Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Mishima Boys, Coup d’État de Seira Nishikawa et Eiji Otsuka

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Titre : Mishima Boys, Coup d’État

Auteurs : Seira Nishikawa et Eiji Otsuka

Editeur vf : Akata

Année de parution : 2016

Nb de tomes : 1 / 2

Résumé du tome 1 : « K., M., Y. … Trois lettres, pour trois garçons…

Qui sont-ils ? Quels projets fomentent-ils ? Et surtout, quel étrange lien les relie à Yukio Mishima, écrivain mondialement connu et nationaliste ayant vécu au tournant d’une époque dramatique du pays et prônant un retour aux valeurs traditionnelles du Japon ? Dans un après-guerre tourmenté, alors que le Japon s’ouvre trop vite au capitalisme et à l’Occident, voici un portrait complexe et désabusé de jeunes gens égarés dans une société en perdition…

Mes avis :

Tome 1

Me voici avec un titre assez atypique dans ma bibliothèque. Entre Histoire, politique et réflexion philosophique, ce diptyque de Seira Nishikawa et Eiji Otsuka m’aura laissé perplexe de bout en bout.  Ne connaissant pas du tout ce pan de l’Histoire du Japon, je me suis souvent sentie perdue, un peu comme la génération dont on raconte l’histoire ici. Je pensais que les auteurs, qui ont de leur propre propos écrit ce titre d’abord pour les Français, auraient fait en sorte qu’on les comprenne facilement, mais ce ne fut pas le cas.

La narration est percutante, le dessin de toute beauté avec un style très réaliste, et la mise en page entre cinéma et théâtre nô très réussie. L’édition est superbe aussi avec sa reliure cartonnée, son papier d’excellente qualité, presque glacé, et ses noirs et blancs profonds, ainsi que son contenu éditorial soigné et nécessaire.

Je me suis laissée embarquer par l’histoire, mais j’ai mis un certain temps à tout comprendre. J’avais du mal à distinguer les protagonistes et leur rôle dans l’histoire, ainsi que le but de tout ça. Mais au moins, ça a le mérite de me donner envie de creuser le sujet pour relire tout ça avec un oeil plus éclairé. Apparemment les auteurs ont fait le choix de cette narration éclatée et un peu floue par moment. Eh bien, c’est très réussi et immersif avec cela. L’histoire en elle-même est vraiment dérangeante parce qu’elle s’intéresse quand même à des marginaux qui vont contre l’ordre établi et pas forcément de la meilleure des façons.

La scène d’ouverture est une scène de théâtre où le narrateur montre rapidement les protagonistes pour lancer le récit. Je ne l’avais pas bien comprise au début mais elle est fascinante et percutante lors de la deuxième lecture. La première histoire, consacrée à K/R, est perturbante parce qu’au final on ne sait pas vraiment si c’est bien lui ou non qui a commis ce crime, et surtout parce qu’on ne voit pas où ça nous mène. Ça a tout l’air d’être un crime gratuit quand même et je ne vois pas bien pourquoi on y colle le débat sur la place des Coréens dans le Japon d’après-guerre. Par contre, c’est intéressant comme si tôt il a utilisé les médias. La deuxième histoire m’est déjà plus compréhensible avec ce jeune homme, issu d’une famille rigoriste, fan de l’idéologie marxiste, qui prône une égalité entre toutes les classes. Il est en opposition complète avec son éducation et cherche à manifester sa colère de l’ordre établi en lançant cette pierre contre le prince héritier pour attirer son attention et lui parler. C’est un garçon d’une grande naïveté. Mais à partir de son histoire et avec la troisième qui s’imbrique dedans, on voit mieux les enjeux politiques et sociétaux d’alors. Cette dernière suivra le destin d’Y, qui à l’opposé de M, se rapproche plutôt des idéaux d’extrême-droite et qui va assassiner le chef du parti de gauche. Pour le moment, j’ai encore bien du mal à le cerner. Je vois juste qu’il trouve la société japonaise d’après-guerre en perte de repères moraux et qu’il cherche sa place dans tout ça. Il me tarde de lire le prochain tome pour découvrir comment cela va tourner et quel destin final attend ces trois protagonistes.

Cette série est percutante, frappante, elle nous interroge sur la place des jeunes dans la société japonaise tourmentée d’après-guerre. L’idée de se servir de Mishima et de son intermédiaire comme narrateurs et « souffleur » pour K/R, M et Y est originale, même si elle ne facilite pas toujours la compréhension. Je suis séduite.

Ma note : 15 / 20

(et plus si je ne devais juger que la forme)

6 commentaires sur “Mishima Boys, Coup d’État de Seira Nishikawa et Eiji Otsuka

  1. J’ai beaucoup aimé aussi. Ca sort des lieux communs du genre et l’insertion de faits réels est intéressante. Le coup de crayon de Seira Nishikawa est juste sublime ! L’histoire des rats est bien ignoble par contre.

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