Livres - Romance

Les MacCoy d’Alexiane Thill

Titre : Les MacCoy

Auteur : Alexiane Thill

Editeur vf : Hugo (poche)

Année de parution vf : Depuis 2019

Nombre de tomes vf : 2 (en cours)

Histoire : Et si les clans d’Ecosse n’avaient jamais disparu ? Et s’ils continuaient à diriger les Highlands à l’insu du reste du monde ? Quand Phèdre arrive à Édimbourg pour respecter les dernières volontés de son père, elle se retrouve malgré elle entraînée dans ce monde de clans et de querelles sanglantes qui lui est inconnu. Recueillie par le fougueux et irascible Caleb, chef du clan MacCoy, elle se révèle bientôt être une pièce maîtresse sur l’échiquier du pouvoir…

Mon avis :

Tome 1 : L’ogre et le chardon

Je ne suis pas une adepte des romances avec des Highlanders pour héros mais quand on me propose une uchronie où ceux-ci existent toujours à notre époque, je suis curieuse. Embarquons donc à la découverte de l’univers imaginé par Alexiane Thill, une jeune autrice française.

Je pense que beaucoup d’entre vous avez entendu parler d’Outlander, soit en livres soit en série, eh bien l’autrice aussi. Sauf qu’elle a décidé non pas de juste recopier la saga qu’elle a tant aimé mais de transposer le récit dans les temps modernes. Place à une Écosse du XXIe siècle où contrairement à ce qu’on croit tous, les Clans existent toujours et dirigent en douce le pays. Nous rentrons dans cet univers surprenant, alliant modernité et archaïsme, à travers le personnage de Phèdre, jeune étudiante française venue à Édimbourg le temps d’un échange mais surtout pour fuir les menaces qui pèsent sur elle.

L’ambiance de cette saga est très différente de ce à quoi je m’attendais. Je pensais tomber sur une romance somme toute classique pour un univers contemporain avec juste le folklore des Clans derrière, mais ce n’est pas ça du tout. Je pensais avoir une série où chaque tome serait consacré à un couple différent comme c’est souvent le cas dans les romances contemporaines, mais pas du tout non plus. En fait, on est vraiment à mi-chemin entre ces dernières et les romances historiques à l’ancienne et nous sommes plutôt en présence d’une saga qui va étaler son histoire sur plusieurs tomes, nous laissant ainsi le temps de découvrir ses personnages et de savourer leurs intrigues.

J’ai été assez surprise, tout comme l’héroïne, de découvrir un monde moderne cohabitant avec le monde ancien des highlanders, et j’ai été surprise également de découvrir non seulement une romance mais aussi une aventure à fond politique avec pas mal de dangers. En effet, avec Phèdre nous plongeons dans un univers inconnu celui des Clans du XXIe siècle qui n’ont malheureusement rien oublié de leurs traditions d’autrefois. Sans le vouloir, l’héroïne se retrouve ainsi la « Pupille » d’un chef de clan mineur qui va lui faire découvrir l’envers du décor ou ce qui se cache derrière le tableau idyllique vendu par les Ecossais aux étrangers. Rien n’a été oublié des temps passés, les Clans dirigent toujours tout en sous main et les conflits entre eux n’ont jamais cessé, et Phèdre va se retrouver en plein milieu.

J’ai aimé l’équilibre que l’autrice a su créer entre la romance et l’intrigue de fond qui joue sur le passé et la famille de Phèdre ainsi que le devenir du clan de Caleb ou l’Ogre comme on le surnomme, qui a pris Phèdre sous sa protection. C’est brutal, violent et passionné à la fois. Les deux se nourrissent l’une l’autre donnant une touche toute particulière à ce récit qui n’est pas sans rappeler les histoires de clans des MacKenzie dans les débuts d’Outlander, il n’y a que le décor moderne qui change et le rôle de l’héroïne qui est différent et plus important car plus au coeur de l’intrigue politique.

Cependant, j’ai également été profondément dérangée par le choix de l’autrice de ne pas avoir fait évoluer les Clans avec leur temps. On se retrouve encore avec une politique masculiniste toxique où les hommes se servent des femmes comme de monnaie d’échange, jouent les gros bras et où la virilité semble devoir être leur qualité première. Bof bof, ça ne me fait pas du tout rêver. Voir des femmes se faire malmener en permanence physiquement ou moralement, je n’aime pas. S’en servir comme d’un ressort scénaristique en permanence, je n’aime pas. De ce côté-là, je pense que l’autrice aurait pu et dû faire différemment même si ça aurait changé l’essence du titre.

Du coup, même si j’ai trouvé ma lecture très addictive, que j’ai aimé suivre les aventures de Phèdre, découvrir ce qu’elle et Caleb cachaient, quels étaient leur passé, m’amuser aussi de les voir se tourner autour comme des lions en cage, je n’ai également pas pu m’empêcher de trouver tout ça bien sordide et malsain parfois. Dur de s’attacher à des personnages à la morale si limite, de cautionner une histoire qui semble excuser des comportements inacceptables et d’apprécier une héroïne qui se laisse tant malmener au point de finir pour craquer pour son bourreau… Je suis assez mal à l’aise avec ça.

Pourtant j’ai envie d’aimer, parce que oui, c’est bien écrit. Le rythme est bon, l’aventure prenante. Les dialogues sont savoureux. La tension sexuelle est palpable entre les héros et leurs échanges sont d’autant plus électriques et passionnés. L’autrice développe une mythologie intéressante autour d’eux. La famille qui les entoure est prometteuse aussi, les membres du clan MacCoy étant tous des héros de romance en puissance et des hommes forts sur qui on peut compter même s’ils vivent à l’âge de pierre. Il y a aussi de l’humour dans certains échanges ou situations rocambolesques. Et puis, soyons honnêtes sous ses airs de Cro-Magnon Caleb est quand même vraiment craquant quand il abandonne son masque de chef et révèle ses failles. Phèdre est mignonne aussi quand elle prend confiance en elle et se rebelle. La description de ses troubles mentaux et de leurs manifestations sonnent juste également. La lente construction de leur relation est touchante aussi et en fera fondre plus d’un. Il y a donc de réelles qualités à ce récit si on fait abstraction des points dérangeants que j’ai soulignés.

Je ressors donc plutôt convaincue de ma lecture malgré de gros bémols. Je sais que je la poursuivrai mais avec l’espoir de voir certains défauts gommés et non aggravés sinon je sais que ce sera trop pour moi et que je devrais abandonner comme j’ai dû abandonner Outlander…

Tome 2 : L’ours et le Taureau

Le premier tome de la saga d’Alexiane Thill m’avait cruellement laissée sur ma faim dans les dernières pages, je n’ai donc pas résisté bien longtemps avant de me jeter sur la suite, qui disons le de suite clôt peut-être la romance entre Phèdre et Caleb, mais pas du tout l’affrontement entre tous ces clans de Highlanders.

Connaissant maintenant le genre d’histoire dans laquelle je m’embarquais, j’ai essayé cette fois de laisser de côté les points qui m’avaient dérangée dans la construction de l’univers, à savoir cette incohérence pour moi entre la volonté de l’autrice d’ancrer son récit dans notre temps et celui de conserver mes manières archaïques et misogynes des hommes de clans. Ça m’a permis de lire la suite des aventures de Phèdre et Caleb de manière plus sereine et heureusement vu tout ce qu’il leur arrive ici.

Dans ce deuxième tome, ils sont tous les deux séparés. Caleb se terre chez lui, ruminant la perte de Phèdre, mais ne sachant pas quoi faire parce qu’il est pris entre deux feux. Phèdre, elle, est retournée sur les terres de ses ancêtres mais n’arrive pas à surmonter la trahison de Caleb et les révélations sur son père, du coup elle ne s’investit pas dans la direction de son clan et ne trouve pas sa place, ce qui la rend malheureuse. Le début est vraiment rude. On se retrouve avec des héros qui se plaignent beaucoup trop et qu’on a rapidement envie de secouer ! Cela dure un certain temps et il faudra de la patience au lecteur pour suivre leurs jérémiades le temps qu’ils réalisent que c’est en affrontant leurs peurs et en se livrant leurs secrets qu’ils pourront enfin avancer.

Je n’ai pas beaucoup aimé les débuts de l’histoire à cause de ça. Je trouvais les deux héros très pénibles chacun dans leur genre. L’ambiance était lourde et malsaine. Mais c’était nécessaire pour poser l’intrigue voulue par l’autrice et la dépasser. Pour ça elle a su doser ses effets, ajoutant un peu de politique des clans par-ci, un peu de jalousie par-là, quelques bisbille au sein de telle famille à cet endroit, pour quand même dynamiser cette lecture et donner envie de rapidement découvrir la suite.

Heureusement parce que le tome s’est révélé très riche en aventures, retournements de situations, révélations et trahisons. Je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer. L’autrice a su exploiter l’ensemble des fils qu’elle avait lancés précédemment. Elle est revenue sur les alliés des uns, les ennemis des autres, les envies de vengeances, les doutes et les faiblesses de chacun, c’était très ingénieux. On passe d’une intrigue à l’autre avec beaucoup de facilité, un coup on suit Phèdre et son plan de vengeance, puis celui-ci s’en retrouve bousculé par Caleb qui agit sur un coup de tête et vient tout envoyer valdinguer pour complètement changer la direction du récit. C’est un sens du rythme que j’ai trouvé très agréable.

Alors bien sûr, on est jusqu’au cou dans les affaires des différents clans. C’est parfois assez emberlificoté d’ailleurs et on se demande comment ils vont pouvoir se sortir de ce jeu d’alliance qui tend à les obliger à faire des choses qu’ils ne veulent pas. Caleb se retrouve ainsi à cherche de nouveaux alliés parce qu’il voudrait se venger des MacKenzie mais ce sont les alliés des Campbell de qui il dépend aussi et qui cherche à récupérer Phèdre en utilisant le lien de Tuteur de Caleb. Cette dernière veut se venger de Caleb et pour cela les MacKenzie lui proposent une alliance mais elle doit arriver à se faire répudier pour cela, ce que Caleb ne veut pas. Quand je vous dis que c’est un vrai sac de noeuds ^^ Mais j’ai apprécié cela, cela forçait mon petit cerveau à chercher une solution pour défaire tout ça.

Toujours par rapport aux clans, j’ai apprécié de voir comment cela se passait quand un nouveau Chef comme Phèdre prenait les rênes. On découvre la vie interne dans le château avec ses conseillers qui se disputent et lui mettent des bâtons dans les roues. On assiste au sentiment de trahison de la population de l’île. A l’envie de Phèdre de reconstruire son héritage malgré les difficultés rencontrées. C’est dur, intime et passionnant parce que c’est en luttant contre elle-même que l’héroïne trouvera les bonnes réponses.

Du côté de la romance, on assiste à une intrigue complètement entremêlée avec celle de la politique des clans et c’est vraiment chouette. On n’a pas juste une romance pour une romance, mais plutôt une romance qui va servir à forger le caractère des personnages et les aider à survivre. Le couple s’est séparé sur de fausses présomptions et Caleb veut essayer de recoller les morceaux. Phèdre, elle, ne le veut pas mais la faiblesse de sa position de Chef/Pupille va l’obliger petit à petit à devoir accepter la gentillesse de l’ensemble des MacCoy, et à nouveau à leur contact, en étant aidée par ceux-ci sans qu’elle s’en rende compte, elle va construire sa nouvelle position de Chef de clan. C’est une très belle alchimie. Je ne veux pas trop en dire, mais on découvre enfin tout ce qu’ils cachent l’un et l’autre et c’est très puissant. Cela rend leur couple vraiment nécessaire et complémentaire, comme si le destin les avait réunis.

Enfin côté aventure, nous sommes également servis. La fin est extrêmement tendue et douloureuse. On ne nous épargne rien avant d’arriver au final attendu pour le couple. Ce n’est pas un happy-end pour autant, l’histoire des clans n’est pas finie par ailleurs et on assistera à la suite de leurs querelles dans le tome 3 qui devrait se focaliser cette fois sur l’une des soeurs de Caleb. J’ai hâte.

Ma note : 15 / 20

14 commentaires sur “Les MacCoy d’Alexiane Thill

  1. Je ne sais pas encore si je tenterai parce que tes bémols en sont de gros pour moi, mais d’un autre côté, j’adore l’idée de ce mélange entre modernité et tradition qui semble bien amené et plutôt original. A voir ton avis pour le deuxième tome, notamment sur l’évolution des personnages et la place de la femme…

    Aimé par 1 personne

  2. Cela m’intéresse même si les bémols que tu décris me rebutent un peu.
    Ce qui est marrant c’est que je viens tout juste de commencer Outlander… Je vais donc peut-être attendre un peu avant de commencer cette nouvelle série.
    J’adore l’histoire de l’Ecosse depuis très longtemps mais là deux d’un coup, cela risque de faire redondance !
    Merci pour la suggestion 🙂 .

    Aimé par 1 personne

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