Livres - Classique

Une femme d’imagination et autres contes de Thomas Hardy

Titre : Une femme d’imagination et autres contes

Auteur : Thomas Hardy

Éditeur vf : Le livre de poche

Année de parution vf : 1918 (1e édition vo : 1894)

Nombre de pages : 151

Résumé : Dans le sud-ouest de l’Angleterre, au début du XIXè siècle, quatre destins de femmes meurtries par l’amour : amour impossible pour un soldat étranger, amour ensorcelé pour un violoniste de village, amour contrarié par un fils trop rigide, amour rêvé pour un homme jamais rencontré…
Comme dans « Tess d’Uberville » et « Jude l’obscur », Thomas Hardy conte à merveilles dans ces courts textes les tourments de l’âme féminine et la brutalité d’une société où le sentiment n’a pas sa place.

Mon avis :

Tout comme Elizabeth Gaskell, dont je vous parlais hier, je connais surtout l’oeuvre de Thomas Hardy à travers leur adaptation télévisuelle (Tess d’Uberville, Loin de la foule déchainée) et quand j’ai essayé de lire certains de ses romans, ils me sont un peu tombés des mains, mais j’ai voulu lui redonner une chance à travers le format des nouvelles qui me séduit de plus en plus décidément.

Une femme d’imagination et autres contes est un recueil de 4 nouvelles : Le Hussard mélancolique de la Légion germanique, Le veto du fils, Le violoneux des contredanses et Une femme d’imagination, qui ont toutes pour point commun de parler de femmes meurtries par l’amour et par la vie. Ces nouvelles ne sont pas toutes de qualités égales, certains m’ont plus plu que d’autres, mais j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur et la construction de celle-ci, puisqu’en une trentaine de pages à chaque fois, il raconte énormément de choses.

La première nouvelle, Le Hussard mélancolique de la Légion germanique, est ma préférée. Elle raconte comme une jeune fille un peu indolente qui s’est fiancée pour faire plaisir à son père avec un homme dont elle n’a plus de nouvelles, va peu à peu se laisser séduire par un homme qui selon la société n’est pas fait pour elle. Bien sûr, cela ne va pas bien se passer, des obstacles vont apparaitre, et la fin sera tragique. J’ai trouvé la construction des sentiments de l’héroïne bien dosée et j’ai aimé la chute finale, dure mais réaliste.

La deuxième nouvelle, Le veto du fils, est celle qui m’a peut-être le plus dérangée. C’est l’histoire d’une femme dont le mariage n’a pas été très heureux et surtout qui ne trouve pas sa place dans sa famille. Une fois son mari mort, elle a l’opportunité de retrouver le bonheur mais son fils se met en travers de sa route. C’est très triste voire même dérangeant de la voir lui céder ainsi et la relation qu’elle a avec ce dernier et l’emprise qu’il a sur elle sont tristes mais très bien décrites. Une fois de plus, la fin est tragique, comme souvent avec cet auteur.

Je suis passée complètement à côté de la troisième nouvelle : Le violoneux des contredanses. C’est celle qui m’a le moins plu. J’ai trouvé la figure masculine assez détestable et l’héroïne bien falote par certains côtés, alors que l’histoire avait du potentiel avec cette femme célibataire qui tombe enceinte et décide de garder le bébé parce qu’elle a été ensorcelée par un violoniste de village.

Enfin, la dernière nouvelle : Une femme d’imagination, titre phare du recueil, n’a pas été l’apothéose que j’attendais. J’ai trouvé la romance de cette femme d’une grande banalité. Elle tombe sous le charme d’un homme qu’elle n’a jamais vraiment connu ni rencontré, ce sont ses écrits, sa photo et ce qu’on lui a dit de lui qui l’ont séduite. Ça fait penser à ces filles qui tombent amoureuses d’une star. Après Thomas Hardy le met bien en scène, on voit les difficultés de celle-ci dans son mariage, le manque de reconnaissance qu’elle subit, son immaturité, etc. Mais ça donne encore une vision de la femme assez pauvre.

Au final, dans ce recueil de 4 nouvelles, c’est la première qui m’a le plus enchantée suivie de peu par la deuxième. J’ai eu plus de mal avec les deux dernières. On retrouve des thèmes communs propres à l’univers de cet écrivain : une vision assez pessimiste de la vie conjugale et de l’amour en général où beaucoup d’élans se terminent en drame. J’avais peur de la vision de la femme qu’il donnerait, j’en ressors mitigée. Parfois, il les montre en femmes fortes affrontant l’adversité, tantôt en femmes immatures. Mais je n’ai jamais senti un regard vraiment négatif porté sur elles. A l’inverse, j’ai trouvé sa critique de la façon dont certains hommes se comportent avec elles assez acerbe, entre le fiancée qui délaisse sa promise, le père obtus qui veut obliger sa fille à faire ce qu’elle ne veut pas, le fils qui a honte de sa mère et la maintient sous sa coupe, le séducteur qui abandonne sa conquête et le mari qui ne s’intéresse plus à sa femme.

Ce fut donc une découverte intéressante. J’ai trouvé sa plume très agréable et pas du tout datée. J’ai aimé le format de ses histoires malgré les finaux assez brutaux et dramatiques. Ça m’a donné envie de redonner une chance aux romans de cet auteur anglais, mais peut-être pas les plus connus ^^!

Ma note : 14 / 20

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