Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Le Roi-Démon et moi, et nos 10 enfants d’Ema Toyama

Titre : Le Roi-Démon et moi, et nos 10 enfants

Auteur : Ema Toyama

Éditeur vf : Pika (shonen)

Années de parution vf : Depuis 2022

Nombre de tomes : 2 (en cours)

Histoire : Après avoir perdu sa mère dans un accident, Akari se retrouve totalement seule. À la seconde où elle émet le fervent souhait d’avoir une famille, elle est emportée par une force mystérieuse et s’évanouit. Lorsqu’elle revient à elle… Akari découvre qu’elle se trouve dans un autre monde ! On lui annonce qu’elle a été invoquée pour donner naissance aux enfants du roi-démon, Guran, alors qu’elle n’a que 16 ans et n’est même jamais sortie avec qui que ce soit ! La survie d’une jeune maman dans un univers peuplé de créatures fantastiques commence alors…

Mon avis :

Tome 1

Ema Toyama est désormais une figure du catalogue shojo de Pika connue pour ses romances souvent légères et un peu affriolantes. Elle s’essaie ici pour la première fois au shonen avec un isekai, genre qui a le vent en poupe, mais elle n’oublie pas ses amours et son humour, ce qui donne un résultat détonnant.

Pour qui a déjà lu les autres oeuvres de l’autrice, on sait que ses histoires n’ont jamais rien de bien profond et que ce sont plutôt des récits légers et souvent assez drôles mâtinés de bons sentiments et d’un peu de piquant. Certains titres ont pu mettre mal à l’aise par leur morale borderline et leur vision de la femme tout sauf moderne. Mais étrangement, en reprenant les mêmes ingrédients ici, ce n’est pas du tout la même chose. Pourquoi ? Parce que nous sommes tout simplement dans une parodie du genre isekai.

Ce genre qui fait la part belle aux univers de jeux-vidéos permet à des héroïnes (le plus souvent) de se retrouver dans des univers d’héroïc-fantasy alors qu’elles viennent de notre réalité. Dans le cas présent, il s’agit d’Akari, une lycéenne fan de jeux-vidéos, qui a perdu sa mère il y a un an et qui vit seule. La famille qu’elle formait lui manque et elle rêve d’en trouver une nouvelle. Ni une, ni deux, son souhait est exaucé mais pas dans le monde qu’elle espérait.

Je me suis beaucoup amusée en suivant cette parodie made in Ema Toyama. C’était très drôle d’avoir une héroïne aussi naïve qu’Akari dans des situations totalement décalées et délirantes. En effet, cette jeune fille vierge de 16 ans, se retrouve dans un monde de démons sanguinaires en guerre contre les humains. Ceux-ci ont besoin que leur roi ait des enfants afin que ceux-ci les aident à lutter contre les humains avec leurs pouvoirs dévastateurs. Et Akari est censée leur donner le jour.

C’est drôle parce que bien sûr tout est poussé à l’extrême. Akari avec ses images tirées des jeux vidéos imagine toujours le pire mais participe quand même. Elle se retrouve dans une chambre sale et effrayante avec le Roi démon pensant se faire violer, mais c’est tout autrement qu’elle va concevoir leur premier enfant. L’autrice s’en donne à coeur joie, jouant sur les clichés du genre pour notre plus grand plaisir. Puis commence une nouvelle vie, celle de parent et là aussi, le décalage entre la réalité et le monde des démons est savoureux, que ce soit avec une enfant qui grandit trop vite, ne mange pas la même chose, ou avec des éléments propres à la vie de tout parent comme le manque de sommeil. On se régale en s’amusant des déboires d’Akari.

Cependant comme on peut le comprendre, il y a également un message sous-jacent sur la difficulté d’être parent, de partager la charge mentale dans un couple, de s’occuper d’un enfant, d’être prêt à tout sacrifier pour lui. C’est bien vu.

La partie romance, elle, est amusante également mais j’ai le sentiment que l’autrice va vouloir se prendre un peu trop au sérieux avec elle et qu’elle ne va pas pousser la parodie aussi loin que sur le reste et c’est dommage. Parce que du coup, les sentiments naissants qu’on voit entre Akari et le Roi démon font un peu culcul, tout comme leurs passés respectifs avec une mère qui s’est sacrifiée à chaque fois. On a à nouveau un beau gosse qui va finir par la faire fantasmer et une gentille fille qui va le faire craquer par ses attentions. Bof. Je préfère la parodie assumée et décalée du reste.

Les dessins, eux, sont à l’aune de l’ambiance voulue, totalement provocateurs mais doux également. On a les gros clichés du genre avec un roi en grosse armure à plaques et cornes de démons, une subalterne avec une armure plus que minimaliste rappelant la grande époque des pulp où les filles étaient à moitié nue sur les couvertures… La parodie fonctionne à fond. Cependant, on a aussi plein de choupitude avec le premier enfant du couple qui est juste adorable dès qu’elle pointe le bout de son nez, avec le trait très rond et lumineux de l’autrice.

Comme le titre le promettait, Le roi-démon et moi et nos 10 enfants, se promet d’être une lecture divertissante tout sauf prise de tête, qui s’amuse des clichés du genre des jeux-vidéo d’héroïc-fantasy et de l’isekai. L’autrice m’a beaucoup amusée avec le décalage qu’elle a créé et poussé assez loin. Je suis plus sceptique par son traitement trop sérieux et maladroit de la romance que la rend culcul.

Tome 2

Cette parodie déjantée de récits isekai et fantasy a encore très bien fonctionné sur moi avec un tome totalement délirant où l’autrice pousse très loin ses délires mais avec une tonalité vraiment charmante. C’est kitch, c’est culcul, mais j’aime. Ça m’amuse beaucoup.

Dans cette suite, Akari poursuit sa découverte du monde dans lequel elle est tombée en découvrant le versant humain. Pour cela, l’autrice introduit un chevalier décalé comme il faut : Arthur, cliché du beau gosse chevaleresque mais qui est au final assez loufoque. J’adore sa façon de déconstruire les clichés en les rendant ridicules, ça m’amuse beaucoup.

Ainsi, nous nous retrouvons à nouveau avec une opposition démons – humains assez bateau mais dont les éléments qui vont s’affronter et s’opposer sont assez légers et comiques. Les humains pensent que les enfants d’Akari seront des calamités, ceux-ci se révèlent être en totale opposition, plutôt de charmants petits anges dotés de dons bénéfiques à tous. A nouveau un joli contre-pied.

Pour le reste, on reprend la même dynamique avec un couple entre Akari et le Roi des démons qui semble en bonne voie mais prendra du temps et l’éducation au milieu de leurs enfants hors du commun. Après, Ann, la première née, il est temps d’accueillir Dou, le premier garçon. C’est amusant, à nouveau, de parler de parentalité dans cet univers et cette ambiance décalée. Cette fois, il est question des relations entre l’aîné des enfants et le bébé qui vient d’arriver, de l’attachement aux parents, des disputes des parents devant les enfants, etc. C’est toujours aussi loufoque et savoureux, mais très bon enfant.

On se plaît à découvrir cette petite vie de famille différente et amusante. On aime découvrir les pouvoirs et aussi les apparences et l’évolution des enfants d’Akari et du Roi des démons. On s’amuse de voir naître un pseudo triangle amoureux avec l’arrivée du chevalier Arthur, que j’aurais bien baptisée Lancelot pour ma part du coup 😉

Non, ce n’est pas de la grande littérature, nous sommes ici dans une pure oeuvre de divertissement mais que le fait avec brio. Je m’amuse beaucoup de l’utilisation et la déconstruction des clichés du genre de l’héroïc-fantasy vu par une autrice japonaise. C’est très fun et pétillant à lire. On s’amuse énormément des situations où se mettent l’héroïne et ses enfants. Il y a une bonne dynamique et une bonne évolution qui donnent envie de poursuivre !

(Merci à Pika et Sanctuary pour ces lectures.)

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©Edition Pika, 2022


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