Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Après la pluie de Jun Mayuzuki

Titre : Après la pluie

Auteur : Jun Mayuzuki

Éditeur vf : Kana (Big)

Années de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 6 / 10 (en cours)

Résumé du tome 1 : Akira, 18 ans, travaille après ses cours dans un Family Restaurant. Elle est secrètement amoureuse du gérant, Masami Kondo, un homme de 45 ans, divorcé, ayant un enfant. Il n’est ni beau ni charismatique, juste un homme ordinaire, un peu fatigué, désillusionné, conscient de sa situation et de son âge qui avance. Face à la poésie du sentiment amoureux qu’éprouve Akira, Masami va prendre conscience de l’importance de vivre ses passions.

Mes avis :

Tome 1

Comme beaucoup d’autres personnes qui ont lu ce titre avant moi, je suis tombée sur le charme de la poésie d’Après la pluie. Ce nouveau titre publié chez Kana est une belle romance et une belle chronique sur la fin de l’adolescence. J’ai de suite été attirée par les couvertures, celle du tome 1, toute en douceur met en avant les deux personnages principaux de l’histoire : Akira, jeune lycéenne encore naïve et romantique, et Kondo, le gérant de 45 ans d’un restaurant, un peu blasé par la vie. Ces deux personnages qui ne se ressemblent en rien vont pourtant être le centre de notre histoire.

Akira est une ancienne athlète qui a été obligée d’arrêter à cause d’une blessure. Elle tente désormais de poursuivre sa vie alors qu’elle a perdu son rêve et une grande partie de ce qui lui donnait le sourire. On sent au fil des chapitres à quel point c’est dur pour elle de tourner la page. Elle a dû arrêter le sport qu’elle aimait. Elle ne peut plus participer à son club et être avec ses amies comme avant et elle est obligée en plus de voir d’autres filles prendre sa place. On comprend mieux l’attachement qu’elle ressent pour le gérant du restaurant où elle travaille, quand on découvre dans le dernier chapitre que c’est lui, par un geste anodin, qui lui a fait entrevoir le soleil alors qu’elle n’allait pas bien du tout. Le gérant, justement, tout le monde le critique dans son restaurant alors que c’est un homme foncièrement gentil, qui s’excuse pour ne pas entrer dans des conflits, qui a le coeur sur la main et qui est parfaitement honnête avec lui-même. J’aime beaucoup la douceur et l’honnêteté qui se dégagent de lui et qui vont très bien avec la naïveté et les difficultés à s’exprimer d’Akira, je trouve. On voit au fil des chapitres, des liens se nouer entre eux, un rapprochement s’amorcer et une compréhension naître. C’est assez joliment fait et cela va à l’encontre de bien des clichés qu’on peut trouver dans les mangas.

Du coup, je trouve que la force de ce titre, c’est clairement son ambiance douce et calme qui permet tout de même de traiter de sujets pas faciles. On ressent bien les anciennes souffrances des personnages mais on les regarde avancer vers l’avenir avec le sourire. Ce sont des personnages qui ne se laissent pas abattre, ils traversent les gouttes de pluie pour aller chercher le soleil, ce qui confère son ambiance si particulière au titre. Cette ambiance à la fois poétique et douce amère est une vraie réussite et donne lieu à des planches magnifiques comme quand Akira vient se déclarer sous la pluie ou qu’elle est toute mélancolique à son bureau ou sur le balcon de son lycée.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour ce titre, son ambiance et ses personnages et je suis ravie que Kana ait osé nous faire découvrir ce seinen de Jun Mayuzuki alors que sur le papier il n’a rien de vendeur.

Tome 2

J’ai passé un tout aussi bon moment avec la suite de cette romance hors d’âge. Il n’y a plus la surprise du premier tome et le déroulement de l’histoire se veut classique mais c’est très efficace parce que le mangaka est très doué pour croquer les sentiments de ses personnages et les mettre en scènes dans des scènes truculentes.

Le tome s’ouvre sur la déclaration d’Akira et l’incompréhension tout à fait crédible de Kondô par rapport à ça. Son raisonnement est logique et ses réactions mesurées dans l’ensemble consolide le côté réaliste de l’histoire finalement. Cet homme de 45 ans qui n’arrive pas à croire qu’une gamine de 18 ans l’aime me touche et en même temps m’amuse parce qu’il s’interroge sérieusement sur la façon dont la société percevrait cela. A côté de ça, on a un jeune étudiant, qui lui, est prêt à toutes les bassesses et entourloupes pour obtenir ce qu’il veut. Je n’ai pas du tout aimé l’attitude de Kase qui se joue des faiblesses d’Akira pour la manipuler, heureusement que celle-ci ne se laisse pas faire. Les deux rendez-vous au cinéma sont d’ailleurs très parlants vis-à-vis de celle-ci. On voit bien où vont ses préférences, pour qui elle est prête à faire des efforts ou pas. De même, elle est touchante dans le dernier chapitre avec le fils du patron avec lequel elle joue volontiers à la maman, mais elle montre aussi qu’elle sait s’effacer pour faire passer le plaisir de celui-ci avant le sien. Akira est quelqu’un qui a le coeur sur la main comme son patron. Pour finir, j’ai trouvé ces différentes scènes, où l’on voit clairement le décalage entre Akira et les garçons de sa vie, très proches de ce qu’avait pu faire Rumiko Takahashi dans Maison Ikkoku et ça me plaît beaucoup.

Tome 3

C’est toujours un plaisir de retrouver Akira et son patron. Dans ce tome, on creuse encore un peu plus leur relation et le caractère de chacun. Par contre, les personnages secondaires sont pas mal en retrait à part peut-être l’amie sportive d’Akira.

J’ai aimé continuer à découvrir leurs failles. C’était touchant de voir Akira tenter de se rapprocher de lui, tandis que lui fait tout pour mettre de la distance parce que ça le met mal à l’aise. J’ai beaucoup aimé la voir essayer quand même de le connaître en voulant partager sa passion pour la littérature classique. Cela donne lieu à de jolis moments comme lors de leur passage à la bibliothèque ou lors de leur discussion plus tendue au restaurant. Mais malgré toutes les rebuffades qu’elle se prend, rien de fait abandonner Akira, ça montre bien la profondeur de ses sentiments malgré le côté très immature de certaines de ses démonstrations (sa crise de jalousie vis-à-vis des autres employés, ou le petit gri gri noir).

Akira fait son âge et se montre parfois terriblement mature. J’ai été touchée par ses sentiments de regret palpables vis-à-vis de la course qu’elle a dû abandonner suite à sa blessure et j’aimerais vraiment que l’auteur trouve le moyen de la faire renouer avec ce sport d’une façon ou d’une autre.

Visuellement, c’est toujours aussi beau et poétique. Les nombreuses scènes sous la pluie me bouleversent à chaque fois. Elles sont superbes graphiquement et pleine d’émotions. C’est un vrai régal visuel, tout comme l’ambiance pleine de sensibilité du titre, qui est le gros atout du titre.

Tome 4

Avec cette superbe couverture, nous nous lançons cette fois dans un tome sous le signe de l’amitié, thème qui est au coeur de l’intrigue ici.

Il est d’abord question de « l’amitié » naissante entre le patron et Akira. Faute de mieux pouvoir définir ses sentiments ambigus pour celle-ci, voici la parade qu’a trouvé le Patron. C’est terriblement frustrant et perturbant de le voir botter en touche comme ça, mais aussi tellement compréhensible. Il suffit de voir la scène où Akira le croise lors du festival pour se rendre compte du décalage générationnel qu’il y a entre eux. Franchement, je ne vois pas du tout, pour le moment, se développer une relation amoureuse entre eux, alors si ça peut s’orienter vers de l’amitié, je ne dis pas non.

Puis, il est aussi question des amitiés de chacun, celle d’Akira avec son ancienne coéquipière d’athlétisme et celle du Patron avec un ancien copain de fac devenu écrivain. C’est amusant de voir comment à chaque âge de la vie les relations avec les autres et l’amitié en particulier sont compliquées. J’ai trouvé touchant de voir la réservée Akira essayer de renouer avec Haruka en faisant maladroitement le premier pas, tout en écoutant aussi les conseils de ses nouveaux amis. J’aime assez son évolution même si celle-ci se fait très lentement. Du côté du Patron, c’est avec un amusement nostalgique que j’ai suivi ses retrouvailles avec son ami de la Fac en me disant que ça pourrait très bien être moi dans quelques années ^^ J’ai donc été particulièrement sensible à leur petite soirée souvenir.

Tome 5

L’histoire avance lentement mais sûrement avec ce nouveau tome des aventures d’Akira et de son patron. J’ai retrouvé avec plaisir cette romance tranche de vie tellement différente des histoires habituelles de lycéennes.

Akira est toujours aussi sensible au charme de son patron, il est le seul à la rendre aussi rayonnante, et elle commence à faire des progrès avec lui grâce aux conseils de ceux qui l’entourent. C’est mignon de la voir compter sur des amulettes comme les petits de primaire, c’est attendrissant de la voir rougir au moindre regard ou effleurement et c’est touchant de la voir faire autant d’efforts pour apprendre à mieux le connaître. Du coup, même si la différence d’âge me gêne vraiment, je suis ravie de voir qu’elle commence à toucher son coeur. C’est normal quand on voit quelqu’un comme elle qui l’accepte tel qu’il est et apprécie ce qui était des défauts pour d’autres avant. L’épisode de la foire aux livres en est la parfaite illustration. On passe ainsi de jolis moments tout tendres où les voit ensemble comme lors de leur sortie au Jardin aux plantes.

C’est également l’occasion de découvrir ceux qui les entourent comme Ryôsuke et sa relation compliquée avec sa demi-soeur, ou Yoshizawa et Yui. On oscille ainsi entre moments de vie au lycée, au boulot et en dehors dans des lieux un peu typiques. Du coup, je suis contente de voir que le mangaka n’oublie pas de reparler de la passion tortueuse d’Akira pour l’athlétisme et du sacrifice auquel elle a consentie, sujet qui je pense devrait aussi être présent dans le prochain tome.

Tome 6

Voici probablement le tome que j’attendais le plus sans le savoir. En effet comme l’annonce sa couverture, on revient enfin sur le passé d’Akira et sa relation avec l’athlétisme qu’elle a dû abandonner. Le renoncement à une passion comme la sienne alors qu’elle n’est qu’adolescente est vraiment triste.

Mais c’est l’occasion pour Jun Mayuzuki de nous livrer quelques unes de ses plus belles planches avec des effets de cadrages magnifiques, des moments suspendus sans paroles, des regards qui en disent longs et j’en passe. Visuellement, c’est juste sublime, plein de justesse et d’émotions à fleur de peau comme celles de l’héroïne. J’ai vraiment été touchée par son mal être. On sent combien elle aime encore son sport d’autrefois, combien elle aimerait reprendre, mais quelque chose l’en empêche et c’est ce qu’on aimerait découvrir à présent.

Du coup, on ressent encore plus l’importance du patron qui est en quelque sorte son seul salut. Sans le savoir, avec sa « sagesse » et son expérience d’adulte, il trouve toujours les mots simples et justes pour la rassurer, l’aider. C’est attendrissant, surtout qu’il le fait sans s’en rendre compte aussi bien avec elle qu’avec les autres. C’est vraiment un chic type.

Il y aurait tout plein de petits détails dont je pourrais vous parler ici pour vous dire combien ce tome m’a touchée et m’a fait du bien, que ce soit avec l’amie sportive d’Akira, ses collègues du boulot et leur romance naissante, sa brève rencontre avec l’ex-femme du Patron, où sa rencontre avec une « rivale » en athlétisme. Ce tome était très riche et l’un des meilleurs de la série.

Ma note : 16,5 / 20

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13 commentaires sur “Après la pluie de Jun Mayuzuki

  1. Ah ça y est tu as lu ton tome 5 !
    je suis bien contente que ça te plaise toujours et de ce que tu dis qui est très juste
    Ne pas lire si tome pas lu (si d’autres lisent ou à vos risques et périls)
    Oui, on va revenir dessus je pense, et Akira a eu du mal à avoir son passé en pleine face
    La passion pour les livres ou même l’écriture du patron est touchante

    Aimé par 1 personne

    1. J’aimerais tellement la voir recourir et revenir dans le club avec ses amies, mais je ne sais pas si c’est possible, c’est ce qui est tellement triste dans cette histoire.
      Moi aussi, j’ai été touchée par les passions du patron, qui forcément nous parlent à nous, lecteurs ^-^
      Je mets toujours du temps à lire mes tomes pour faire trainer avant le prochain mais l’attente est longue V.V

      Aimé par 1 personne

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