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La Princesse et la Bête de Yu Tomofuji

Titre : La Princesse et la Bête

Auteur : Yu Tomofuji

Éditeur vf : Pika (shojo)

Année de parution vf : Depuis 2018

Nombre de tomes vf : 9 (en cours)

Histoire : Un territoire défendu, plongé dans une atmosphère impure… C’est là que vit un peuple de créatures étranges qui autrefois dominait et dévorait les hommes. Salifie est le 99e sacrifice offert à leur terrifiant roi. Or la jeune fille ayant été élevée pour devenir une offrande, ne craint pas le souverain et attend sagement la nuit de la cérémonie. Lorsque celle-ci découvre le secret de ce roi qui n’a pas de nom, une légende s’écrit…

Mon avis :

Tome 1

Sur les recommandations insistantes de mon amie des Voyages de Ly, je me lance dans l’aventure de la Princesse et la Bête. J’avais peur avec ce titre de tomber sur une copie de The Ancient Magus Bride, Somali et les autres titres dans cette veine. Si je retrouve certains éléments, nous sommes ici plus dans un univers proche de la Fantasy que dans le pur fantastique comme ces deux-là. On a donc droit à plus de politique et ça m’a assez plu.

J’ai tout d’abord aimé retrouver des influences assez variées dans ce titre, ça va de l’Egypte des Pharaons, à la Belle et la Bête, en passant par Shéhérazade, et ça donne un savant mélange enchanteur. On découvre au fil des pages un univers très inspiré de la fantasy avec des royaumes dirigés par des animaux anthropomorphes. Le bestiaire est d’ailleurs assez riche. Au sommet, nous retrouvons un roi tout puissant qui commande à ce petit monde grâce à des pouvoirs magiques dont il use avec parcimonie. On a donc tous les éléments du titre de fantasy classique : politique, magie, imaginaire.

Cependant l’intrigue se développe un peu trop rapidement dans le premier chapitre, qui a tout du oneshot et qui aurait pu se suffire à lui-même. On y découvre un univers où les humains et les bêtes se sont affrontés, les bêtes ont gagné et les humains doivent leur donner régulièrement un tribut vivant pour que le roi le sacrifie. Le sacrifice du jour est une jeune humaine, Selifie, qui a depuis toujours été destinée à tenir ce rôle. Du coup, elle n’a pas peur du sort que va lui réserver le roi et c’est ce qui va changer la donne par rapport à ses prédécesseurs.

Honnêtement, ça n’a rien d’extraordinaire mais l’ambiance est très agréable. C’est moins sombre que The Ancient Magus Bride auquel ce titre ressemble beaucoup, c’est plus drôle et plus mignon. Pour autant, petit à petit, des éléments plus complexes pointent le bout de leur nez et c’est totalement bienvenu. En effet, les relations entre humains et bêtes sont tendues suite aux différentes guerres. Il y a également des luttes de pouvoir et d’influence au sein des royaumes animaux. Le roi, lui-même, cache un secret qui peut être lourd de conséquences. On retrouve ainsi des thèmes intéressants : le poids du pouvoir, le poids de la différence, la difficulté à être pacifique dans un univers guerrier.

Pour finir, comme nous sommes tout de même dans un shojo, parlons de la relation entre les deux héros. Ils sont assez mignons entre eux, notamment parce que l’héroïne a du répondant et que le roi, de part son secret, s’ouvre avec elle. Cependant, j’ai été plusieurs fois dérangée par le rôle très classique attribué à la femme, soutien et réconfort de l’homme de pouvoir, et surtout par le côté sexuée voire sexuel qui intervient alors que pour moi l’héroïne est bien trop jeune pour ça. C’est vraiment dommage parce qu’en dehors de ça, je trouve les débuts de leur relation assez attachants.

Nous voici donc avec la Princesse et la Bête avec un titre à l’univers classique et pourtant original par rapport à la production actuelle. Les dessins sont doux et énergiques à la fois. J’aime le look qui est donné aux animaux anthropomorphes. Malgré un premier chapitre trop rapide, la suite prend un peu plus son temps et je préfère. On découvre ainsi des enjeux qui pourraient devenir intéressants et plus profonds par la suite. C’est une jolie découverte.

Tome 2

L’histoire prend son envol dans ce nouveau tome où l’autrice réutilise ses bonnes idées du tome 1 en allant plus loin.

Nous suivons ainsi une romance de plus en plus adorable mais qui sait également gagner en maturité avec une héroïne qui non seulement se questionne sur ses sentiments mais également sur ce qu’elle peut apporter à son partenaire. Bon, j’ai toujours du mal sur la différence de maturité que je ressens entre les deux, mais je pense que ça m’est propre.

En parallèle, on voit des complots naître au sein même du palais, au coeur du pouvoir. C’est passionnant et c’est fait avec pas mal de subtilité, au point qu’on se demande si c’est juste fait par méchanceté où s’il n’y a pas un vrai but plus altruiste derrière. Je trouve en cela les personnages bien travaillés et le fait que ce soit des animaux joue beaucoup aussi sur l’originalité du récit. L’autrice aime bien jouer sur les caractéristiques propres à chaque espèce.

Elle a ensuite la bonne idée d’introduire des épreuves afin que Salifie justifie sa place auprès du roi, et j’ai trouvé que ça dynamisait bien la fin du tome qui avait démarré sur un ton peut-être un peu plus humoristique qui n’allait pas forcément mener bien loin. Oui, c’est sympa de doter l’héroïne d’une bonne amie dans le palais, mais il faut plus ensuite pour corser l’histoire et c’est ce qu’a apporté ce ressors narratif. Au passage, cela a permis d’amener une nouvelle mascotte juste excellente avec notre petit phénix.

Je ressors donc à nouveau conquise par ce tome avec son histoire mélange de récits animaliers et des mille et une nuits. C’est drôle, c’est touchant, c’est énergique et parfois sombre et torturé. Une vraie réussite inattendue.

Tome 3

L’autrice continue de nous surprendre avec ce nouvel opus, malheureusement pour moi, ce n’est pas forcément de la meilleure des façons. En effet, elle choisit de casser un peu le rythme instaurer pour placer une intrigue qui court sur l’ensemble du tome. Et l’intrigue choisie pour cela est en plus assez basique et classique : l’arrivée du rival amoureux de Leonhart… En soit, ce n’est pas si mauvais que ça, mais j’attendais plus de cet univers. Ici, je n’ai rien appris de plus. J’ai juste vu quelque chose d’attendu : un garçon humain en colère comme jamais contre ceux responsables de la perte de sa famille, ce qui est fort compréhensible. Et que lui oppose-t-on ? La fille dont il est amoureux, qui s’est mis à comprendre les démons en vivant avec eux, et qui lui dit qu’il y en a des gentils parmi eux. Bref, rien de transcendant. Tout est assez évident. Alors, oui c’est bien bien dessiné, bien raconté. C’est dynamique. Il y a de l’humour et de l’émotion. Mais c’est sans surprise. Je suis un peu déçue…

Tome 4

Après l’écart de la dernière fois, l’histoire repart sur de meilleurs rails cette fois grâce à un tome consacré aux différences entre les humains et les démons. On reparle de ces vieilles questions que sont la tolérance et l’acceptation de l’autre. C’est l’un des thèmes centraux de la série et l’autrice y revient régulièrement. Ici, elle se sert bien sûr de la figure de Salifie pour ça, mais également d’un peuple de démons qu’on n’avait pas encore vu, les poissons et affiliés. C’est classique et gentillet mais assez bien fait. On devine facilement les rouages mais on se laisse prendre par la bonne humeur et l’entrain à toute épreuve de la future reine. C’est très bon enfant malgré la question sérieuse qui est soulevée. Après, je reste clairement sur ma faim, c’est trop léger et surfait pour le moment, ça manque de profondeur et de noirceur pour moi. On est sur un titre pour les plus jeunes et non pour les adultes et cela s’en ressent.

Tome 5

Après deux tomes un peu en-dessous, je renoue avec ce qui m’avait plu dans la série au début. Nous sommes toujours en plein test de Salifie pour voir si elle fera une bonne reine. Ça reste difficile parce qu’elle n’est toujours pas accepté par l’entourage du Roi, en particulier le mystérieux Anubis sur lequel on va se concentrer ici.

J’ai beaucoup aimé découvrir un pan de son histoire et de la construction de son caractère grâce au flashback que nous accorde l’autrice dans lequel on le découvre enfant lors de ses premiers temps auprès du Roi. Ils sont d’abord mignon tout plein. Leo a déjà un grand coeur maintenant mais c’était encore plus flagrant avant. Anubis a sale caractère maintenant mais c’était déjà le cas avant, c’est juste amplifié depuis qu’il a décidé de servir le Roi envers et contre tout. Du coup, cela donne un tome vraiment ultra adorable mais aussi porteur de sens, qui montre comment se bâtit une relation d’amitié et de confiance, mais également de Roi à serviteur.

Les petites touchantes d’humour et de douceur apportées en plus sont alors totalement les bienvenues, que ce soit au début avec la fin de la rencontre avec le Duc de Galois, ou à la fin avec la transformation de Leo en humain qui coince. L’autrice est à l’aise dans les deux registres et elle étoffe ainsi sa galerie de personnages auxquels on s’attache de plus en plus. Un tome qui ne révolutionnera rien mais qui était très mignon à lire.

Tome 6

Ce nouveau tome est dans la droite ligne des précédents. On reste sur une histoire extrêmement mignonne où l’on suit le rapprochement entre Salifie et le roi, tandis que la première mûrie et gagne sa place en tant que reine. J’aime beaucoup le mélange et la tonalité très douce qui se dégage de l’oeuvre sans pour autant que les personnages soient mou du genou.

Au contraire, dans ce tome chacun d’eux s’affirme. Leo ouvre le tome avec un très beau mouvement de majesté où il communique à chacun ses ambitions en tant que roi. Il prend aussi la décision d’épauler plus ouvertement Salifie dans ses épreuves. Cette dernière va assumer pleinement sa place à ses côtés, ça fait plaisir à voir, et ça donne presque le sentiment qu’Anubis va arrêter de leur mettre des bâtons dans les roues, ce serait bien.

L’autrice n’oublie pas en parallèle de développer son univers et son bestiaire. On découvre cette fois le pays des félins, le temps d’une histoire vraiment touchante sur une mère et sa fille qui cherchent maladroitement à renouer. J’ai presque versé ma petite larme lors du dénouement. Je regrette juste qu’à chaque fois que ce genre de découverte à lieu, le peuple en question soit un peu trop abandonné par le suite, j’espère que ce ne sera pas le cas ici aussi, mais je crains que si, puisque c’était surtout l’occasion de mettre en avant Salifie dans ses nouvelles responsabilités.

Tome 7

Pas trop de changements ici, l’autrice semble avoir trouvé la bonne recette pour faire fonctionner et avancer son histoire et ça lui réussi plutôt bien. Je n’ai pas ressenti l’ombre d’un ennui ici et j’ai passé un bon moment de lecture malgré un petit détail qui est venu me déranger en cours de lecture.

Les débuts sont consacrés à la fin de l’intrigue avec le royaume des chats. C’est l’occasion de voir la bête à appeler du roi mais aussi pour Salifie de s’affirmer comme future reine. Jusqu’ici on a tout bon, le souci est venu juste après avec l’interrogation posée quant à la future descendance. Je n’ai pu m’empêcher de tiquer à la fois sur la différence d’âge des héros mais également sur la différence d’espèce. Oui je sais, on est dans un titre de fantasy mais ça ne justifie pas ce malaise. Heureusement on oublie tout ça très vite pour parler brièvement de la relation entre Leo et son père qui est fort triste.

La seconde partie m’a bien plus intéressée avec la séparation temporaire du couple royal dont l’un doit se rendre au chevet d’un puissant mourant et l’autre d’une armée qui a besoin d’être encouragée. C’est l’occasion de voir comment ils se débrouillent seuls. C’est encore assez discret du côté de Leo, mais j’espère bien le revoir. On s’intéresse plus à Salifie et au nouveau personnage haut en couleur qui la rejoint en tant que chef de sa garde, un jeune hyène qui a tout à prouver. C’est un archétype connu mais le personnage un peu fou fou, cabotin et fier à bras fonctionne bien. J’ai hâte de retrouver tout ce beau monde.

Tome 8

La série, décidément, continue sur sa bonne pente. C’est toujours le même discours mais l’histoire évolue dans la bonne direction même si c’est un peu lent.

Salifie et Leo sont séparés, chacun devant travailler de son côté, mais celle-ci s’en sort plutôt bien, c’est surprenant. Elle mène sa mission haut la main et va même plus loin en gagnant la fidélité de Lant. Grâce à son intervention, elle a su montrer à ce dernier que ses préjugés n’étaient pas forcément juste et qu’il y avait des personnes puissantes qui gagnaient à être connues. J’aime vraiment ce nouveau duo.

Vient ensuite le temps de rentrer et de retrouver Leo, alors que ça devrait couler de source, ce n’est pas aussi simple, parce que Sali commence à réaliser de plus en plus le sens de ses sentiments pour lui. Ceux-ci sont forts, complexes, et impliquent des choses nouvelles pour elle, qu’elle ne maitrise pas. C’est mignon tout plein pour nous lecteurs de la voir ainsi devoir demander conseil à ses amies. Cependant, je dois avouer que ça ne casse pas trois pattes à un canard non plus, surtout que je suis toujours autant perturbée par le côté zoophile de la chose quand je vois Sali avec Leo sous son apparence de bête… Mais au moins, leur relation évolue.

J’ai cependant été ravie de voir l’autrice revenir vers l’ami humain de Sali dans les dernières pages, pour ainsi nous livrer une belle histoire comme elle sait le faire sur la tolérance et la lutte contre le racisme sous toutes ses formes. C’est vraiment ça le coeur de l’histoire et ce genre de petit chapitre, qui ne mange pas de pain, mais qui met en avant des valeurs tellement positives, donne chaud au coeur et rappelle pourquoi il faut lire cette série.

Maintenant, il faudrait juste sortir un peu de ces petites histoires qui font si peu avancer l’intrigue et donner un coup de boost à celle-ci pour que la série ne traine pas trop en longueur et ne devienne pas anecdotique malgré ses belles idées.

Tome 9

Je commence à cerner l’autrice et ce qu’elle veut proposer dans son titre, je crois, et ce tome en est la parfaite illustration, un juste équilibre entre petite histoire personnelle douce amère et aventure politique plus sérieuse et stressante. Cependant malgré tout l’ambiance reste légère et pas aussi dramatique et lourde que dans d’autres titres.

Le tome démarre par un joli moment entre les personnages secondaires présents sur la couverture : Amito et Jormungand. La mangaka décide de faire doucement avancer leur romance mais avec beaucoup de pudeur. Ainsi, on les retrouve pris dans des sentiments complexes à cause des non-dits autour d’un talisman. C’est mignon et touchant même si ça ne casse pas trois pattes à un canard.

Non, j’ai été bien plus intéressée par la double intrigue politique qui s’est dessinée ensuite et qui met encore une fois chacun du roi et de la reine au coeur de l’action. Partis ensemble pour visiter un pays voisin, le Roi est rappelé brusquement à cause d’une menace qui le met dans tous ses états. Salifie, elle, décide de rester car elle perçoit quelque chose de louche chez le roi qui les accueille. Avec la même dynamique que précédemment, Sali se jette dans la gueule du loup pour dénoncer les atrocités de ce petit monarque absolu, qui dans le dos de Leo a rétabli l’esclavage qui est pourtant banni. Tout cela est rondement mené même si déjà vu. De son côté, Leo, lui va devoir affronter une révolte menée par la coalition de tous ceux qui sont contre lui. On sent que ça va être rude et nous n’en sommes qu’au tout début. A la tête de ceux-ci, de mystérieux canidés qui veulent en découdre et ont l’air bien menaçant. J’ai hâte de les voir en action.

Ainsi, comme d’autres tomes que nous avons déjà lus, l’autrice s’amuse à nouveau à mettre ses personnages en danger le temps d’intrigues politiques classiques mais bien menées et racontées, ce qui nous fait passer un bon moment à défaut d’avoir une lecture prenante et creusée.

Ma note : 14 / 20

16 commentaires sur “La Princesse et la Bête de Yu Tomofuji

  1. T5 « J’ai beaucoup aimé découvrir un pan de son histoire et de la construction de son caractère grâce au flashback que nous accorde l’autrice dans lequel on le découvre enfant lors de ses premiers temps auprès du Roi. Ils sont d’abord mignon tout plein. » tout à fait 🙂

    Aimé par 1 personne

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