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Hidamari ga kikoeru de Yuki Fumino

Titre : Hidamari ga kikoeru – Entends-tu le chant du soleil ? / Hidamari ga kikoeru – Limit

Auteur : Yuki Fumino

Éditeur vf : IDP Boys Love (Hana Yaoi)

Année de parution vf : 2016-2022

Nombre de tomes vf : 2 (série finie) + 3 (série terminée)

Histoire : Kôhei, étudiant atteint de surdité, est souvent incompris par les autres, ce qui l’a amené à prendre ses distances petit à petit avec son entourage. Mais un beau jour, il va faire la rencontre de Taichi, étudiant dans la même université que lui. De nature joviale et qui n’hésite pas à dire franchement tout ce qu’il pense, cet étrange garçon va toucher Kôhei au plus profond de son cœur avec ces quelques mots : « Ce n’est pas de ta faute si tu es malentendant ! ». Il est loin de s’imaginer à quel point Kôhei va peu à peu changer grâce à lui.

Mes avis :

Tome 1

Je continue ma découverte des titres yaoi publiés par IDP Boys Love dans sa collection Hana, grâce à une amie qui m’en a ramené tout plein. Vous allez donc avoir droit à une petite semaine spéciale Yaoi sur le blog ^^

Hidamari ga Kikoeru est un titre qui me faisait de l’oeil depuis sa sortie grâce aux superbes couvertures de Fumino Yuki qui sont douces et poétiques, mettant ses personnages dans un cadre bucolique enchanteur. J’ai donc de suite sentie que l’ambiance du titre allait et me plaire et ce fut le cas.

Dans ce titre, l’autrice aborde un sujet peu lu dans les mangas en général : la surdité mais pas celle où on n’entend plus rien, celle juste où on entend moins bien, mais qui est tout aussi gênante. On suit donc un jeune étudiant un peu fou fou qui va tomber par hasard sur un malentendant. Une belle amitié et plus va se nouer entre eux. Taichi vient d’une famille dysfonctionnelle, il a été recueilli par son grand-père qui ne roule pas sur l’or et a besoin de travailler pour payer ses études. Or comme il a le poing facile, il se fait virer de partout. C’est alors que par hasard, il tombe sur Kohei, un jeune malentendant avec qui il partage un déjeuner. Il va voir en lui, le moyen de manger gratuitement tout en l’aidant à prendre des notes de ses cours.

La mangaka nous parle ici de deux jeunes à la dérive. L’un s’énerve pour un rien et laisse le temps passer sans vrai but dans la vie. L’autre s’est complètement refermé sur lui-même après plusieurs déceptions à cause de son handicap. Leur rencontre va d’abord donner naissance à une belle amitié où chacun va trouver profit de la situation de l’autre pour arriver à trouver sa place dans leur relation naissante. Kohei est celui qui va peut-être le plus profiter de cette relation ici parce que le caractère enjoué et solaire de Taichi va le tirer de la noirceur dans laquelle il était tombé. C’est beau et touchant de le voir retrouver la parole, trouver sa place dans leur relation et au sein de la société. Le chemin n’est pas encore terminé mais un bon bout a déjà été accompli.

Dans ce yaoi, j’ai aimé que la relation entre les deux héros démarre par une amitié et que les sentiments amoureux, si on peut déjà parler de sentiments amoureux, ne naissent que progressivement et maladroitement, et cela en dépit du fait que ce soit deux hommes, parce qu’on sent bien que le propos est ailleurs, plus vaste qu’une simple relation homosexuelle. On parle surtout de handicap, de bienveillance envers les handicapés, d’adaptation de ceux-ci à notre monde mais aussi de notre monde à eux. C’est vraiment un très beau titre, triste et dur parfois, mais plein de promesses.

Tome 2 : A la poursuite du bonheur

Dans ce second tome encore plus épais que le premier, nous poursuivons les aventures de Kohei et Taichi, la découverte maladroite de leurs sentiments, la poursuite de leur travail d’acceptation du handicap par eux et par les autres, la découverte d’un but dans leur vie. Hidamari ga kikoeru se révèle ainsi un titre assez complet quand il traite du handicap mais aussi de la vie estudiantine.

Dans ce tome, on voit un peu plus les personnages secondaires qui gravitent entre les personnages. La mangaka développe son univers en même temps qu’elle creuse leur relation et leur caractère. Ils sont tous les deux de plus en plus touchant de part la maladresse qu’ils mettent à se dévoiler l’un à l’autre. Taichi n’est plus seulement un jeune fou fou qui part dans tous les sens sans savoir où aller. Kohei n’est plus seulement un jeune malentendant mal dans sa peau et refermé sur lui-même. Chacun d’eux fait des efforts pour avancer et progresser. Ils se trouvent un but dans la vie, s’ouvrent aux autres, et apprennent ainsi à de connaître, se comprendre et réalisent aussi leurs sentiments l’un pour l’autre même si l’on sent que rien n’est simple et évident pour eux. Fumino Yuki brosse ainsi le portrait de l’évolution naturelle d’une relation amicale vers une relation amoureuse avec une grande douceur et beaucoup de justesse. Elle nous fait passer par toutes les étapes possibles hésitations, indécisions, incompréhensions, malentendus, etc. Je suis fan.

Les dessins eux sont toujours aussi beaux, doux, fins, avec plus de décors que ce que l’on voit habituellement dans les yaoi. A l’image de cette seconde couverture, on sent l’histoire plus lumineuse et enjouée. Dans ce tome, on aborde la transition entre la vie étudiante et la vie active, qui sera au coeur de la série spin-off qui devrait arriver prochainement. Ça me tarde déjà !

Hidamari ga Kikoeru – Limit : Tome 1

Avec Limit, Fumino Yuki nous propose de découvrir la suite des aventures de notre gentil couple maintenant que Taichi est entré dans le monde du travail. Nous avons donc droit à une histoire sur comment maintenir une relation de couple quand l’un travaille et que l’autre est étudiant.

Kôhei et Taichi ont chacun accompli bien du chemin depuis les débuts de cette saga. Dans ce premier tome de Limit, nous nous concentrons sur Taichi, celui qui travaille désormais. Nous le voyons donc, avec le sourire, commettre les mêmes maladresses au travail qu’il le faisait dans ses études. C’est toujours quelqu’un de fonceur, d’honnête et profondément gentil mais qui ne pense pas toujours plus loin que le bout de son nez, ce qui aura vite fait d’agacer son chef M. Chiba.

Bien sûr quand l’un des deux travaille, l’autre membre du couple peut expérimenter bien des déconvenues et c’est ce que l’autrice cherche à nous montrer avec Kôhei, qui non seulement ne voit plus beaucoup Taichi, mais qui en plus commence à être bien jaloux du fameux Chiba dont il parle tant. C’est amusant de voir Kôhei jaloux, il essaie de se montrer plus possessif mais sa gentillesse revenant vite au galop l’empêche d’aller trop loin.

Dans ce premier tome, nous alternons donc entre petits moments drôles de la vie de Taichi au travail + quelques leçons de vie qu’il reçoit là-bas en se confrontant au handicap dans le monde du travail ; et petits moments doux entre Kôhei et lui, même s’ils sont peu nombreux, ils gardent tout leur sens car ils se soutiennent l’un l’autre (Taichi avec son grand-père malade, Kôhei avec ses doutes sur sa surdité). Je suis impatiente de découvrir la suite.

Hidamari ga Kikoeru – Limit : Tome 2

C’est toujours un plaisir de retrouver l’univers de Fumino Yuki mais je dois avouer qu’ici, presque un an après le 1e tome, j’ai eu du mal à me rappeler de tout et notamment de l’ensemble des personnages cités ou rencontrés. Du coup, ma lecture fut un peu ardue par moment.

En plus, dans ce nouveau tome, nous entrons dans une période un peu sombre de l’histoire. Les deux héros n’arrivent plus à se comprendre et à communiquer. Chacun se méprend sur les intentions et les désirs de l’autre, le blessant et étant blessé à son tour. C’est assez triste de les voir ainsi. Cependant j’aime les interrogations que la mangaka continue à soulever sur le handicap, les handicapés, les réactions de la société face aux handicapés, leur intégration ou au contraire leur exclusion, la ségrégation qu’il peut y avoir des deux côtés, etc. C’est dur mais très riche.

Le seul petit défaut, c’est que je trouve que la romance tourne en rond. Il ne se passe pas grand-chose entre eux, c’est très platonique et donc assez frustrant. On les voit beaucoup se prendre la tête pour pas grand-chose, alors qu’il suffirait de se poser et mettre les choses à plat. Heureusement, pour contrebalancer l’autrice amène de la fraicheur avec les autres personnages autour d’eux. J’ai beaucoup aimé découvrir la relation entre Ryû et son frère, Chiba, où comment faire quand votre frère né sourd et que vous ne l’êtes pas. Ce sont deux personnages à la relation complexe mais aussi très intéressant individuellement dans leurs choix de vie et de carrière. J’ai aussi aimé la réaction de la mère de Kôhei face au réalisateur qui voulait profiter d’eux et du handicap de Kôhei.

En conclusion, malgré de légères difficultés à re-rentrer dedans après tout ce temps et une romance qui ne demande qu’à avancer une bonne fois pour toute, j’ai encore une fois été soufflée par ce boys love sur le handicap. Les dessins sont à tomber, l’atmosphère est poétique à souhait avec sa touche douce-amère. C’est l’un des plus beaux BL du marché !

Hidamari ga Kikoeru – Limit : Tome 3 (fin)

Avec ce copieux volume, l’autrice vient conclure cette histoire qui lui tient tant à coeur et dont pourtant elle aimerait nous conter la suite. Qui sait, peut-être cela se fera-t-il plus tard. Je croise les doigts car cet ultime opus fut une jolie bouffée d’émotion.

Après un tome 2 assez sombre avec des héros perturbés par leur relation, leur handicap, la vie, il était temps de les faire avancer à nouveau sur la bonne voie. L’autrice prend son temps pour les ramener l’un vers l’autre et en profite pour les faire grandir à côté. Elle nous propose également un pas de côté pour encore mieux connaître ceux qui les entourent et qui côtoient aussi le handicap, ce qui donne un tome très riche sur cette question qui devrait être plus centrale dans nos quotidiens.

J’ai beaucoup aimé le focus sur Ryu et son grand frère, ayant moi-même une jeune soeur handicapée, je me suis retrouvée chez ce grand frère qui fait tout pour le petit. C’était touchant de découvrir tout ce qui les avait mené à ce qu’ils sont aujourd’hui, de leur relation fusionnelle, au sentiment de mal être ressenti par Ryu en grandissant en voyant les « sacrifices » de son frère, jusqu’à leur explication pour que celui-ci comprenne que non son grand frère n’a rien sacrifié pour lui, mais a juste fait ce qu’il aime. J’ai adoré !

En plus, cela a permis de parler de la société de Yuichi, qui travaille auprès des entreprises à l’aide de séminaires et jeux de rôle pour qu’elle se rende compte du quotidien des handicapés. Cela a permis une immersion nécessaire et une prise de parole libératrice pour exorciser certains démons et remettre en place des personnages ayant une vision assez nulle, disons-le, du handicap où selon eux ce sont aux handicapés de s’adapter et non l’inverse ! Ici, l’autrice met les pieds dans le plat et nous met face à nos limites et à ce qu’on doit accomplir pour les dépasser et inclure tout le monde, dans la mesure du possible, dans la même société. J’ai été très touchée par ce discours qui a raisonné en moi.

Mais soyons honnête, c’est de la romance dont j’attendais le plus de choses. Celle-ci a été longtemps mise de côté et reste assez légère dans le sens où les déclarations et scènes entre les héros sont peu nombreuses au final dans cette suite, à mon grand dam. Ainsi, j’ai grappillé chaque scène qui pouvait mener au retour de ce couple et j’ai pris double dose d’émotion à chaque fois. Il faut dire que l’autrice sait y faire en utilisant en marge les personnages secondaires de l’histoire pour pousser ses héros à réaliser leurs sentiments et la nécessité de leur relation. Que ce soit avec leurs amis de fac ou avec leur famille, les héros, sans qu’ils le sachent, sont bien entourés. J’ai adoré l’épisode avec le grand père de Taichi, cette figure paternelle tellement ouverture et soutenante. J’ai trouvé adorable l’épisode avec Maya la bonne copine qui ne peut que tirer un trait sur ses propres sentiments tant elle sent leur relation puissante, essentielle.

Mais justement quelle frustration d’avoir encore au bout de tant d’années, ils se connaissent quand même depuis le lycée, une relation aussi tâtonnante et peu tactile ^^! Taichi est vraiment un gamin malgré la maturité dont il sait faire preuve parfois. Heureusement que tel dans un kdrama les deux héros se retrouvent et s’ouvrent leur coeur, mais j’aurais vraiment aimé quelque chose de plus mature, car j’ai l’impression, avec eux, d’en être encore au stade du collège… Alors certes, c’était touchant et puissant de les entendre parler de leur relation, du handicap de Kohei, de leur dépendance mutuelle, de leur envie de forger quelque chose de durable ensemble, mais j’ai vraiment eu un sentiment de trop peu. Frustration puissante quand on voit les quelques pages pleines de désir brut que l’autrice est capable de nous servir parfois quand les émotions sont trop fortes pour les retenir. Ainsi, il me manque le récit de ce quotidien à deux tant promis où on les verrait enfin avancer dans leur couple aussi.

Fan de l’atmosphère pleine de bienveillance de la série. Fan de son traitement réaliste du handicap et des mots que l’autrice pose sur notre société si peu adaptée qui doit faire des efforts pour plus les inclure. Fan de la douce romance qui se noue et de la luminosité profonde des sentiments des deux héros. Je reste cependant sur ma faim avec cette fin bien trop rapide. Après une première série en deux tomes où les héros se découvraient au lycée, j’attendais de cette suite où ils sont étudiants puis jeunes actifs quelque chose de plus mature, une histoire passant à la vitesse supérieure et j’ai eu l’impression que l’autrice tournait un peu en rond. Ainsi même si j’ai adoré les personnages et le cadre de l’histoire, j’aimerais vraiment qu’elle les reprenne pour aller plus loin.

14 commentaires sur “Hidamari ga kikoeru de Yuki Fumino

    1. Je comprends ton envie d’en lire d’autres comme ça, il est tellement bien !
      Dans les Boys Love, si tu ne connais pas, je te conseille les titres de Ringo Yuki ou encore de Kii Kanna.
      Sinon dans un tout autre style, tu as Silent Voice sur une fille sourde. Moi, je n’ai pas trop aimé mais beaucoup de gens le trouve génial.
      Enfin Yuki Fumino a aussi écrit un josei qui parait chez Akata : Tant que nous serons ensemble ^^

      J’aime

      1. C’était effectivement plutôt pour les BL que je demandais ^^ Je connais déjà le travail de Kii Kanna, dont je suis fan, mais pour Ringo Yuki, merci, je vais me lancer dans la découverte ce soir.
        Et je connais également Silent Voice et le nouveau manga de Fumiko Yuki (qui est d’ailleurs très audacieux !)

        Aimé par 1 personne

      2. Je vois que j’ai affaire à une connaisseuse 😉
        Après, je ne suis pas hyper calée en BL j’en lis peu alors j’essaie de les choisir mais Fumino Yuki a vraiment une sensibilité bien à part.
        (+1 pour le sujet très audacieux ^^!)

        Aimé par 1 personne

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