Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Histoires courtes d’Aoi Makino

Titre : Histoires courtes

Auteur : Aoi Makino

Editeur vf : Soleil (shojo)

Année de parution vf :  2020

Nombre de pages  : 336

Histoire : Au travers de petites histoires courtes sur la vie d’adolescentes, Aoi Makino nous plonge dans leurs quotidien, leurs tracas, mais aussi leurs joies et leurs émotions. Tour à tour mélancoliques, engagées ou discrètes, chacune de ces héroïnes vivent des moments qui marqueront par la suite leur prochaine vie d’adulte.

Mon avis :

Découverte en mars de cette année, grâce à son titre Sayonara Miniskirt qui explore de façon assez franche l’univers des idols, Aoi Makino me semblait être une autrice à suivre. J’ai donc eu envie de lire son recueil de nouvelles que l’éditeur proposait également au même moment. Malheureusement, celles-ci, comme j’aurais pu m’y attendre, se sont révélées bien plus faibles et anecdotiques que sa saga en cours.

Il y a quelques année, l’éditeur Panini Manga, nous proposait déjà une autre série de l’autrice, The end of the world (voir couverture ci-dessus) qui avait eu un certain succès au Japon puisqu’il y avait eu 4 tomes. Cependant, à la fin de celle-ci, l’autrice était tout de même retournée aux histoires courtes de ses débuts et ce sont celles-ci nous que nous pouvons lire aujourd’hui dans le recueil proposé par Soleil. Elles sont au nombre de 4 :  Rec datant de 2010, Les malheurs de l’uniforme de 2018, Fin de cycle de 2010 et HAL de 2009.

Alors que Sayonara Miniskirt propose d’aborder différents aspect de la condition féminine et du sexisme, avec ces 4 nouvelles nous retombons dans ce qui se fait de plus classique dans les shojos mangas lycéens qui sont publiés en France avec de la romance et des histoires d’amitié sous forme de bluettes et de drames pour tirer des larmes aux lecteurs. Avec son dessin très typé Ribon, donc plutôt destiné à un jeune public, les histoires que l’autrice tente de raconter tranchent. Ça fait bizarre de voir des drames d’adultes se jouer avec des enfants qui ont l’air d’avoir 10 ans. Ajoutez à ça des expressions exagérées, des larmes à tire et larigot, des bons sentiments en veux-tu en voilà, j’ai l’impression que Soleil ne m’a pas vendu le titre comme il le fallait… Forcément mes attentes ont été déçues et ma lecture fut plutôt anecdotique car ce genre de pratique superficielle ne fonctionne pas forcément très bien sur moi.

Pour en revenir à chaque histoire, commençons par Rec, la plus longue du recueil, puisqu’elle s’étale sur près de 140 pages. On y suit un idol qui a décidé d’arrêter au fait de sa gloire pour redevenir un lycéen comme les autres. Sauf que les médias ne sont pas dupes et vont chercher à comprendre pourquoi il fait cela. De la même façon, dans son lycée, l’une de ses camarades voit bien qu’il cache quelque chose derrière son sempiternel sourire. Elle, qui n’arrive pas à verser la moindre larme (bonjour le cliché !) va donc commencer à s’intéresser à lui sous le prisme de sa caméra. Dans cette histoire, j’ai aimé la thématique sur le masque derrière lequel on se cache, celle sur les jugements qu’on peut porter à cause des apparences des autres, ainsi que celle sur le poids des médias, mais tout l’enrobage autour était en dissonance, de l’âge des héros, à leur caractère, en passant par le cadre du lycée. Donc ça a sonné faux pour moi, et même si ça se laissait lire et que le final dramatique était mignon, ce fut assez moyen.

La deuxième histoire, bien plus courte, était plus récente. Les malheurs de l’uniforme, contrairement à la première histoire, se passe au collège. Cette fois, il n’y a pas la moindre once de romance, on est à 100% sur une histoire d’amitié entre deux fillettes qui se connaissent depuis l’enfance et qui vont s’éloigner en entrant au collège. L’une attire tous les regards car elle est très belle, l’autre plus banale le vit très mal. Je n’ai pas accroché à cette histoire. J’ai trouvé les deux héroïnes particulièrement agaçantes et l’histoire très peu crédible. On se serait cru dans un mauvais téléfilm pour ados. Seul point positif, la passion de l’une des deux pour la photo.

Avec la troisième histoire, Fin de cycle, l’autrice s’essaie au thriller mais ça reste encore une fois bien gentillet. Sur 80 pages, on revient sur le thème du deuil, du ressentiment, de la culpabilité et du harcèlement scolaire, mais comme l’autrice a du mal à faire dans la nuance tout est poussé à l’extrême… Comme l’héroïne s’est vu remarquer par le copain d’une fille de sa classe, tout le monde s’est mis à la traiter comme une pestiférée, la harcelant et la traitant de pute. Fatiguée de tout cela, elle va chercher de l’aide auprès de sa soeur, qui lui fait du chantage. Elle doit l’aider à se venger d’un garçon « responsable » du handicap de son ancien fiancé pour qu’elle l’aide à son tour en la faisant changer d’école. Comment peut-on proposer un scénario aussi malsain dans une histoire destinée à un jeune public ? Heureusement que le présumé coupable se révèle adorable parce que sinon cette histoire aurait pu être catastrophique. Elle regroupe toutefois bien trop d’éléments que je trouve nocifs.

Enfin la dernier histoire, HAL, est cette fois une incursion dans le fantastique avec un Death Note à la mode shojo. Une lycéenne, qui excelle dans tous les domaines, voit sa place remise en question lors de l’arrivée d’une nouvelle élève. Pour apaiser son malaise, elle accepte donc l’offre du Dieu de la mort qui lui a proposé de l’effacer de sa vie. Mais la morale est sauve puisqu’elle va vite se rendre compte que ce n’est pas la solution. Franchement, il n’y a rien de neuf dans cette histoire non plus, c’est juste amusant de voir l’autrice reprendre les codes de Death Note mais version féminine et jeunesse. Sinon, 0 imagination.

Alors peut-être que les jeunes amateurs de shojo se plairont à lire ce recueil de nouvelles, pour ma part je suis assez déçue. Ça se laisse lire parce que l’autrice sait raconter des histoires, gérer le rythme de celles-ci et bien construire les personnages qu’elle y fait intervenir. Mais clairement, je n’ai pas du tout l’âge du public visé et ni les thématiques ni la forme que prennent ses histoires ne m’ont convaincue. C’est trop vu et revu, trop nocif parfois et trop surjoué la plupart du temps. Dommage. J’en resterai donc à sa série en cours, en espérant ne pas y voir poindre ces défauts.

Ma note : 12 / 20

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