Livres - Contemporain

Blackwater de Michael McDowell

Titre : Blackwater

Auteur : Michael McDowell

Traduction : Yoko Lacour et Hélène Charrier

Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

Année de parution vf : 2022

Nombre de tomes : 6

HistoireAlors que les flots sombres et menaçants de la rivière submergent Perdido, une petite ville du sud de l’Alabama, les Caskey, une riche famille de propriétaires, doivent faire face aux innombrables dégâts provoqués par la crue. Mené par Mary-Love, la puissante matriarcale, et par Oscar, son fils dévoué, le clan s’apprête à se relever. Maus c’est compter sans l’apparition, aussi soudaine que mystérieuse, d’Elinor Dammert, jeune femme séduisante au passé trouble, dont le seul dessein semble être de s’immiscer au cœur de la famille Caskey.

Mon avis :

Tome 1 : La Crue 

Gros phénomène éditorial aux Etats-Unis à son époque, le jeune éditeur girondin Monsieur Toussaint Louverture a décidé en ce milieu d’année de se lancer dans l’aventure à son tour. Pour cela, il fait le pari osé d’une publication en épisodes rapprochés, un tome toutes les deux semaines, dans un format poche presque deluxe qui claque et attire l’attention. Pari réussi ? Tout à fait, le succès est de suite au rendez-vous et ne pouvait qu’attirer la lectrice curieuse d’imaginaire et d’étrangeté que je suis.

Je vais être honnête, si j’ai d’abord acheté ce livre, c’est parce que je connais et soutiens l’entreprise de l’éditeur français à qui on doit également la nouvelle édition en grand format d’Anne de Green Gable dans des objets juste magnifiques. C’est un petit éditeur qui sait offrir de beaux objets et écouter ses lecteurs. Il ne m’en faut pas plus pour m’attacher et me fidéliser à leurs publications.

En plus, seconde confession, j’ai toujours été amatrice de beaux objets et ici le format poche de ces romans d’un peu plus de 200 est juste à tomber, avec cette composition juste pour nous des couvertures, qui donne un effet gravure à l’ancienne des plus saisissant, rappelant une certaine esthétique américaine qu’on peut trouver dans les entrées, notamment, des grattes ciel de leur âge d’or. Chaque tome a une couverture unique, rappelant ce qui se passe dans son tome, mais l’ensemble a une belle esthétique collection. J’adore !

Concernant l’histoire, j’ai été plus difficile à convaincre. Je savais que le monsieur avait une certaine réputation. J’en ai vu plusieurs le comparer à Stephen King, sur les adaptations duquel il a travaillé au cinéma. Mais moi, c’est plutôt sa collaboration avec Tim Burton que j’ai eu envie de retenir, n’ayant jamais été une grande fan du premier. Je m’attendais donc à une ambiance étrange, décalée, un brin fantastique voire gothique directement visible et accessible. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver l’inverse et d’avoir à l’inverse entre les mains un texte où l’immersion va monter monter peu à peu comme une crue justement, titre qu’il porte !

Les premières pages furent donc un peu difficile à lire. Non pas que ce soit mal écrit, mais il ne se passait pas grand-chose et l’immersion n’était pas totalement. Découvrir la petite ville de Perdido avec ces deux cours d’eau, celui ayant donné son nom à la ville et celui ayant donné son nom à la saga, me semblait un peu fade. Certes, une crue venait d’avoir lieu, bouleversant les habitants et amenant une nouvelle dans la ville, Elinor, professeure de son état, mais ça ne me suffisait. Les petites histoires des uns et des autres ne me semblaient pas percutantes et je ne voyais pas trop l’intérêt de ce que je lisais.

Cependant petit à petit au fil des pages et des chapitres, des détails insidieux sont venus titiller ma curiosité et mon imagination. Elle était quand même mystérieuse cette Elinor que personne ne connaissait, qui venait dont ne sait où et qui avait perdu toutes ses affaires. Elle parvenait à faire pousser des arbres là où rien ne poussait. Elle réussissait à se faire héberger chez un homme élevant seul sa fille depuis que sa femme était partie et à se faire faire la cour par le fils fils à sa maman de la mégère du coin. C’était étrange. Mais accaparée par les histoires de famille et de voisinage, je m’étais un peu arrêtée là.

Sauf que l’auteur a été malin et il a tout bouleversé dans les ultimes chapitres, avec une tension qui est montée brutalement, comme lorsque l’eau monte d’un coup lors d’une crue. Le lecteur a alors perçu tout le potentiel étrange de cette Elinor, qui pour ma part m’a beaucoup fait penser à ces Femmes des neiges des contes japonais, créatures fantastiques représentant l’hiver et s’immisçant dans la vie des hommes pour s’en faire aimer, mais avec des destins souvent tragiques. J’ai adoré ce final explosif et terrible, assez implacable. Je ne peux que saluer le talent de l’auteur pour un tel renversement.

Blackwater fut donc une lecture singulière, qui a démarré assez mollement me faisant craindre une déception, car sa description de la vie tranquille dans une bourgade de l’Amérique profonde, avec très peu de relief, me faisait craindre l’ennui. J’ai cependant été ravie de voir un certain fantastique s’immiscer discrètement, peu à peu, dans l’histoire jusqu’à un final presque explosif ou qui du moins bouleverse le lecteur et lui donne envie de se jeter sur la suite pour voir ce que ces changements vont bien pouvoir provoquer et s’ils ne vont pas être suivis par d’autres. Un beau tour de force narratif, en plus dans un écrin sublime !

>> N’hésitez pas à lire également les avis de : En tournant les pages, Le Syndrome Quickson, Lady livre, Entre les pages, Carolivre, Marie Juillet, Juju, Analire, Vous ?

12 commentaires sur “Blackwater de Michael McDowell

  1. Merci pour ton avis assez nuancé pour me dire que j’ai peut-être bien fait pour ne pas craquer à mon tour pour ce phénomène que je vois partout.
    J’aurais bien envie de soutenir aussi cette ME mais je ne suis vraiment pas certain de faire partie de la cible éditoriale. Déjà et comme tu le sais, le cadre n’est pas celui que je préfère et l’aspect fantastique me semble assez too much même si les derniers chapitres n’ont cessé de t’achever.
    Je suis donc toujours aussi perdu et je préfère encore attendre avant de craquer voir comment ton avis évoluera sur la question 🙂

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    1. Avec plaisir, j’avoue que sans l’avis des copines, je ne serais peut-être pas aller jusqu’au bout tant le fantastique est ténu. Je préfère vraiment quand il y en a plus. Donc j’entends ta réserve et je t’en dirai sûrement plus cet été 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Toutes les librairies devant lesquelles je suis passée dernièrement avait la collection en vitrine ! Autant dire que je vais bientôt craquer. Merci pour cette chronique en tous cas, elle me donne un peu plus envie de me plonger dans cette histoire.

    Aimé par 1 personne

  3. J’avais vu la couverture dans une librairie et j’avais été totalement attiré par son aspect atypique… Pourtant après plusieurs lectures de critiques (dont la tienne qui est très intéressante d’ailleurs), je me rends compte que ce n’est pas forcément le genre de livres que j’aime lire… Mais j’ai tout de même hâte de lire ton avis sur le reste de la saga 😉

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    1. Je comprends tout à fait ton ambivalence. C’est une très bonne lecture mais pas le coup de coeur ni la lecture addictive que j’attendais et j’espère être plus emballée par la suite avec un fantastique peut-être plus présent 🤞
      Mais en tout cas le travail sur la couverture ne peut que mettre tout le monde d’accord. Ça sort vraiment du lot !

      Aimé par 1 personne

    1. C’est bon signe pour moi pour les tomes qui suivent directement mais j’espère ne pas avoir un pétard mouillé sur la fin. Du coup, je vais peut-être attendre quelques avis sur celle-ci au cas où ^^!

      J’aime

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