Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Alpi the Soul Sender de Rona

Titre : Alpi the Soul Sender

Auteur : Rona

Editeur vf : Ki-Oon (seinen)

Année de parution vf : Depuis 2020

Nombre de tomes : 2 (en cours)

Histoire : Les esprits divins sont source de vie. Des communautés se forment sous leur protection, jouissant des bienfaits de leur énergie. Cependant, leur mort enclenche une malédiction qui détruit tout ce qui les entoure… C’est là qu’interviennent les soul senders ! Ces rares élus sont capables d’absorber la pollution maléfique et de délivrer l’âme des esprits qui, une fois apaisés, ne constituent plus une menace.
Malgré son jeune âge, Alpi fait partie de ces mages d’élite. Aidée de son fidèle serviteur Pelenai, elle fait de son mieux pour remplir sa tâche, en dépit des souffrances extrêmes provoquées par le contact avec les ténèbres divines. La fillette s’est lancée dans une odyssée à travers le monde sur les traces de ses parents, eux-mêmes soul senders et disparus au cours d’une mission…

Mon avis :

Tome 1

Dur dur de s’y retrouver dans cette vague de titres fantastiques qui se ressemblent un peu tous et qu’on peut trouver à foison chez certains éditeurs. Du coup, je n’étais pas forcément tentée par Alpi au début pensant tomber sur quelque chose de déjà vu et peut-être un peu trop enfantin au vu des traits de l’héroïne. Mais la douceur qui se dégageait des illustrations de couvertures et surtout la résonance qu’elles avaient en moi avec l’univers de Princesse Mononoke m’ont donné envie de lui laisser sa chance.

Rona est une autrice totalement inconnue chez nous. D’ailleurs Alpi ou Soukon no Shoujo to Sourei no Tabi (en japonais) est la seule série que je lui connais. Débutée en 2018, elle compte à ce jour seulement 4 petits tomes, c’est dire le temps que l’autrice prend pour soigner ce titre issu duWeb Comic Zenyon de Tokuma Shoten que Ki-Oon a classé dans sa collection seinen.

Comme je l’avais pressenti Alpi the Soul Sender est une belle fable écologique comme le fut Princesse Mononoke dont on sent clairement l’influence monter au fil des chapitres. Ceux-ci propose à chaque fois une aventure ou plutôt une mission où l’héroïne, Alpi, va renvoyer dans l’au-delà l’âme d’une créature divine qui vient de mourir, pour ainsi apaiser la nature et laisser la place à une nouvelle créature qui pourra à nouveau apporter des bienfaits à l’homme.

Nous sommes en plein dans le crédo shintoïste si cher aux Japonais. J’ai beaucoup aimé retrouver cette influence animiste dans l’ambiance du titre. Cela donne un récit doux et mélancolique où l’amour pour la nature et ses créatures est palpable partout. Mais pour autant l’autrice n’est pas aveugle en ce qui concerne la nature humaine, elle livre un portrait de celle-ci bien fidèle où l’on croise aussi bien des adorateurs de la nature que des exploitants de celle-ci. La seule chose, c’est que dans ce titre, c’est toujours un peu « tout est bien qui finit bien ». Cependant au fil des tomes, on passe de villageois tous hypers gentils et bienveillants envers l’héroïne à des citadins bien plus intéressés et dévastateurs parfois pour la nature. Le récit se complexifie.

Celui-ci prend place, donc, dans un univers fortement influencé par le shintoïsme, ce que l’on retrouve vraiment dans les dessins de Rona. Les paysages sont variés mais toujours superbes, on passe de la forêt, aux bords d’un lac avec cité lacustre, à une ville inspirée de l’ancien Moyen Orient, à des plaines désertiques et à une ville dans les rochers. Cela s’accorde avec les créatures que l’on croise qui sont également tour à tour forestière, aquatique, aérienne ou de feu. On sent vraiment que l’autrice se fait plaisir dans la recherche de leur identité graphique, tout comme dans les costumes dont elle affuble ses personnages principaux et secondaires, ou dans tous les artefacts et lieux croisés. J’ai adoré et j’ai trouvé le trait fin et détaillé. J’avais quelques craintes sur le design très lolita de l’héroïne mais en fait, je me trompais totalement et on n’est pas du tout là-dedans au final malgré les apparences.

Le titre est également vraiment empli de belles valeurs. On ressent l’attachement de l’autrice à la nature et dont à l’écologie sous toutes ses formes, mais elle nous parle également de famille, d’amitié, de foi, de connaissance, d’artisanat, etc. C’est très riche.

On pourrait croire le titre un peu lisse, le début le fait croire avec ses chapitres au format classique et répétitif, où un chapitre = une mission, un lieu, une créature. Mais petit à petit, en découvrant la rudesse du travail de la Soul Sender, l’âpreté du monde dans lequel elle vit, le destin tragique de bien des habitants et la tristesse de la disparition de ses créatures, on sent bien que le titre est plus profond que ce que laisserait croire un rapide premier coup d’oeil.

Pour ma part, j’ai vraiment été charmée par ma rencontre avec cet univers shintoïste assez proche, en plus léger et positif tout de même, de celui de Princesse Mononoke. L’autrice propose un monde où la nature et ses créatures tiennent une place importante mais pas au point d’oublier le reste, et le format à épisodes, parfait pour une adaptation animée, ne me déplait pas pour une fois, me rappelant un peu Violet Evergarden. Ki-oon a su tirer son épingle du jeu au milieu de tous ces titres qui se ressemblent !

Tome 2

Après un premier tome qui m’avait emballée, je suis un poil déçue par cette suite qui ne m’a pas autant emballée et qui m’a donnée l’impression de faire du surplace…

Avec un premier tome introduction aussi riche et intéressant, je m’attendais à une suite du même tonneau. Erreur. Au lieu d’apprendre de nouvelles choses sur l’univers, l’autrice se contente un peu paresseusement d’introduire un nouveau personnage autour de qui tout va tourner et qui va apporter toutes les pseudos nouveautés. Je n’ai pas été emportée…

Alpi rencontre une autre Soul Render comme elle, mais plus expérimentée : Sersela. Avec elle, elle va se rendre compte de ses défauts et elle va donc la prendre en modèle pour progresser. En soi, le schéma me plaît bien mais il aurait fallu dépasser un peu cela et apporter autre chose, ce qui n’a pas été réussi ici. L’ensemble reste assez plat et convenu, avec des héroïnes profondément gentilles, et qui, même si elles se titillent s’aiment bien au fond et se comprennent, chacune complétant l’autre. Seul petit ajout, quelques informations fugaces distillées sur les parents d’Alpi, qui semblent être des fortes têtes comme elle et que Sersela semble connaître, et deux nouveaux esprits que l’on croise mais qui n’ont pas l’impact sur l’histoire qu’on eu leurs prédécesseurs…

Alors même si le message reste plaisant, j’ai vraiment eu un sentiment de trop peu cette fois et surtout j’ai eu la sensation de tourner en rond, ce qui n’est pas très rassurant au bout de seulement deux tomes. C’est d’autant plus dommage que le message écologique, animaliste très sensible de l’autrice me touche, de même que le discours sur le fait de prendre soin de soi même quand on souhaite se montrer ultra généreux et bon envers les autres. Il ne faut pas s’oublier.

Le voyage d’Alpi se poursuit mais ne m’a pas autant dépaysée que je l’aurais souhaité. Je suis restée sur ma faim malgré l’arrivée d’un nouveau personnage. Les étapes de son voyage n’apportent rien de neuf à l’univers et c’est un peu décevant après un tome 1 aussi prometteur.

Attention : Mon tome avait un problème de fabrication : deux fois le cahier des pages 49-64, et il lui manque donc celui des pages 97-112…

(Merci à Sanctuary et Ki-Oon pour ces lectures.)

Ma note : 14,5 / 20

Ce diaporama nécessite JavaScript.

© 2018 by Rona / NSP

16 commentaires sur “Alpi the Soul Sender de Rona

  1. Je ne suis pas la plus grande fan du schéma un chapitre/une mission, mais l’univers, les valeurs et la manière dont l’intrigue semble plus complexe qu’il n’y paraît rendent le titre tentant…
    Quant au trait, ce que tu en dis me rassure parce que si j’avais ajouté le manga à ma liste d’emprunt en raison de la couverture, je n’étais pas certaine que l’intérieur soit à sa hauteur. Il y a parfois de mauvaises surprises.

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis content pour toi que ce premier tome t’ait plu, et je ne souhaite pas gâcher ton plaisir.
    Mais comme tu le sais, je n’y ai pas trouvé mon compte. D’ailleurs je disais dans mon article que je donnerai quand même sa chance au second tome mais finalement j’ai changé davis, pareil pour L’Oxalis et l’Or. Je me dis qu’il y a tellement de sorties intéressantes tout le temps qu’il vaut mieux ne pas insister quand je n’accroche pas d’emblée.

    Mais le titre semble plaire à la majorité des gens, donc je suppose qu’il va réussir à trouver son public, ce qui reste le principal.

    Aimé par 1 personne

    1. Pas de soucis, t’as le droit de ne pas accrocher et je comprends totalement ton choix.
      Moi aussi parfois je n’aime pas des titres que tout le monde aime. Ben c’est pas grave, ce dont nos goûts.
      Et t’as raison avec tout ce qui sort autant se concentrer sur ce qu’on préfère !

      J'aime

      1. Oui, mais même pour ce cas spécifique, j’accepterais même si je n’arriverai pas à comprendre.
        Pareil pour Real et Vinland Saga et surement quelques autres titres que je trouve tellement formidables que si on me dit ne pas aimer, j’accepte évidemment mais en me demandant comment c’est possible.

        Aimé par 1 personne

      2. Je partage ton sentiment, il y a des titres qui sont tellement forts, bien écrits et avec des réflexions internes qui poussent à se triturer les méninges, qu’on se demande comment certains peuvent passer à côté…
        Après, je sais que c’est souvent une question de sensibilité mais personnellement j’essaie souvent de différencier/faire la part des choses entre mes goûts de la qualité d’une œuvre.

        J'aime

      3. Oui, pour moi c’est une prise de tête depuis plus de 15 ans.

        Mon rapport à la question de mes goûts VS les gouts des autres, les critères de qualité et tout ça ont énormément évolué avec le temps.

        Avant j’étais très dogmatique je pense, considérant qu’il y avait des critères objectifs d’évaluation de la qualité des œuvres et que c’était comme ça et puis c’est tout.

        J’ai fini par en revenir et relativiser énormément les choses. Parfois je retrouve certains vieux réflexes mais globalement je pense être revenu bien plus ouvert.

        Mais dans les cas extrêmes, j’avoue que je dois me faire violence. Que ce soit avec des oeuvres que je trouve formidables, mais aussi avec des aberrations telles que je ne peux pas comprendre qu’on puisse les défendre. Un exemple récent pour moi et le film Justice League que je considère comme un « non film » tellement il a été refait et remonté en dépit du bon sens, il ne ressemble vraiment à rien… alors quand on vient me dire que c’est un bon film, j’ai du mal à pmme retenir 😅
        En manga j’ai le cas avec Dragon Ball Super, je ne peux pas ne pas me dire qu’on se fout ouvertement de nous avec ce titre. Mais il y a des gens qui y trouvent leur compte, et je n’ai pas envie de gâcher leur plaisir. Mais vraiment, c’est dur !

        Aimé par 1 personne

  3. Je découvre ce titre avec ta chronique et je suis très séduite par ce que tu en dis. Tout l’aspect fable écologique, notamment, me tente énormément. Et s’il est vrai que je ne suis pas une grande fan du schéma chapitre/mission, je me dis qu’on peut peut-être espérer voir une ligne de fond apparaitre avec le temps. Merci pour la découverte en tout cas, je tenterai sûrement la lecture de ce tT1.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s