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Le Procès Paradine d’Alfred Hitchcock [film]

Titre : Le Procès Paradine

Réalisateur : Alfred Hitchcock

Scénariste : David O. Selznick

Année : 1947

Pays : États-Unis

Durée : 2h05

Genre : Drame – Thriller

Acteurs : Gregory Peck, Ann Todd, Charles Laughton, Alida Valli, Charles Coburn, Louis Jourdan…

Histoire : L’avocat Anthony Keane est chargé de la défense de Mrs. Paradine, qui est accusée d’avoir assassiné son riche mari aveugle. Fasciné par la beauté de sa cliente, il se laisse aisément persuader de son innocence, d’autant plus qu’il ne tarde pas à s’amouracher d’elle, bien que marié lui-même avec une femme présentant toutes les qualités.
Le juge devant lequel se tiendront les audiences ne cache pas une certaine hostilité personnelle envers l’avocat, et la conduite du procès s’annonce rude, d’autant plus que Keane découvre à la « dernière minute » que la façade de respectabilité irréprochable de la belle Mrs. Paradine est quelque peu lézardée…

(Cliquez sur l’image pour lire la Chronique de Maggie )

Mon avis :

Toujours dans le cadre de mes visionnages communs avec Maggie de 1001 classiques, je poursuis ma découverte des Hitchcock près années 50.

Cette semaine, c’est au tour du Procès Paradine, un thriller judiciaire dont je n’avais pas vraiment entendu parler avant de fouiller la filmographie du réalisateur. Il s’agit du dernier film qu’il fera en collaboration avec David O. Selznick, celui qui l’avait invité à faire ses premiers pas à Hollywood. Le film adapte le roman Robert Smythe Hichens. Hitchcock est donc obligé de suivre le sujet imposé et écrit par Selznick, tout comme il se voit imposé le casting qui n’est pas celui dont lui-même rêvait. C’est avec ces contraintes qu’il se voit obligé de travailler et réussira quand même à tourner un film portant sa marque.

Dans ce drame, nous suivons un avocat de renom Anthony Keane, interprété par le jeune Gregory Peck, marié et heureux en ménage. Il doit défendre la belle Mrs Paradine (Alida Valli) qu’on accuse du meurtre de son riche époux aveugle. Tandis que se noue une relation étrange entre eux basée sur l’attirance de celui-ci pour la jeune veuve, il enquête tout de même sur ce qu’il s’est passé et découvre ses liens avec le valet de chambre de son mari. Peut-il encore la croire innocente ? Va-t-il aller jusqu’à risquer son mariage pour elle ?

J’ai beaucoup aimé ce drame qui se joue en plusieurs temps. L’histoire est très bien écrite je trouve. On sent monter l’attirance, malgré lui, de l’avocat pour sa cliente. Il se met à douter de sa culpabilité juste pour ça et alors même que pourtant il a une femme en or. On le sent vraiment tiraillé. A côté de ça, il enquête sur le passé de sa cliente et sur l’affaire, ce qu’il découvre ne parvient quand même pas à le faire changer d’avis tant il est envoûté. On dirait presque que Mrs Paradine agit comme la figure fantastique de la sirène sur lui. Il est incapable de s’en dépêtrer. Puis vient le moment du procès, qui donne son titre au film, et qui est le moment clé que l’on attendait tous.

C’est ici que l’histoire prend tout son sens et qu’on sent vraiment la présence d’Hitchcock, je trouve. Il s’amuse à y tester de nouvelles façons de capter et narrer son histoire. Pour cela, il utilise plusieurs caméras pour multiplier les points de vue lors de la captation du procès. Ça nous permet à nous spectateur de complètement nous immerger dedans, en suivant à tour de rôle les acteurs dans une espèce de continuité très fluide dans son mouvement. C’est assez bluffant pour l’époque. Il y a notamment cette scène fantastique qui accompagne l’entrée d’André (le valet) dans la salle du tribunal, où l’on ressent parfaitement quand Anna perçoit la présence d’André dans son dos. Ça signifie beaucoup pour le film. De la même façon, il y a aussi le même jeu lorsque le dernier rebondissement se produit. La caméra suit l’arrivée de l’homme l’apportant tandis que les questions se poursuivent avant de nous frapper un grand coup. J’ai vraiment adoré la réalisation de ces scènes. Pour autant, ce n’est pas seulement le côté technique qui m’a plu dans ce film, j’ai aussi trouvé l’histoire belle et prenante, que ce soit du côté de l’avocat mais aussi et surtout du côté de Mrs Paradine, et c’est dans ces dernières scènes où elle se dévoile le plus qu’elle est la plus touchante.

Mes seuls regrets viennent à la fois du choix du casting – j’ai trouvé Gregory Peck et Ann Todd, qui interprète sa femme, un peu faibles – ; et de la trame scénaristique autour de leur couple qui a été sous exploitée pour moi, alors qu’il y avait moyen de faire quelque chose de bien plus tragique et marquant. Leur dernière scène d’ailleurs tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et personnellement je l’aurais coupé au montage… C’est dommage parce qu’il y avait du potentiel.

Au final, j’ai beaucoup aimé ce film malgré ses imperfections. J’ai trouvé l’histoire autour de Mrs Paradine complexe, belle et prenante. J’aurais juste aimé voir ce qu’Hitchcock en aurait fait si on l’avait laissé libre de ses choix, ça aurait été un grand film, je pense, alors que là c’est juste moyen. Dommage. Reste des scènes encore marquantes grâce à son génie derrière la caméra et un film que je revisionnerais bien dans quelques temps.

Ma note : 15 / 20

♦ Pour retrouver l’avis de Maggie avec qui j’ai fait ce visionnage en commun, rendez-vous → ICI

6 commentaires sur “Le Procès Paradine d’Alfred Hitchcock [film]

      1. Avec grand plaisir, comme je te l’avais dit, je trouve ça très sympa et motivant pour avancer dans mes visionnages du réalisateur. Je me le note pour le 24 septembre alors 😉

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