève de la menace d’Ami et le Japon d’après les bombes nucléaires, où à chaque fois les Occidentaux sont venus faire régner l’ordre et aider à relever le pays. Le problème, c’est que l’auteur pose les faits et ne creuse, développe rien, alors qu’il y aurait matière à.

Ainsi cela laisse en bouche un goût d’artificialité encore une fois car tout cela aurait pu et dû être intégré à la saga originelle sans nous ajouter en prime une nouvelle menace inutile et redondante pour ne pas dire ridicule. Ça m’agace de voir Urasawa tomber dans ces travers, j’attendais mieux de lui.

21st Century Boys Tome 2 – Fin

Malgré un début qui m’a fait très peur, nous sommes plus ici dans ce que j’attendais de la série même si ça n’atteindra jamais le summum des premiers tomes. Cependant l’auteur offre une très belle histoire émouvante sur les erreurs qu’on commet plus jeune et qu’on regrette ensuite.

Les premières pages m’ont fait craindre le pire. En effet, l’auteur nous y proposait de l’action tout azimut avec une menace qui n’avait pas lieu d’être pour moi à ce stade-là de mon ressenti dans cette lecture. Cependant à force d’avancer dans les pages, force m’est de reconnaître que mon obsession, et celle de bien des lecteurs je pense, pour l’identité d’Ami est finalement devenue inutile face au reste. Ce n’était clairement plus le point central, donc plus essentiel, et j’ai un peu mieux compris ce que voulait nous proposer l’auteur malgré la frustration générée.

En effet, si on occulte cette course contre la montre imaginée artificiellement, on se retrouve avec de très belles pages forts émouvantes sur Kenji, cet anti-héros tellement atypique. Les quelques cases où on le voit passer pour partir combattre le mal sur sa mobylette en fin de vie résument tout ! C’est un héros terriblement maladroit et donc touchant, qui finit par comprendre que des actes qu’il a pu commettre autrefois ont eu un impact sur les autres en bien ou en mal, et qui en conçoit des regrets contre lesquels il va lutter intelligemment pour obtenir une forme de pardon.

L’action est donc avant tout au service de ce très joli travail psychologique et permet également, enfin, de mettre en avant des personnages un peu trop oubliés, au hasard les femmes de l’histoire avec de très beaux moments pour Yukiji et Kanna. Ça fait plaisir. L’émotion est donc au-rendez et la boucle est également bouclée grâce à un joli jeu grâce auquel l’auteur retombe une nouvelle sur ses pattes en mélangeant simulateur, bowling, base secrète, magasin du vieux et de la vieille et rock bien sûr ! C’est un mélange qui m’a beaucoup séduit.

Avec cet ultime volume, je peux enfin dresser un bilan. Oui, j’ai l’impression de m’être faite un peu entubée depuis presque une dizaine de tomes. Oui, l’auteur a souvent improvisé et tenté de camoufler ça sous des effets de style narratifs pas toujours archi convaincants, mais l’émotion fut là de bout en bout. J’ai beaucoup aimé cette morale sur l’enfance, les remords, l’amitié et surtout l’importance de faire attention aux autres. L’ultime chapitre est en cela un petit bijou avec un Kenji revivant sous passé sous le prisme d’Ami. Magique !

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Brussel Boy, Livres de coeur, Vous ?

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10 commentaires sur “20th Century Boys de Naoki Urasawa

    1. Je te comprends très bien, il m’avait et me fait le même effet pour le moment. C’est la suite et fait que je crains ><
      Je garde aussi un très bon souvenir de Pluto que j'aimerais également relire cette année. Urasawa et la SF se marient très bien ensemble 😀

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  1. On pourra en reparler plus en détails quand on aura fini tous les deux, faut que je reprenne du début également, surtout que 21rst sort dans un mois !
    Je crois que ça va être mon prochain marathon maintenant que j’ai fini mes 13 tomes de Seven Deadly Sins.

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  2. J’ai beaucoup aimé les séries que j’ai lu d’Urosawa jusqu’à présent, il faudrait que je continue à le découvrir.
    Ceci dit, je trouve qu’il y a des séries qui sont clairement faite pour être lues d’une traite.

    Aimé par 1 personne

    1. Je n’ai plus l’habitude depuis des années de lire d’une traite mais clairement quand je prends le temps de relire des séries comme ici, je sens aussi que c’est un format top pour faire la découverte et qu’on prend bien plus de plaisir !

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  3. Ce que tu dis sur le scénario ubuesque et la part forte d’improvisation est partagé, je te rassure. Mais le bougre arrive à retomber sur ses pattes grâce à un certain nombre de détails très bien trouvés, en particulier concernant Kenji je trouve !

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    1. Effectivement tu me rassures grandement parce qu’à force de le voir encensé partout je commençais à me demander si c’était pas moi qui étais trop difficile 😂
      Hâte de lire les derniers tomes en tout cas pour voir justement si son art de toujours retomber sur ses pattes fonctionne ou pas avec moi ^^

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      1. Je suis assez confiant, mais en même temps très intrigué. Pour le coup, je pense qu’il s’est fait plaisir et a continué tant qu’il avait des idées et des délires à explorer, car on sent des ambiances très différentes d’une partie à l’autre, et toujours une porte de sortie qui permettrait de conclure la série un peu quand il veut.

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      2. Bien vu pour les portes de sortie, tu as entièrement raison maintenant que tu le dis.
        Pour ma part, je suis un peu dans une phase bof bof par rapport aux parties précédentes alors j’espère vraiment un final pour faire remonter tout ça.
        Mais qu’on se le dise, le bof bof chez Urasawa, c’est quand même très très bon !

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      3. Ouais, je préfère du Urasawa bof bof que beaucoup de mangakas au top de leur forme je pense.
        La dernière partie est pas forcément ce qui m’a le plus fait vibrer, sauf pour ce qui concerne Kenji, là j’en pouvais plus !

        Aimé par 1 personne

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