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Natsuko no Sake d’Akira Oze

Titre : Natsuko no Sake

Auteur : Akira Oze

Éditeur vf : Vega (seinen)

Année de parution vf : Depuis 2019

Nombre de tomes vf : 2 / 6 (en cours)

Histoire : Natsuko Saeki est une employée de bureau à Tokyo, mais elle ne s’épanouit pas dans son travail. Ses supérieurs ne voient en elle qu’une subalterne juste bonne à faire des photocopies et servir du café.
Mais un jour son frère tombe malade et l’opportunité s’offre à elle de rentrer auprès de sa famille pour l’aider. Or Natsuko est issue d’une famille de modestes brasseurs de saké, et tente depuis des années de brasser un saké particulièrement savoureux et unique. Motivée par ce défi familial, Natsuko, remplaçant son frère, va se plonger corps et âme dans le travail du saké et tenter de se faire une place dans un milieu très traditionnel et dominé par les hommes.
Réussira-t-elle a brasser le meilleur saké du monde, issu d’un riz unique, réputé impossible à cultiver ?

Mon avis :

Tome 1

Dans le panorama des manga parus en France, on a eu des titres sur des sujets très variés, mais il en manquait encore un sur le saké, cet élément pourtant clé de la culture japonaise telle qu’on la voit depuis l’Occident. Je suis donc ravie que les éditions Vega aient eu l’initiative de faire paraitre la série d’Akira Oze sur le sujet. Ce dernier est déjà connu chez nous pour Le Disciple de Doraku, un autre titre à l’ambiance patrimoniale. Ce n’est donc pas le perdreau de l’année qui a été choisi pour nous parler de ce sujet et nous présenter la culture du saké.

J’avoue que sur le papier, si j’étais curieuse d’en apprendre plus sur un sujet culturel qui m’était inconnu, je redoutais un peu la forme de ce manga. 6 volumes de plus de 452 pages d’un titre paru à la fin des années 80 au Japon, ce n’est pas forcément ce qui vend le plus de rêves, surtout quand l’auteur n’est pas reconnu comme un classique chez lui comme c’est le cas d’autres anciens auteurs dont j’aimerais lire les vieux titres. Cependant, la chronique de Yanmam Otaku chez Xander m’a donné envie de lui laisser une chance parce qu’il me promettait bien plus que mes a priori.

Comme je le pensais, le titre est daté. Aussi bien dans ses dessins, sa narration que dans son histoire, il correspond à un genre de titres des années 80 qu’on ne voit plus beaucoup par chez nous. Cependant, l’histoire sait dépasser ce cadre et permet au lecteur de ne pas s’y attarder.

On y retrouve la fille d’un brasseur de saké, dont le frère, responsable de l’entreprise familiale, est très malade. Travaillant comme publicitaire à Tokyo, elle s’interroge sur son devenir. Doit-elle revenir aider son frère ? En reprendre les rênes si son frère décède ? Le lecteur devine très vite ce qui va se passer et la décision qu’elle va prendre. Il s’agira alors de suivre son aventure pour faire revivre un riz légendaire et produire un saké inoubliable, une aventure qui ne sera pas de tout repos, mais qui permettra de mettre en lumière toute la solidarité qui existe entre gens du terroir à la campagne, mais également d’apporter un beau message positif sur la transmission d’un héritage et la solidarité transgénérationnelle.

Ainsi, même si l’histoire a peiné à démarrer et a eu un rythme un peu lent parfois, j’ai beaucoup aimé cette lecture. J’ai trouvé très intéressant de découvrir la culture du saké à travers les yeux de cette jeune femme, connaisseuse de loin du processus mais qui va devoir se frotter à la réalité de celle-ci. Je dois avouer que j’ai navigué entre plaisir et insatisfaction en ce qui concerne les informations s’y référant. Il y a énormément de termes techniques japonisant qui même s’ils sont expliqués rapidement en note m’ont freinée dans ma lecture, rendant celle-ci plus ardue et moins fluide. Je ne suis pas sûre non plus d’avoir tout compris et je suis persuadée que je ne pourrai jamais tout retenir. En plus, je ne trouve pas ce soit introduit avec pédagogie, j’ai vraiment eu l’impression qu’on me balançait tout un tas d’informations d’un coup au début, ce qui a rendu celui-ci un peu indigeste. Cela va mieux par la suite heureusement. A partir du moment où elle se penche sur la production du saké, on l’accompagne dans ses découvertes et cela devient plus agréable à suivre car c’est distillé de manière moins abrupte et c’est mieux intégré à l’histoire.

Du côté des dessins, sans surprise, je n’en suis pas une grande amatrice. C’est un dessin daté qui ne me parle pas. Il ne s’en dégage rien de particulier. Il n’est pas désagréable à regarder, mais pas beau ni notable non plus. Il n’y a pas de recherche dans le graphisme ou la mise en page, ce n’est pas le propos du titre. C’est plutôt calibré pour être assez classique et le plus didactique possible. Pour autant ça se lit bien.

De la même façon, les personnages sont des archétypes tels qu’on peut les trouver dans nombre de shonen manga sur le sport par exemple, avec la figure paternelle grincheuse mais qui a du coeur, la mère attentionné en arrière-plan mais forte dans son ménage, l’enfant de la famille un peu naïf mais qui va reprendre les rênes et s’affirmer à la force de ses convictions, la rivale un peu pimbêche mais qui va devenir super copine avec l’héroïne, et tous les copains un peu bouseux mais au grand coeur qui vont aider. C’est classique mais efficace et on s’attache vite.

Au final, l’ensemble donne un titre agréable à lire malgré ses plus de 400 pages. On suit, si ce n’est avec passion du moins avec intérêt, les aventures de Natsuko qui veut redonner ses lettres de noblesse à un saké artisanal et bio. C’est un très bon moyen de découvrir cet élément culturel japonais jusqu’à présent ignoré dans les manga publié en France. Si vous êtes curieux d’en apprendre plus sur cet alcool tout en lisant une histoire de famille et de passion, je vous recommande Natsuko no sake.

Tome 2

Une suite réussie pour cette série conséquente sur la culture et l’agriculture japonaise qui parvient encore une fois à me passionner malgré sa lecture un peu ardue. En effet, les tomes se suivent et se ressemblent. Ce sont de belles briques qui nécessitent de longues heures de lecture mais où l’on ressent tellement bien la passion de l’auteur et de son héroïne pour le saké qu’on ne peut qu’y prendre du plaisir !

Natsuko a bel et bien planté son riz à saké et a commencé à s’en occuper. Ce n’est cependant pas de tout repos et il va lui falloir faire preuve d’une rare détermination pour aller jusqu’au bout. Entre apprentissage du désherbage manuel, lutte contre les pesticides et les autres petites bêtes qui pourrait venir à bout de sa culture, et typhon qui vient encore ajouter à la difficulté de cette culture biologique d’un autre âge, elle aura fort à faire. Mais on ressent tellement sa passion qu’on ne peut que la suivre à 100 %.

En plus, elle fait de belles rencontres, parfois atypiques, comme ce paysan convaincu à 100 % par le bio et qui le pratique au quotidien mais qui est très bourru, ou encore ce président de coopérative agricole qui contre toute attente va la rejoindre dans son rêve de d’association de riziculture bio. Dans ce deuxième tome, on voit encore plus les relations qu’elle doit nouer avec les autres pour mener son entreprise à bien et ça crée une jolie dynamique, que ce soit avec les nouveaux personnages ou les anciens croisés dans le tome 1, comme Saeko l’ex-tokyoïte, Jinkichi son ami et soutien de toujours, papi Miyagawa qui l’aide toujours, Kusabe le jeune qui lui ressemble tant qui revient ou encore sa belle-soeur avec qui elle a une belle complicité de part leur rêve commun.

Le long de ces 400 pages, il lui arrive donc bien des aventures, elle grandit humainement et en tant qu’agricultrice. Elle parcourt un beau chemin et le final nous met le sourire aux lèvres tant on est content pour elle après toutes les épreuves qu’elle a connues. C’est une très belle aventure humaine où l’auteur met très bien en valeur cette culture typiquement japonaise et interroge également sur des questions universelles autour du bien cultiver et du bien manger. On aime.

Ma note : 15 / 20

6 commentaires sur “Natsuko no Sake d’Akira Oze

      1. Lol il y a trop de titres qui sortent, normal de trainer sur certains. J’avoue que je profite d’avoir un peu plus le temps cette semaine pour tenter de rattraper aussi mon retard, mais j’ai quand même l’impression d’être un poil en décalage avec certains titres lol

        Aimé par 1 personne

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