Livres - Policier / Thriller

L’accusé du Ross-Shire de Graeme Macrae Burnet

Titre : L’accusé du Ross-Shire

Auteur : Graeme Macrae Burnet

Editeur vf : Sonatine

Année de parution vf : 2017

Nombre de pages : 327

Histoire : Alors qu’il fait des recherches généalogiques sur ses ancêtres écossais, Graeme Macrae Burnet découvre des archives relatives à une étrange affaire. En 1869, Roderick Macrae, dix-sept ans, a été arrêté après un triple assassinat dans un village isolé des Highlands. Dans un document écrit, le jeune homme relate sa vie et ses meurtres, sans jamais donner le moindre détail sur ses mobiles. Hormis ce récit, aucune preuve tangible de sa culpabilité n’a été trouvée. Était-il tout simplement fou ? Graeme Macrae Burnet nous livre toutes les pièces du procès : témoignages, articles de journaux, rapports des médecins. Peu à peu, le doute s’installe. Le récit de ces crimes est-il bien l’œuvre de ce jeune garçon, a priori illettré ? S’agit-il d’un faux ? Si c’est le cas, que s’est-il réellement passé ? La solution semble se trouver dans la vie de cette petite communauté repliée sur elle-même, où chacun doit rester à sa place, sous peine de connaître les pires ennuis.

Mon avis :

Cette semaine sans le vouloir, je suis un peu dans le thème meurtres + Écosse dans mes lectures ^^ Avec ce titre, je sors encore de ma zone de confort pour lire un roman assez atypique qui se présente comme un savant mélange de fiction et de témoignages sur des meurtres commis par un jeune homme de 17 ans qui appartiendrait à la famille de l’auteur.

Autant le dire d’emblée, j’ai été bluffée par la qualité d’écriture de Graeme Macrae Burnet. Je n’ai jamais vraiment su dans son roman si tout relevait de la fiction ou si certaines parties étaient véridiques et j’ai voulu garder cette part de mystère lors de ma lecture pour bien m’imprégner de l’ambiance. Du coup, j’avais l’impression d’être une enquêtrice qui tombait sur un vieux dossier de meurtres et qui devait se faire un avis. On sent bien par moment la patte de l’écrivain pour peu qu’on ait déjà eu à fouiller un peu dans des archives et à lire de vieux récits du fort privé mais le camouflage est réussi, je trouve.

Ainsi, on suit dans un premier temps les dépositions d’habitants du village où ont eu lieu les meurtres, puis le récit du meurtrier lui-même, les rapports médicaux d’après les autopsies, l’analyse d’un médecin anthropologue judiciaire et le procès. Dans chaque partie, le romancier adopte un ton différent pour se fondre dans la nature du document qu’il souhaite adopter, c’est bluffant. J’ai apprécié chaque pièce apportée au puzzle de ce dossier de meurtres.

J’ai surtout dévoré le récit du meurtrier qui relate les conditions de vie dans un coin reculé de l’Écosse à la fin du XIXe. On sent bien le côté terreux, pauvre et rude de cette vie. Les personnages sont tous rustiques à l’image du père du héros qui est le portrait même du vieux paysan bourru. On voit les difficultés pour un esprit différent de s’intégrer dans ce genre de société que ce soit parce qu’il est plus intelligent ou parce qu’il cherche à échapper à cette vie. Roderick devient orphelin à l’âge de 16 ans, son père se laisse aller, la vie de leur famille repose donc sur lui mais il est sans arrêt rabroué voire battu, sa soeur a un comportement louche aussi, au village il est incompris, bref sa vie est merdique. Le portrait du monde paysan est sans concession. Les portraits des différents personnages croisés, hommes et femmes, sont vraiment savoureux, de même que celui des relations qui se nouent entre eux. J’ai beaucoup aimé ce trait du roman.

Par la suite, les autres pièces du dossier sont plus formelles et je les ai passées plus rapidement, notamment l’étude du médecin qui se veut anthropologue judiciaire. J’ai retrouvé chez lui des théories de l’époque sur les criminels et les pauvres qui m’ont toujours hérissée. Dans un sens, c’est très bien joué de la part du romancier ici aussi même si ça m’a moins plu mais l’important c’était d’étayer le dossier.

Pour finir, le procès est rondement mené. On se serait cru au tribunal avec eux. Les interrogatoires sont très vivants et les plaidoyers prenants. J’ai trouvé chaque partie très convaincante et j’ai vibré comme si j’en regardais le film à la télé, le tout sans jamais prendre partie. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié l’impartialité de l’auteur du début à la fin et moi-même je serais bien en peine de statuer sur l’état d’esprit de Roddy quand il a commis ses crimes, il y a juste un petit point sur ce qui est arrivé à Flora qui me laisse perplexe car sans réponse ailleurs dans le dossier.

En attendant, je me suis vraiment régalée lors de cette lecture atypique pour moi et je retenterai l’expérience avec plaisir.

Ma note : 15 / 20

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2 commentaires sur “L’accusé du Ross-Shire de Graeme Macrae Burnet

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