Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Happy !, deluxe de Naoki Urasawa

happyTitre : Happy ! (Edition deluxe)

Auteur : Naoki Urasawa

Editeur vf : Panini manga

Années de parution vf : 2010-2013

Nb de tomes : 15 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Miyuki Umino, 17 ans, vit avec ses deux petits frères et sa petite soeur qu’elle élève seule depuis le décès de ses parents. Sa vie tourne au cauchemar quand elle apprend que son grand-frère Ieyasu a disparu de la circulation après avoir emprunté une petite fortune. Alors que les employés de la société de recouvrement de créances la menacent de la mettre sur le trottoir, Miyuki tente par tous les moyens d’entamer une carrière de joueuse de tennis professionnelle.

Mon avis :

Tome 1

Nouveau titre d’Urasawa que je teste et que j’avais depuis longtemps dans ma PAL. J’avais lu le premier chapitre à sa sortie et je n’avais pas eu envie d’aller plus loin, mais j’ai eu tort.

Passé ce premier chapitre, un peu brouillon, l’histoire devient très dynamique, drôle et entraînante. On a envie de voir comment Miyuki va faire pour se sortir des dettes de son frère, surtout son choix de se remettre au tennis est très original, pour ne pas dire complètement fou. Et c’est cette folie légère qui s’empare de tous les personnages qui m’a plu.

J’ai adoré voir la raisonnable et travailleuse Miyuki tout lâcher pour se remettre au tennis et s’entraîner comme une dératée. D’ailleurs, les scènes où elle joue sont particulièrement bien faites, elle donne bien cette sensation de force et de vitesse que doit avoir son jeu (et comme c’est dessiné, on nous épargne le cri des joueuses lol). J’ai aussi aimé les personnages complètement barrés qu’elle rencontre, aussi bien du côté des « gentils » avec les différentes joueuses, son ancien sempai et la mère de celui-ci (une vraie méchante digne de Disney ^^), que du côté des « méchants » qui veulent la vendre mais trouvent toujours une excuse pour ne pas le faire et la laisser n’en faire qu’à sa tête.

Il y a d’ailleurs un côté très cartoon dans la relation et les poursuites de Miyuki et les hommes à qui elle doit de l’argent, ce qui est assez drôle. Urasawa utilise à fond le registre comique dans ce titre, aussi bien lors de situations complètement farfelues (la 1e visite au lupanar) ou dans la caricature à l’extrême de ses personnages. C’est vraiment un titre très drôle, alors que le sujet qu’il traite est assez dur, lui : une jeune fille orpheline qui doit s’occuper de ses petits frère et soeurs et rembourses les dettes de son frère aîné. Mais il y a un tel décalage entre cette réalité et la façon dont est racontée l’histoire, qu’on ne peut que rire ou sourire.

Je ne sais pas ce que le titre donnera sur la longueur mais ses débuts sont plutôt convaincants et changent des autres titres du mangaka.

Tome 2

4 ans et demi après avoir lu le premier tome, me revoilà à découvrir Happy!, le premier titre sportif d’Urasawa à arriver chez nous, et qui est enfin réédité par son éditeur : Panini. Je suis ravie de cette initiative.

C’est avec le même plaisir que lors de ma première lecture du tome 1 que j’ai retrouvé son univers ici. L’auteur développe avec beaucoup d’humour et de cynisme grinçant son histoire et ses personnages. Comme je le disais auparavant, on a vraiment l’impression de se retrouver en plein cartoon dans ce titre et ça fait un bien fou ! Tout est exagéré, les personnages, leurs relations, les situations, et pourtant ça fonctionne à merveille parce que le mangaka est un conteur né !

Miyuki est désormais sous l’aile de la mère de Keïchiro, son ancien sempaï, celle-ci l’a choisie pour humilier la fille d’une amie/rivale qui doit passer pro. La voici à subir un entraînement intensif sous l’égide de 3 coachs parce qu’elle n’a que 6 mois pour se préparer. Urasawa rend ce passage drôle et intense à la fois. On aurait pu craindre qu’il fasse traîner les choses mais le temps défile en moins de deux et il joue au contraire énormément sur le caractère farfelu et excessif de Mme Ohtori, sur la crainte des coachs et sur les rebondissements de la vie de tous les jours de Miyuki pour que le temps passe vite. Cependant, ce n’est pas qu’un titre humoristique et sportif, il en profite pour glisser des critiques assassines sur la rivalité dans le monde sportif qui peut aboutir à des brimades, sur les arnaques des agents qui prennent tout l’argent de leurs protégés, sur l’entraînement intensif qui peut se révéler dangereux et sur le pouvoir destructeur des rumeurs. Urasawa n’est pas le perdreau de l’année, il sait y faire. Ainsi entre la préparation de Miyuki, ses difficultés dans le club, mais aussi ses premiers matchs dans le tournoi la lecture de ce tome file à toute vitesse.

Du côté des personnages, je me suis amusée comme une petite folle. Mais ce n’est pas tant grâce à l’héroïne que grâce à tous ceux qui l’entourent et qui sont en décalage complet avec son sérieux et sa naïveté. Ils sont tous complètement fous à leur façon. La mère de Keichiro est obsédée par ses vengeance ce qui la transforme presque en Cruella du tennis. Keichiro, lui, est un grand dadais innocent qui se fait complètement avoir par la rusée Choko. Celle-ci est une peste de première, une vraie croqueuse d’homme au sens littéral, qui en fait vraiment voir de toutes les couleurs à l’héroïne sans que celle-ci le sache. Les frères et soeurs de Miyuki sont des dangers ambulants mais tellement mignons dans leur attachement à leur soeur. Ses supporters, ex-recouvreurs de dettes, sont aussi tellement déplacés là-dedans que c’en est hilarant. Et c’est sans parler de tous les personnages encore plus secondaires qu’on croise, rivales aussi bien que spectateurs, commentateurs sportifs ou restaurateurs, qui sont tous plus décalés les uns que les autres. Cela donne un mélange détonnant avec le sérieux de l’héroïne qui rend la lecture vraiment drôle et fraiche.

Tout cet humour couplé avec la passion de Miyuki pour le tennis et son envie d’aider sa famille fait d’Happy un titre vraiment à part, avec sa propre identité, qui se lit avec un plaisir certain et une surprise sans cesse renouvelée d’un chapitre à l’autre.

Tome 3

C’est à nouveau avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé les aventures humaines et sportives de Miyuki dans ce tome, ma foi, assez dense. Urasawa manie toujours sa plume avec autant de verve et d’humour pour livrer une histoire vraiment décapante et grinçante où les personnages sont tous terribles ! Dans ce troisième tome consacré à Choko, la rivale de Miyuki, nous en voyons d’ailleurs de toutes les couleurs.

Miyuki participe donc à son premier tournoi depuis longtemps. Avec la pression de devoir sauver sa famille de la ruine et celle d’empêcher le licenciement de ses entraîneurs, elle se voit obligée d’utiliser la botte secrète de Mme Ohtori. Le lecteur s’attend alors à quelque chose de terrible et en quelque sorte ça l’est, mais l’auteur nous prend vraiment complètement à contrepied et c’est tordant ! Urasawa a un sens de la mise en scène, de la dramaturgie et de l’humour vraiment grinçant. J’adore !

Miyuki, qui est notre héroïne de coeur à tous car c’est la plus gentille des filles, se retrouve du jour au lendemain à cause de cette botte secrète, l’objet de la haine de tous les amateurs de tennis et des journalistes, la pauvre. Mais comme dans un titre de Dickens, elle fait face et surmonte toutes les épreuves grâce à son moral d’acier pour atteindre son but, la victoire en finale.

J’ai beaucoup aimé la force que l’auteur donne à son héroïne malgré toutes les tuiles qui lui tombent en permanence dessus. Elle garde l’espoir. Elle a une force de caractère inouïe. Et surtout, elle connait une très belle évolution ici. D’abord soumise aux aléas de la vie, elle reprend peu à peu le contrôle pour un final tonitruant où enfin elle retrouve ses sensations, son jeu et se fait remarquer comme il se doit, enfin ! Un retour mérité après tant d’épreuves.

Car les épreuves furent légions dans ce long tome. Urasawa aime jouer avec son lecteur et il s’en donne à coeur joie ici. Il mélange histoire de coeur, propos engagés, magouilles, manipulation des médias et bien sûr jeux sur les cours de tennis. Un mélange excellent et palpitant !

J’ai beaucoup aimé le focus sur la terrible Choko dans ce tome. Celle-ci est le modèle de ce qu’on fait de pire dans le monde du sport : une excellente sportive mais une manipulatrice de première. Et elle ne se contente pas de le faire sur le cour, elle joue aussi des sentiments de Miyuki et manipule tout son monde : public et journalistes compris. Elle est effrayante ! Urasawa a vraiment le chic pour inventer des personnages marquants aussi bien chez les gentils que chez les moins gentils ^^! Et Choko restera longtemps dans ma mémoire !

Dans ce tome, tout se goupille ainsi autour de ce tournoi pour faire perdre le nord à Miyuki, mais au final, elle sort grandie de toute cette épreuve. Le lecteur, lui, est ravi de tous ces rebondissements, de ces moments forts sur et hors du cour, des personnages marquants croisés et des dynamiques que cela annonce. Un très bon titre sportif entre compétition, humour et critique sociale.

Tome 4

Urasawa continue à s’amuser et nous amuser comme des petits fous dans cette série vraiment déjantée alliant sport, humour et critique de la société. Excellent !

Choko reste un super antagoniste qu’on adore détester et elle joue son rôle à merveille. Grâce à elle, le titre est vraiment poilant, mais ce n’est pas le seul élément comique du titre, je continue à être fan des frères et soeurs de l’héroïne, qui profitent de tout, et des garçons qui tournent autour de Miyuki, qui sont tous de grands naïfs dans l’âme à leur façon étrange et différente pour chacun.

Mais Happy n’est pas seulement un titre drôle, c’est aussi un titre grinçant. Et on grince pas mal dans ce tome d’un côté avec Choko qui continue à manipuler tout son monde sans que personne ne le remarque et ne puisse l’arrêter, mais également avec les malheurs qui continuent à arriver à Miyuki. Celle-ci rebondit toujours mais son parcours est vraiment semé de tout un tas d’embuches. Urasawa a vraiment un donc pour raconter cette histoire de façon à la fois drôle, dynamique et dramatique. Miyuki passe au travers de chaque épreuve avec brio, elle est vraiment rayonnante.

Pourtant ce qui est dénoncé n’est pas tout rose. On parle quand même de réseau de prostitution, de paris sportifs, d’association de quartier près à virer leurs résidents pauvres pour protéger leur réputation, de rumeurs détestables envers les homosexuels dans les milieux sportifs ou simplement parmi les célébrités. Mais le mangaka le raconte avec force et légèreté, ce qui fait que ça passe vraiment super bien et qu’on s’amuse autant qu’on est touché par ce qu’il raconte et met en scène.

Ainsi, chaque tome d’Happy se dévore et on regrette vite de ne pas avoir l’intégrale sous la main pour enchaîner tant ce mélange est réussi et la narration parfaitement rodée déjà. J’ai l’impression de lire un titre sportif d’Adachi mais avec un humour encore plus présent et une dimension sociale qui était absente chez lui et que je suis contente de trouver ici. Vraiment, j’adore !

Tome 5

Premier tiers de la série lu et quel plaisir je continue à prendre ici ! C’est drôle, pêchu, rocambolesque !

Dans ce cinquième tome des mésaventures de Miyuki, sa rivale Choko continue à lui faire crasse sur crasse pour lui mettre des bâtons dans les roues et c’est jouissif à suivre. Urasawa a vraiment un talent fou pour mettre en scène toutes ses embûches qui tombent sur notre pauvre aînée qui s’occupent de ses frères et soeurs. Les rebondissements sont légions et surprennent à chaque fois, donnant le sourire au lecteur.

Urasawa invente tout un tas d’aventures plus rocambolesques les uns que les autres pour Miyuki. Ça comme sur les terrains de sports où on lui vole ses chaussures de terre battue. Ça continue à son appartement dont on l’expulse du jour au lendemain. Et cela se poursuit chez la famille chez qui elle trouve refuge et qui s’en sert comme d’une domestique. Il y a un sens du running gag excellent avec cette Choko qui est à chaque fois derrière les déboires de notre jeune héroïne. Mais celle-ci a vraiment du caractère et tel un personnage de Disney, elle ne se laisse jamais abattre, relève toujours la tête et trouve des solutions à tout, avec plus ou moins d’aide.

Dans ce tome, le cercle des personnages s’élargit d’ailleurs. En plus de l’excellente peste qu’est Choko, du boulet qu’est Keichiro, des sacripants que sont ses frères et soeurs, du tordu qu’est son entraîneur et de la machiavélique mère de Keichiro, viennent s’ajouter deux terribles soeurs jumelles et leur mère qui font du tennis, ainsi que la belle Hina, fiancée potentielle de Keichiro, qui ne voit en elle que sa forte poitrine. Chacun apporte une belle dose d’humour et de dérision. L’obsession de Keichiro pour les poitrines est tordante, les scènes entre le chien de sa mère (John Travolta, quel nom !) et la chienne de sa fiancée sont poilantes, tout comme quand l’entraîneur de Miyuki cherche à se servir d’elle mais n’y parvient pas également, et je ne parle pas des tentatives ratée de cette folle de Choko. Vraiment on s’amuse comme des petits fous à les suivre.

Et au milieu de tout ce chaos, Miyuki avance tout de même, parvient à gagner ses matchs, à sauver ses frères et soeurs et à garder tout son talent de tenniswoman. Chapeau bas !

Ce titre est vraiment une lecture détente drôlissime et pleine de peps dont je ne me lasse pas. C’est de la bonne comédie sociale et sportive à l’ancienne comme j’aimerais en lire plus !

Tome 6

Sans surprise, Urasawa continue à nous promener, nous amuser et nous surprendre dans un titre de plus en plus foufou.

Comme annoncé en couverture, c’est la famille Ohtori qui va être aux centres de toutes les mésaventures de notre héroïne dans ce tome pour notre plus grand plaisir. Le parcours du combattant de Miyuki pour accéder à la reconnaissance pro n’a jamais été autant semé d’embûches et les mesquineries de Choko rencontrent une échos bien trop important chez les Ohtori, compliquant encore les choses.

Notre héroïne se débat donc entre les sales rumeurs sur son compte, un entraîneur fripouille qui veut toujours l’entraîner dans ses magouilles, des dettes qui n’en finissent plus, une famille pas si simple que ça à s’occuper, des amours tout aussi compliqués et quand même des matchs à assurer. Pas simple ! Mais le mangaka rend toujours la lecture de toutes ces aventures très fluide, drôle et touchant. L’héroïne est vraiment super attachante, tout comme sa rivale est détestable. Ses amis sont aussi de beaux personnages de comédie, que ce soit Keichiro qui se fait systématiquement avoir par les filles, notre cher créancier qui craque pour elle et est toujours là pour la secourir tel un preux chevalier ou Kiku qui prend très à coeur son rôle de meilleure amie, mais on les adore.

Au milieu de tout ça, l’histoire rame un peu pour avancer. On est plus dans une suite de mésaventures que dans un scénario qui avance vraiment. La preuve, la couple Cleopatra à laquelle elle doit participer ne commence que dans les derniers chapitres alors qu’on en entend parler depuis un moment. Deuxième preuve, sa relation amoureuse plutôt mouvementée ne prend un tournant important qu’à la moitié de ce tome, mais l’auteur bien cruel ici, remet aussi sec tout ça en question. La dette, elle, est loin d’être réglée, tout comme la mauvaise réputation qu’elle se coltine ou le logement qu’elle cherche pour ses frères et soeur. Alors heureusement que l’ensemble est super drôle parce que sinon je râlerais un peu devant autant de stagnation.

N’empêche Urasawa continue à bien se renouveler dans les crasses que subit Miyuki de la part de Choko sans le savoir. La façon qu’a celle-ci de rebondir et de trouver toujours un nouveau plan est fantastique, de même que sa capacité à utiliser les gens et les informations qui lui tombent sous la main. C’est pour moi LE personnage culte de ce titre, de loin ! Même si j’adore la galerie qu’il y a autour, la mère de Keichiro étant particulièrement gratinée elle aussi, tout comme celui qui détient ses dettes et qu’on n’a pas encore assez vu à mon goût ^^

Ce nouveau tome, même s’il fait peu avancer l’histoire, aura à nouveau eu le mérite de bien m’amuser grâce à la mesquinerie toujours plus imaginative de Choko. Je suis tout de même ravie des petits progrès de Keichiro qui se reprend en main et de revoir Miyuki sur les cours de tennis, même si le final est d’une cruauté sans nom ! Heureusement, j’ai la suite sous la main.

Tome 7

Naoki Urasawa n’en finit pas de nous surprendre avec un nouveau tome palpitant où Miyuki franchit une étape importante.

Nous suivons pendant les trois quarts du tome le match à rebondissement de Miyuki et Takana qui s’affrontent en finale. Mais loin d’un banal match tendu vu et revu, Urasawa nous offre une leçon de style. Il associe avec brio les matchs à enjeu de Miyuki et Keichiro, qui suivent des trajectoires radicalement différentes, et un ensemble de scènes sérieuses et truculentes à la fois, pleines d’enjeux, où l’on suit les différents personnages secondaires gravitant autour d’elle, le tout dans un équilibre parfait. Chapeau !

L’évolution des personnages est également magistrale. Keichiro, le petit fils à maman, se rend finalement compte de ses limites et du brio de Miyuki. Tandis qu’on aurait pu le voir baisser les bras, il relève la tête finalement et continuer à essayer d’échapper à sa famille. Miyuki, elle, nous prouve une nouvelle fois toute la force de son mental, élément essentiel dans le sport. Notre peste favorite, Choko, est un peu plus en recul dans ce tome mais ce n’est que pour nous jouer encore un nouveau mauvais tour. Les adultes sont aussi très chouettes, la mère de Keichiro est toujours une vraie calculatrice, tout comme ceux qui veulent miser sur Miyuki, mais notre recouvreur de dette se montre un très bon ami et le coatch très intéressé de Miyuki, tout en restant fidèle à lui-même, se montre sous un tout nouveau jour ! C’est extrêmement riche tout ça.

Ce qui vient tous les lier, c’est tout de même le match exceptionnel auquel on assiste que le mangaka chorégraphie de manière magistrale, faisant palpiter notre petit coeur. J’ai adoré voir d’abord Miyuki dépassée, poussant le lecteur à s’interroger sur l’offre qu’elle avait reçue. Puis, sa remontée a forcé l’admiration, elle avait une telle hargne de vaincre. Les renversements furent légion tout au cour du match et le mangaka le met très bien en scène avec un dessin des scènes de tennis très percutantes, particulièrement vivante où on voyait vraiment les joueuses se battre sur chaque point. Ce sont deux très belles joueuses et chacune a compris des choses au cours de ce match. Pour nous lecteurs, comme pour les spectateurs, ce fut momentanément une révélation et ça m’a fait plaisir de voir son talent reconnu. Maintenant, j’ai trouvé que ça allait un peu vite dans les aspirations suivantes qu’on place en elle.

Pour ce qui est de l’humour, j’en suis toujours aussi friande. C’est un humour potache, un peu noir aussi parfois et grinçant, qui m’amuse énormément. Les ressorts comiques semblent gros et caricaturaux à l’image des personnages dont les visages se déforment allègrement dès qu’ils commettent une bêtise ou autre horreur, mais c’est vraiment drôle et jamais lourd. Il y a toujours du renouvellement mais aussi des éléments phares qui reviennent pour notre plus grand plaisir permettant une familiarité avec le titre donnant naissance à un bel attachement.

Happy! est vraiment un titre sportif qui change de ceux qui je suis habituée à lire. J’aime beaucoup la façon dont Urasawa revisite ce genre, et plus les tomes passent plus j’aime les personnages, aussi bien les principaux que les seconds couteaux. Une très belle série !

Tome 8

Naoki Urasawa nous fait entrer dans une nouvelle ère aux côté de Miyuki à partir de ce tome, une ère toujours aussi drôle et grinçante mais surtout une ère américaine ! Et ce changement de décor ne change rien à la qualité du titre et au plaisir de suivre les mésaventures de son héroïne, même si j’ai trouvé que ça commençait à se répéter un peu trop.

Miyuki est partie pour les Etats-Unis avec son coach, celui-ci ayant la ferme intention de lui faire affronter et vaincre d’ici un an la meilleure joueuse mondiale, Nikolic, qui souhaite prendre sa retraite faute de rivale stimulante. Et le hasard fait bien les choses puisqu’elles se croisent sur un cour de tennis lors d’un entraînement. Miyuki semble éveiller son intérêt.

Sous des dehors très tonitruants, tout est une fois de plus amené avec beaucoup de subtilité. On comprend dans cette narration, souvent très bruyante, que derrière les cris et les bruits du cour, beaucoup de choses ne sont dites qu’à travers les corps et les regards. C’est un point très bien développé dans ce nouveau tome.

On retrouve également ce qui a fait le succès de la série : de nouvelles épreuves pour Miyuki et une galerie de personnages toujours aussi fous autour d’elle. Thunder fait tout pour qu’elle puisse accéder aux meilleurs matchs, tournois et rivales pour élever son jeu. Mais on voit peu celui-ci au final dans ce tome car il est nécessaire de tout reposer. L’auteur passe donc plus de temps à représenter Thunder comme un pervers, un tordu, Choko comme la peste de rivale de l’héroïne, Keichiro comme le raté qui ne parvient pas à briser ses chaînes, et le recouvreur de fonds comme le chevalier servant de Miyuki. Même si ça continue à dynamiser le récit, je ne suis pas sûre que c’était nécessaire et cela a surtout donné un sentiment de répétition malheureusement…

Ce tome n’était donc qu’une longue introduction au nouvel environnement de l’héroïne, qui est au final bien similaire à celui qu’elle a quitté, avec le même public contre elle, les mêmes rivales dont il faut qu’elle se méfie et qu’elle dépasse. Il me tarde de voir ce que ça va donner dans le prochain tome où j’espère que l’intrigue va redécoller.

Tome 9

Jeu, set et match ! Quel tome mesdames et messieurs ! Urasawa démontre encore et toujours l’excellent sens de la narration et de la mise en scène qu’il possède dans un tome qui mélange à merveille sport et tranche de vie, mettant magnifiquement en avant les garçons de la vie de Miyuki.

Moins intense que le précédent, ma lecture m’a tout de même encore réservée de très beaux moments. J’ai beaucoup aimé ce calme ressenti tout au long du tome avant l’accélération finale. Le mangaka s’amuse avec nous contant littéralement simultanément les moments forts hors et sur le cour pour faire des parallèles hyper symboliques et ici, il utilise cette méthode 1/ pour dénoncer la roublardise de Choko 2/ pour révéler toute la bonté de Sakurada, ce personnage qui gagne peu à peu sa place dans nos coeurs. J’ai adoré !

J’ai été touchée par le développement du personnage de Sakurada qu’on voit venir depuis longtemps mais dont les bonnes actions sont enfin portées à la connaissance de l’héroïne. Magistral et mérité ! J’ai également jubilé quand petit à petit des proches de Miyuki réalisent enfin qui est vraiment cette peste de Choko. Ce n’est pas trop tôt ! Reste maintenant à ce que Miyuki aussi l’entende et l’accepte, c’est pas gagné ^^!

Les matchs qui ont lieu en parallèle de tout ça sont toujours aussi intéressant à suivre, aussi bien sportivement que symboliquement. On assiste à une très belle leçon de tennis. Je suis fan du plan de Thunder que, comme beaucoup, j’avais vu venir et qui porte ses fruits de manière magistrale dans les dernières pages. C’est un vrai bonheur de voir Miyuki évoluer ainsi et hausser petit à petit son jeu. On ressent vraiment toute sa détermination, sa fougue et son courage. Chaque balle pèse, chaque retour est important. C’est beau à voir.

Je suis vraiment agréablement surprise de la qualité de cette série qui n’est pas seulement un petit titre mélangeant humour, sport et drame. C’est une série où l’auteur développement vraiment sa grammaire narrative visuellement parlant et où il propose une belle montée en puissance de l’intrigue et des personnages. C’est superbe même dans un tome où il temporise comme ici.

Tome 10

Une qualité toujours au rendez-vous, un développement des personnages au top, vraiment Happy! est loin de la lecture légère que j’imaginais. Ce tome qui nous amène aux deux tiers de la série est d’une rare densité. Le mangaka y allie match à enjeu et développement de l’ensemble des personnages clés pour s’acheminer lentement vers la dernière phase de la série.

Revenons d’abord un instant sur la carrière sportive d’Umino qui une fois de plus s’achemine vers les sommets avant de tomber sur un os, un os dont on connait trop bien le nom ! Choko ! Mais notre héroïne, personnification de la résilience, se relève encore et toujours. A chaque nouvel obstacle, elle fait face à avance. J’adore ça. Même si le dernier posé par Nikovic elle-même est de taille. Cela promet une suite vraiment bien tendue. Et j’en profite pour saluer le travail fort important sur Thunder dans ce tome où l’auteur tel un équilibriste joue entre ses tendances perverses pour nous faire rire et sa passion pour le tennis pour nous émouvoir. Du grand art !

Sentimentalement, Miyuki reste par contre à la ramasse, nous offrant de beaux moments drôles et amers dans ce tome. Il faut dire qu’elle n’est pas aidée par les hommes et femme qui sont amoureux d’elle, ce sont tous de vrais bras cassés. Ma préférence va bien sûr aux chevaleresques Kiku et Sakurada qui sont fantastiques avec elle. Ce sont deux personnages qui se ressemblent dans leur volonté de l’aider dans l’ombre tout en étant loin d’être naïfs. J’ai beaucoup aimé le soutien que lui apporte Sakurada ici et sa saine rivalité avec Ohtori sempai. C’est un chic type ! Les pages qui lui sont consacrées sont très émouvantes. Une émotion que j’ai aussi ressenti avec Kiku et son désir de venger Miyuki sur le cour, en affrontant Choko pour lui faire payer tout ce qu’elle a pu faire. Kiku est une vraie gentille mais dur dur d’affronter Choko, c’est une coriace.

Celle-ci est toujours au centre de mes intérêts car, plus qu’aucun autre personnage, c’est elle qui porte presque l’ensemble des rebondissements de la série sur ses épaules. Personnage détestable, elle se montre parfaite dans le rôle de la peste, toujours à mettre des bâtons dans les pieds des autres. Dans ce tome, j’ai eu le sentiment que l’auteur continuait à préparer sa fin, montrant parfois que ses tours ne fonctionnaient pas et à d’autres moments la révélant presque humaine dans ses échecs. Mais chassez le naturel et il revient vite au galop chez elle, et elle termine par l’un de ses pires tours !

Dans ce 10e tome d’Happy, Urasawa continue à dérouler tout son talent narratif, passant d’un arc à l’autre avec brio et nous faisant patienter entre les matchs épiques de Miyuki en développant son entourage avec beaucoup de doigté et d’émotions. Ce titre est définitivement l’un des plus belles surprises de l’année pour moi.

Tome 11

Décidément ce dernier arc un peu plus sombre et mature apporte un coup de fouet salvateur à la série.

Choko, qui est toujours à l’origine de la plupart des évolutions de la série, se retrouve confrontée à une Kiku qui souhaite se venger d’elle. Malheureusement comme bien souvent quand Choko est impliquée, cela va se retourner contre notre gentille joueuse. Les débuts d’un nouveau calvaire et pour Kiku et pour Miyuki.

En effet, l’auteur a décidé de compliquer encore la donne pour nous héroïne. Elle, qui joue déjà pour éponger les dettes de son frère et également pour vaincre un jour Nikovic, se retrouve en plus avec pour mission de vaincre Choko afin de pouvoir réhabiliter Kiku. Terrible ! Urasawa ne nous épargne vraiment rien.

Ce tome est un peu celui des déceptions et des renoncements : celui de Kiku qui ne parvient pas à vaincre Choko, celui d’Ohtori sempai qui n’arrive à rien dans la vie qu’il s’est fixé, celui de Sakuragi qui est obligé d’entrer encore plus dans les magouilles de son métier pour soutenir Miyuki, etc. Mais tout cela n’est amené par le mangaka que pour faire encore plus triompher notre héroïne et sa force de caractère capable d’apporter de la lumière au bout de chaque tunnel. J’ai beaucoup aimé les dernières pages du livre dans ce sens, on sent qu’on y prépare une vraie métamorphose pour plusieurs personnages clés et c’est enthousiasmant.

Alors même si le tennis n’est pas aussi présent que je le souhaiterais dans sa forme purement sportive, le travail sur le rôle de celui-ci dans la vie des personnages et la porte qu’il leur offre pour un avenir plus radieux, en font quand même un très beau manga sportif.

Tome 12

Après un tome assez sombre où la série prenait un tournant plus dramatique, c’est au tour du trio de notre triangle romantique d’être mis en avant dans les relations qu’ils entretiennent pendant que Miyuki se réveille et retrouve son tennis. Tout cela mélangé donne encore un tome passionnant à lire.

Urasawa a donc fait le choix dans ce nouveau tome d’accentuer le côté comédie romantique de son titre et de nous livrer une belle évolution de l’ensemble des personnages concernés, avec en premier lieu les garçons. Il faut dire qu’il nous avait laissé sur un suspense plutôt lourd concernant monsieur Sakurada, il était donc impensable d’en rester là avec lui. Mais l’auteur ne se contente pas de nous livrer l’histoire de ce dernier, il nous propose également de le mêler à la suite de l’évolution de Keiichiro et c’est un régal. L’un comme l’autre ont probablement connu les plus évolutions depuis le début de la série. Sakurada est petit à petit devenu celui qui soutient Miyuki dans l’ombre envers et contre tous. Je l’adore ! Et Keiichiro est passé du fils à maman hyper fade à quelqu’un de plus complexe qui certes commet des erreurs mais apprend petit à petit ce qu’est la vie en dehors de son cercle. Je le trouve touchant. Et ici, la belle amitié « virile » qui se noue entre eux joue à fond.

On assiste ainsi à une première partie totalement centrée sur eux deux qui m’a beaucoup plu parce qu’Urasawa prend le temps de leur donner une vraie épaisseur, de leur créer des liens, ce qui leur permet d’avoir une vraie incidence sur l’histoire et sur notre héroïne même si celle-ci passe un peu au second plan pendant ce temps-là.

Du coup, elle revient plutôt sur le devant de la scène dans la seconde partie et c’est là qu’après toutes ces péripéties elle explose sur le terrain. Très bien amené. Le mangaka le fait subtilement, avec humour, l’air de rien, mais en fait il la transforme totalement. Miyuki aurait pu abandonner après tout ça mais tout le monde la soutient et la pousse tellement que ça la métamorphose. J’ai beaucoup aimé le côté un peu burlesque de la chose. J’ai beaucoup ri. La mise en scène était top et c’était terrible de la voir concentrée à ce point dans ce match capital. L’issue de celui-ci m’a surprise car il prend le contre-pied de ce à quoi nous avait habitué l’auteur. Excellent ! Même si ce fut bien bref mais ce n’était que la première marche vers la nouvelle version de l’héroïne.

Dans ce nouveau tome, l’auteur surprend. Il nous entraine dans une direction nouvelle et connue à la fois, nous éloignant un temps des cours de tennis pour mieux y revenir. Il soigne vraiment l’écriture de ces personnages allant plus loin que dans une banale comédie romantique. Je suis vraiment fan.

Tome 13

Urasawa est définitivement engagé dans la dernière ligne droite de sa série et cela s’en ressent dans ce tome un peu plus calme et en-dessous pour moi où il continue à placer tranquillement ses pions.

Miyuki est vraiment sur la courbe ascendante de sa carrière, tout se présente assez bien en vue soit de la voir affronter Choko soit Nikovic, ses grandes rivales. La dernière démarre le tome en se jouant totalement de la première, ce qui est assez jouissif mais cela montre aussi la force d’attraction de plus en plus grande de Miyuki même si seuls nous les lecteurs nous en rendons compte avec ses plus proches. Cela conne une saveur toute particulière à ce qui va arriver et que prépare l’auteur. Mais chut, n’allons pas trop vite en besogne parce que dans cette série le plaisir du mangaka, c’est de semer le parcours de son héroïne d’embuches et la nouvelle est toute trouvée ! A force de s’entraîner comme une folle, le corps de Miyuki risque bientôt de ne plus pouvoir suivre. Elle en est parfaitement consciente et avance avec cette épée de Damoclès.

Ce n’est pas la seule épée au-dessus de sa tête même si elle n’en est pas tout à fait consciente. Dans le fin fond du Japon, Sakuragi a retrouvé le frère de Miyuki, mais il refuse à nouveau d’accepter les ordres de ses patrons, à savoir l’éliminer. On aurait pu en rester là et suivre une énième course-poursuite entre les deux parties mais l’auteur a eu une bien meilleure idée. Il orchestre tout au long du tome la chute de l’organisation pour laquelle bosse Sakuragi, ce qui va pousser le grand chef dans ses dernières extrémités et qui va faire intervenir une nouvelle organisation encore plus pourrie que la première. Voici l’autre épée qui pèse sur Miyuki sans qu’elle le sache ! Urasawa est vraiment plein de talent pour nous surprendre et mettre en scène des mafieux est une seconde nature pour lui, ils sont à la fois terrifiants et cocasses. J’adore.

Heureusement ce tome n’est pas que l’anticipation de futurs désastres. Il s’y produit également des renaissances et des renaissances qui font vraiment plaisir avec deux personnages sur lesquels je n’aurais pas misé un kopeck : Keichiro et Hina. On apprend au dernier que finalement un espoir existe pour lui et il s’en saisit tout de suite. Ça change tellement du fils fils à sa maman des débuts. On a enfin un homme, un vrai, qui ose malgré ses faiblesses. Quelle évolution ! Il en va de même pour Hina. Gentille fille jusqu’au bout des ongles, sa rencontre avec Miyuki est un électrochoc qui lui fait le plus grand bien pour l’aider à oser relever la tête et s’affirmer. J’ai adoré ! Reste notre peste de Choko qui, elle, ne change pas. J’adore toujours autant la détester et j’ai même parfois un peu de peine pour elle quand son armure se fissure, mais vu qu’elle refait des crasses très rapidement ensuite on a tendance à l’oublier. C’est un personnage de méchant vraiment sensass !

Ainsi même dans les tomes plus calmes narrativement où l’on sent que l’auteur se retient d’avancer trop vite, on prend un grand plaisir à lire Happy car Urasawa soigne vraiment ses développements aussi bien des personnages que des intrigues. Il surprend toujours dans le bon sens et moi j’adore ça !

Tome 14

Gros coup de coeur pour cet avant-dernier tome qui renferme tout ce que j’ai pu aimer dans la série jusqu’à présent et même plus. Après quelques tomes un peu en retrait où l’on sentait que l’auteur préparait le terrain pour son final, le voici enfin devant nous dans un tome racé et tendu mais non dénué d’émotions.

Nous suivons la suite du parcours d’Umino à Wimbleton, un parcours toujours aussi chaotique où chaque victoire est à arracher sur le fils. Utilisant toujours les mêmes ressorts, Urasawa complique les choses avec sa chère Choko toujours partante pour faire une crasse à Umino : elle prévient ses adversaires de ses faiblesses, elle traficote pour doper le jeu de celles en face et va même jusqu’à la démoraliser de la pire des façons avant un match capital. Elle est prête à tout ! Choko, c’est un peu la méchante ultime du shonen sportif et on l’adore. Elle subit une vraie métamorphose dans ce tome, déjà un peu opéré avant. On voit ainsi enfin une Choko qui ne joue plus et c’est jouissif !

Du côté du tennis, même si ce n’est pas parfait pour ce qui est du dessin des postures des joueuses pendant les matches, ceux-ci sont passionnants à suivre. Urasawa s’arrange toujours pour qu’il y ait son lot de rebondissements. Les points sont percutants, on ressent toute la puissance et la volonté de tout donner des joueuses. J’ai beaucoup aimé les différentes adversaires de Miyuki pendant ce tome, notamment les deux qu’on connaissait déjà. Chacune dans son genre a été transformée par cette rencontre et Miyuki a su prouver à tous son indéniable talent et sa hargne de vaincre.

Mais en coulisses rien n’est aussi simple et c’est ce qui donne encore plus de corps et de force à ce tome. Il y a tout d’abord les enjeux derrière les matchs. Thunder veut pousser Miyuki pour atteindre son but ultime, vaincre Nikolic mais on sent qu’il commence à s’interroger sur les moyens pour atteindre ses fins. Madame Ohtori, elle, commence à voir son rêve se réaliser et donc se radoucit vis-à-vis d’Umino. Mais surtout les problèmes d’argent de sa famille atteignent des sommets et ont désormais de graves conséquences. J’ai adoré la réaction de Sakurada, le créancier, quand ce qu’il s’est passé au Japon. Urasawa se sert de cet ultime rebondissement de très belle façon, à la fois pour renforcer le mental de l’héroïne mais également pour montrer tout l’attachement de Sakurada pour cette drôle de famille, Miyuki en tête, et nous raconter une très belle amitié masculine entre lui et Seichiro. Je suis fan.

Pour raconter tout cela, Urasawa est une nouvelle fois au top de son art avec des choix de cadrages, d’enchaînement de cases et de mises en page juste ultra percutants que ce soit pour montrer l’intensité ou la justesse des sentiments de ses personnages dans toutes les situations. J’ai adoré !

Cet avant-dernier tome au top nous prépare pour un final qu’on espère tout aussi grandiose. Le plus dur va être ensuite de tourner la page et de les quitter…

Tome 15

Quel final ! Totalement rocambolesque mais vraiment marquant et où l’auteur transmet à merveille tout son amour et sa passion pour ces personnages. Alors même s’il considère ce titre comme mineur et qu’on lui a un peu beaucoup imposé de le faire alors qu’il souhaitait prendre une autre direction, je suis ravie qu’il se soit laissé convaincre.

Cet ultime chapitre de la vie de Miyuki fut vraiment un bonheur à lire. L’auteur nous gâte dans ce dernier tome avec le récit parallèle DU match d’Umino que nous attendions tous ainsi que celui du sauvetage de ses frères et soeur, le tout donnant un rythme haletant et des surprises jusqu’au bout.

Je vais d’abord revenir sur le sauvetage qui est un moment hautement improbable de l’histoire dans lequel Urasawa se plait encore à des rebondissements sortis de nulle part et la caricature de mafieux qui en deviennent ridicules. Cependant, s’il faut retenir une chose, c’est la belle amitié qu’auront réussi à nouer Sakurada et Seichiro.

Pour revenir ensuite sur le cour, le match entre Nikolic et Umino est juste magique. Elles ont toutes les deux quelque chose qui leur pèse. L’une ne prend plus aucun plaisir dans ce qui fut sa passion. L’autre est au fond du trou à cause de ce qui est arrivé à sa famille et doit en plus lutter avec un genou en train de lâcher. Tous les ingrédients sont là pour une vraie tragédie et celle-ci a lieu, en plusieurs actes, avec des surprises à la pelle. La plus belle de tous ne fut pas le résultat du match même si celui-ci a bien tenu ses promesses pour nous tenir en haleine, non, ce fut pour moi l’évolution de Madame Ohtori et de Thunder, deux personnages à la mentalité assez détestable au début mais qui ont évolué comme jamais au contact de Miyuki. J’ai été ravie par ces belles notes apportées par l’auteur.

Tennistiquement parlant, c’est par contre totalement improbable ce à quoi on assiste. On a d’ailleurs encore un trait totalement irréaliste mais qui en même temps donne une vraie vie au match qui se déroule, une vraie puissance émotionnelle et narrative dans les frappes qui sont échangées et les points qui sont marqués. Narrativement, l’auteur ajoute tout plein de petites sous-intrigues amusantes venant muscler les chapitres et faisant preuve d’une belle utilisation de l’ensemble des personnages croisés, de Kiku, à Choko en passant par Allan, Wendy ou la fan américaine de Miyuki. Urasawa s’en donne à coeur joie et celle donne une mise en scène drôle, cocasse et pleine de peps avant le grand final.

Ce grand final m’a laissé un goût d’inachevé. J’ai eu l’impression que Naoki Urasawa se précipitait dans le dernier chapitre et qu’en fait il manquait justement un chapitre de plus pour conclure correctement l’histoire. Car au final en dehors du résultat final du match, du revirement de la foule vis-à-vis de Miyuki dont ils reconnaissent enfin la valeur, il reste une grande inconnue la concernant qui m’a frustrée. Je n’ai pas aimé non plus le choix final concernant Sakurada, alors que ceux concernant Choko, Kiku ou Seichiro sont parfaits et totalement dans l’esprit de la série. Je suis donc un peu mi-figue mi-raison alors que tout le reste était génial.

Avec Happy, Urasawa a montré qu’il avait su se renouveler sur du shonen sportif après Yawara. Il a su créer un univers bien à lui où il a mêlé attentes sportive, vie personnelle chaotique et la petite touche de thriller qu’il aurait voulu pour une autre série. Du coup, on se retrouve avec une série vraiment drôle et attachante qui ne laisse pas indifférent. J’ai beaucoup aimé découvrir ce pan de son oeuvre.

Ma note : 15,5 / 20

salesgosses

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