Livres - Fantasy

Le fou et l’assassin de Robin Hobb

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Titre : Le fou et l’assassin

Auteur : Robin Hobb

Editeur vf : J’ai lu (poche) Pygmalion (grand format)

Années de parution vf : Depuis 2014 (grand format) Depuis 2016 (version poche)

Nb de tomes : 3 (en cours – poche) ; 4 (en cours – grand format)

Résumé du tome 1 : Fitz, l’assassin royal, est à la retraite et coule des jours paisibles, entouré de sa femme Molly et de ses enfants. Un soir, trois inconnus se présentent en se disant ménestrels puis s’enfuient dans une tempête de neige, tandis qu’une messagère disparaît soudainement sans avoir remis son message à Fitz. Quinze ans plus tard, Fitz se désole de n’avoir aucune nouvelle du Fou…

Mes avis :

Tome 1 – Découpage vf

Commençons comme souvent par le point qui dérange : l’édition française qui une fois de plus coupe les volumes originaux en deux pour faire plus de sous mais aussi donner plus de visibilité à la série. Ici, c’est à la fois un choix judicieux parce que ça permet de souffler après une histoire très longue à démarrer, et un choix discutable parce que ça nous laisse en plan en plein milieu de l’histoire et pas forcément au meilleur moment. Maintenant, passons au roman en lui-même.

J’ai été ravie de retrouver la plume de Robin Hobb qui est comme à chaque fois un vrai plaisir à lire. C’est écrit à la fois avec beaucoup de précision (de nombreuses descriptions) et beaucoup de simplicité (une langue simple et fluide, sans fioriture). Du coup, même si le début est un peu mou, on ne voit pas les pages passer. Ce début justement, je l’ai d’abord trouvé incompréhensible. Je ne voyais pas où l’auteur voulait nous mener. On retrouvait nos personnages chéris des années après, et on découvrait leur quotidien, mais c’était vraiment plan plan. Cela me donnait juste envie de replonger dans l’ancienne série pour retrouver un peu d’action. L’action, elle est venue plus tard, enfin si on peut en parler en ces termes.

En effet, à peu près au milieu du roman, on bascule complètement dans le fantastique avec une grossesse interminable. On sent vite qu’il y a anguille sous roche mais les éléments ne nous sont donnés qu’à petite dose. Et ensuite, comme les personnages, on cherche à s’adapter, à en découvrir plus et on élabore des théories. J’ai beaucoup aimé ces chapitres charnières contrairement à ceux du début qui m’ennuyaient un peu.

J’ai aimé retrouver un Fitz/Tom peu sûr de lui, qui doute et se cherche. Je l’ai trouvé moins pleurnichard que dans les précédentes séries. Et surtout, j’ai trouvé ses relations avec Molly et Abeille très belles. Avec Molly, j’ai trouvé triste comment il affrontait le vieillissement de celle-ci, et attachant de le voir toujours amoureux comme dans son adolescence. J’ai l’impression que sentimentalement, il n’a jamais grandi. Avec Abeille, j’ai trouvé poignant comment il affrontait sa différence et son rejet. Cela m’a diablement rappelé la façon dont certains parents gèrent le handicap de leur enfant dans la vraie vie. Superbe !

Et surtout, j’ai beaucoup aimé découvrir la voix d’Abeille au fil des chapitres. Celle-ci est une vraie surprise. Elle rompt et dynamise la narration, alors que l’histoire reste dans le fond assez banale. C’est celle de la découverte d’un père et de sa fille. Abeille fait preuve d’une grande intelligence. Elle est différente des autres. Elle pense le monde différemment, et les sensations qu’elle éprouve me font beaucoup penser à un autre personnage qu’on a déjà croisé et qui est absent de ce tome justement. Je me demande si elle n’est pas comme lui, théorie à vérifier dans les prochains tomes.

Enfin, j’ai surtout beaucoup aimé les derniers chapitres où Fitz/Tom doit faire son deuil et se voit en même temps rattrapé par son passé d’Assassin au service des Loinvoyant. Mon seul regret est l’absence du Fou. Avec un titre pareil, je m’attendais à le voir débarquer, mais ce ne fut pas le cas, il a juste été évoqué. Et j’avoue que sa relation ambigüe mais si belle avec Fitz me manque. C’est le personnage le plus intriguant de l’univers de Robin Hobb et j’aimerais un jour avoir des éclaircissements sur lui. En attendant, je suis très impatiente de lire la suite et cela va être dur d’attendre.

Ma note : 16 / 20

Tome 2 : La fille de l’Assassin

Après une lecture des plus réjouissantes (Fils des Brumes), j’ai trouvé difficile de me replonger dans le rythme assez mollasson de Robin Hobb. Celle-ci est un peu une force tranquille qui dévoile son intrigue en prenant tout son temps, mais cela donne aussi une sensation d’ennui et de fadeur, comme si l’histoire nous était racontée par quelqu’un qui est très loin de celle-ci, quelqu’un qui n’y serait pas impliqué. Pourtant, les narrateurs : Tom/Fitz et Abeille sont quand même au coeur de celle-ci, alors il est vraiment dommage qu’ils fassent preuve d’un tel détachement. En plus, ils partagent le même défaut à savoir : se plaindre les trois quarts du temps, alors ce n’est pas facile d’adhérer. Heureusement que l’histoire elle-même est très intéressante et permet de passer outre ces défauts.

En effet, dans ce tome, on se concentre sur la relation que tissent petit à petit Abeille et son père. Celui-ci sans le vouloir lui transmet son savoir d’assassin et celle-ci découvre par hasard des pans de son histoire et s’en régale. Les deux bêtes sauvages et blessées apprennent à se connaitre et à panser leurs plaies. Il est aussi temps pour eux de se réveiller et de se reprendre en main, ce qui est fait en grande partie grâce à Umbre et Ortie qui leur envoient du monde pour habiter à Flétribois. Cela permet de recréer tout un petit monde autour d’eux et de les faire sortir de leur enfermement. J’ai beaucoup aimé cette mise en place même si elle fut assez longue. Cela donne une vraie densité au récit et cela permet bien d’approfondir la personnalité d’Abeille. J’ai aimé la voir se rapprocher de Tom, la voir lui ressembler de plus en plus, notamment avec son histoire de couloirs secrets. C’est une vraie petite femme en devenir, et dangereux et courageuse avec ça. Elle s’affirme dans ses amitiés et ses inimitiés. J’ai aimé la voir se lier avec Persévérance et rejeter les artificiels Evite et Lant.

A côté de ce quotidien bien sûr, la magie et le passé de Fitz ne sont pas oubliés. Dès le début avec l’arrivée de cette messagère secrète et si mal en point, on sent qu’on va bientôt repartir vers de nouvelles aventures qui impliquent le Fou (Chouette mon personnage préféré de l’ancienne série revient ! C’est peut-être l’occasion d’en apprendre plus sur lui et les Prophètes Blancs.). J’ai rapidement deviné qui se cachait derrière le nom du « fils inattendu ». Il y avait de telle similitude entre « lui » et le Fou que c’était évident. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé voir ses pouvoirs s’éveiller peu à peu et j’espère que cela continuera, que l’on aura ainsi l’occasion de découvrir comme né et grandit un Prophète Blanc.  Par contre quel dommage que ce pan de l’histoire ne prenne place qu’au début et à la fin du volume, ça ne fait pas beaucoup d’action. D’ailleurs, les deux gros morceaux qui ont lieu à la fin cassent bien le rythme. Le premier : le retour du Fou, je m’étais fait spoilée dessus alors forcément je n’ai pas été surprise mais je pense que d’autre le seront par un retour aussi triste et dramatique, mais que ça fait du bien de le revoir avec Fitz. Ils sont vraiment mignons tous les deux et je trouve leur relation toujours aussi ambigüe. Est-ce de l’amour ou de l’amitié ou un peu des deux ? Le second : l’attaque des serviteurs des prophètes blanc, m’a bien plus surprise et prise à froid. C’était brutal et violent, inattendu et dramatique. Je suis restée soufflée et la froideur et le calme d’Abeille ont très bien retranscrit ce moment, je trouve. Bref, je me suis régalée, mais que ça va être long d’attendre la suite.

Ma note : 16 / 20

Tome 3 : En quête de vengeance

Comme à chaque fois, j’ai retrouvé avec plaisir la plume et le monde de Robin Hobb. Dans ce troisième tome, nous renouons dans un premier temps avec le passé de Fitz et du Fou, ce qui m’a replongée des années en arrière tandis que je découvrais Castelcerf et ses turpitudes avec eux. Puis, nous repartons lentement (peut-être trop ?) dans de nouvelles aventures suite à l’enlèvement brutal d’Abeille. Il y a véritablement deux parties qui se mélangent ainsi sous la plume toute en force tranquille de l’auteure.

J’ai tout d’abord énormément aimé retrouver Castelcerf. Revoir les anciens personnages, reparler de leurs faits d’armes, retrouver les couloirs du châteaux, tout ça a beaucoup joué sur ma fibre nostalgique et du coup je me suis régalée. Je reconnais que cela sert plus à créer une ambiance qu’à faire avancer l’histoire. Celle-ci est assez pauvre ici. Il n’y a que deux, trois faits que l’on suit sur plusieurs centaines de pages, à savoir la guérison du Fou et ce qui lui est arrivé, le retour de Fitz à la Cour et sa reconnaissance, puis bien sûr la découverte de l’enlèvement d’Abeille et Evite. Robin Hobb prend son temps pour assener le choc de la disparition de sa fille à Fitz. Elle lui permet d’abord de renouer avec son ancienne vie, de connaître une certaine consécration enfin, avant de se faire brutalement rappeler à la réalité.

Celle-ci nous la suivons à travers les yeux d’Abeille, dont le ton a énormément évolué depuis le début de la série. Mais ce n’est que sur de courts chapitres que nous suivons son enlèvement par les mystérieux Serviteurs. Les révélations qui s’enchaînent à ce sujet que ce soit sur Evite ou sur qui est vraiment Abeille, ne sont pas vraiment des surprises mais plutôt des confirmations. J’aime bien le duo qu’elles forment, elles vont pouvoir se soutenir dans l’adversité. J’ai également beaucoup apprécié la façon dont Fitz découvre tout et dont tout ce qui a été mis en place à Castelcerf s’imbrique pour former un puzzle bien plus vaste. Dans cette nouvelle saga, on va enfin traiter de ce qui avait été laissé de côté auparavant : les Prophètes blancs et leurs Serviteurs, alors je suis ravie. D’autant plus que Robin Hobb se fait un plaisir de lancer des clins d’oeil à ses précédentes séries que ce soit l’Assassin Royal bien sûr, mais aussi et surtout les Cités des Anciens.

Je suis ravie de voir cette auteur toujours enrichir et relier les différents pans de son univers. Même si je trouve cette saga toujours un peu molle en comparaison des autres, je retrouve un vrai plaisir (peut-être purement nostalgique ?) à la sortie de chaque tome.

Ma note : 17 / 20

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6 commentaires sur “Le fou et l’assassin de Robin Hobb

  1. J’ai lu ton avis en dialogue histoire d’avoir la possibilité de découvrir l’intrigue par moi-même. J’ai vu que tu reprochais le découpage de l’édition française. C’est fou comme c’est dérangeant pour plus d’une série. C’est bien dommage. Je vois qu’il y a des longueurs, j’espère que ça passera. ça m’avait dérangé dans le tome 1 du Soldat Chamane. ça m’embêterait que ça me gâche la lecture et me fasse interrompre ce 3ème cycle de L’Assassin Royal…

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    1. Il y a quand même bien moins de longueurs que dans le Soldat Chamane où c’est un peu le pompon (quasiment un tome sur deux est chiant…)
      Et oui, le découpage des séries en vf m’agace, mais je n’ai pas la patience d’attendre les intégrales non plus xD

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  2. Comme toi, j’adore les clins d’œil que Hobb fait avec ses autres séries dans celle-ci, c’est un vrai bonheur ! Je repars moi aussi des années en arrière à chaque fois xD
    Par contre, il ne me semble pas que le récit ait été si lent dans les débuts O.O Là, je ne dirai pas que je m’ennui, simplement que les choses prennent trop de temps, et que ça semble parfois fait exprès … comme si l’auteure voulait que ses séries soient toujours longues, longues, longues … et le découpage français n’arrange rien à la sensation xD
    J’ai également préféré le tome 3 (je suis tombée sur le cul en apprenant les origines d’Abeille :O ) et j’attends de voir avec impatience ce que Fitz va faire par la suite !!
    Bisous :3

    Aimé par 1 personne

    1. Pour la lenteur du récit, ça dépend peut-être aussi de ce qu’on a lu avant mais je trouve quand même que Robin Hobb est une auteur qui aime prendre son temps, tandis que d’autres comme Sanderson vont bien plus vite par exemple ^^

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      1. Ah je suis tout à fait d’accord ! Et ce style va très bien à Hobb, car c’est une conteuse dans l’âme !
        Sanderson, ça ne marcherait pas avec lui, je ne pense pas 😛 Qu’il aille plus vite, comme tu dis, lui va très bien, il faut qu’il y ait de l’action avec lui, c’est encore là où il est le meilleur 😀

        Aimé par 1 personne

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