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Natsuko no Sake d’Akira Oze

Titre : Natsuko no Sak5

Auteur : Akira Oze

Éditeur vf : Vega-Dupuis (seinen)

Années de parution vf : 2019-2021

Nombre de tomes vf : 6 (série terminée)

Histoire : Natsuko Saeki est une employée de bureau à Tokyo, mais elle ne s’épanouit pas dans son travail. Ses supérieurs ne voient en elle qu’une subalterne juste bonne à faire des photocopies et servir du café.
Mais un jour son frère tombe malade et l’opportunité s’offre à elle de rentrer auprès de sa famille pour l’aider. Or Natsuko est issue d’une famille de modestes brasseurs de saké, et tente depuis des années de brasser un saké particulièrement savoureux et unique. Motivée par ce défi familial, Natsuko, remplaçant son frère, va se plonger corps et âme dans le travail du saké et tenter de se faire une place dans un milieu très traditionnel et dominé par les hommes.
Réussira-t-elle a brasser le meilleur saké du monde, issu d’un riz unique, réputé impossible à cultiver ?

Mon avis :

Tome 1

Dans le panorama des manga parus en France, on a eu des titres sur des sujets très variés, mais il en manquait encore un sur le saké, cet élément pourtant clé de la culture japonaise telle qu’on la voit depuis l’Occident. Je suis donc ravie que les éditions Vega aient eu l’initiative de faire paraitre la série d’Akira Oze sur le sujet. Ce dernier est déjà connu chez nous pour Le Disciple de Doraku, un autre titre à l’ambiance patrimoniale. Ce n’est donc pas le perdreau de l’année qui a été choisi pour nous parler de ce sujet et nous présenter la culture du saké.

J’avoue que sur le papier, si j’étais curieuse d’en apprendre plus sur un sujet culturel qui m’était inconnu, je redoutais un peu la forme de ce manga. 6 volumes de plus de 452 pages d’un titre paru à la fin des années 80 au Japon, ce n’est pas forcément ce qui vend le plus de rêves, surtout quand l’auteur n’est pas reconnu comme un classique chez lui comme c’est le cas d’autres anciens auteurs dont j’aimerais lire les vieux titres. Cependant, la chronique de Yanmam Otaku chez Xander m’a donné envie de lui laisser une chance parce qu’il me promettait bien plus que mes a priori.

Comme je le pensais, le titre est daté. Aussi bien dans ses dessins, sa narration que dans son histoire, il correspond à un genre de titres des années 80 qu’on ne voit plus beaucoup par chez nous. Cependant, l’histoire sait dépasser ce cadre et permet au lecteur de ne pas s’y attarder.

On y retrouve la fille d’un brasseur de saké, dont le frère, responsable de l’entreprise familiale, est très malade. Travaillant comme publicitaire à Tokyo, elle s’interroge sur son devenir. Doit-elle revenir aider son frère ? En reprendre les rênes si son frère décède ? Le lecteur devine très vite ce qui va se passer et la décision qu’elle va prendre. Il s’agira alors de suivre son aventure pour faire revivre un riz légendaire et produire un saké inoubliable, une aventure qui ne sera pas de tout repos, mais qui permettra de mettre en lumière toute la solidarité qui existe entre gens du terroir à la campagne, mais également d’apporter un beau message positif sur la transmission d’un héritage et la solidarité transgénérationnelle.

Ainsi, même si l’histoire a peiné à démarrer et a eu un rythme un peu lent parfois, j’ai beaucoup aimé cette lecture. J’ai trouvé très intéressant de découvrir la culture du saké à travers les yeux de cette jeune femme, connaisseuse de loin du processus mais qui va devoir se frotter à la réalité de celle-ci. Je dois avouer que j’ai navigué entre plaisir et insatisfaction en ce qui concerne les informations s’y référant. Il y a énormément de termes techniques japonisant qui même s’ils sont expliqués rapidement en note m’ont freinée dans ma lecture, rendant celle-ci plus ardue et moins fluide. Je ne suis pas sûre non plus d’avoir tout compris et je suis persuadée que je ne pourrai jamais tout retenir. En plus, je ne trouve pas ce soit introduit avec pédagogie, j’ai vraiment eu l’impression qu’on me balançait tout un tas d’informations d’un coup au début, ce qui a rendu celui-ci un peu indigeste. Cela va mieux par la suite heureusement. A partir du moment où elle se penche sur la production du saké, on l’accompagne dans ses découvertes et cela devient plus agréable à suivre car c’est distillé de manière moins abrupte et c’est mieux intégré à l’histoire.

Du côté des dessins, sans surprise, je n’en suis pas une grande amatrice. C’est un dessin daté qui ne me parle pas. Il ne s’en dégage rien de particulier. Il n’est pas désagréable à regarder, mais pas beau ni notable non plus. Il n’y a pas de recherche dans le graphisme ou la mise en page, ce n’est pas le propos du titre. C’est plutôt calibré pour être assez classique et le plus didactique possible. Pour autant ça se lit bien.

De la même façon, les personnages sont des archétypes tels qu’on peut les trouver dans nombre de shonen manga sur le sport par exemple, avec la figure paternelle grincheuse mais qui a du coeur, la mère attentionné en arrière-plan mais forte dans son ménage, l’enfant de la famille un peu naïf mais qui va reprendre les rênes et s’affirmer à la force de ses convictions, la rivale un peu pimbêche mais qui va devenir super copine avec l’héroïne, et tous les copains un peu bouseux mais au grand coeur qui vont aider. C’est classique mais efficace et on s’attache vite.

Au final, l’ensemble donne un titre agréable à lire malgré ses plus de 400 pages. On suit, si ce n’est avec passion du moins avec intérêt, les aventures de Natsuko qui veut redonner ses lettres de noblesse à un saké artisanal et bio. C’est un très bon moyen de découvrir cet élément culturel japonais jusqu’à présent ignoré dans les manga publié en France. Si vous êtes curieux d’en apprendre plus sur cet alcool tout en lisant une histoire de famille et de passion, je vous recommande Natsuko no sake.

Tome 2

Une suite réussie pour cette série conséquente sur la culture et l’agriculture japonaise qui parvient encore une fois à me passionner malgré sa lecture un peu ardue. En effet, les tomes se suivent et se ressemblent. Ce sont de belles briques qui nécessitent de longues heures de lecture mais où l’on ressent tellement bien la passion de l’auteur et de son héroïne pour le saké qu’on ne peut qu’y prendre du plaisir !

Natsuko a bel et bien planté son riz à saké et a commencé à s’en occuper. Ce n’est cependant pas de tout repos et il va lui falloir faire preuve d’une rare détermination pour aller jusqu’au bout. Entre apprentissage du désherbage manuel, lutte contre les pesticides et les autres petites bêtes qui pourrait venir à bout de sa culture, et typhon qui vient encore ajouter à la difficulté de cette culture biologique d’un autre âge, elle aura fort à faire. Mais on ressent tellement sa passion qu’on ne peut que la suivre à 100 %.

En plus, elle fait de belles rencontres, parfois atypiques, comme ce paysan convaincu à 100 % par le bio et qui le pratique au quotidien mais qui est très bourru, ou encore ce président de coopérative agricole qui contre toute attente va la rejoindre dans son rêve de d’association de riziculture bio. Dans ce deuxième tome, on voit encore plus les relations qu’elle doit nouer avec les autres pour mener son entreprise à bien et ça crée une jolie dynamique, que ce soit avec les nouveaux personnages ou les anciens croisés dans le tome 1, comme Saeko l’ex-tokyoïte, Jinkichi son ami et soutien de toujours, papi Miyagawa qui l’aide toujours, Kusabe le jeune qui lui ressemble tant qui revient ou encore sa belle-soeur avec qui elle a une belle complicité de part leur rêve commun.

Le long de ces 400 pages, il lui arrive donc bien des aventures, elle grandit humainement et en tant qu’agricultrice. Elle parcourt un beau chemin et le final nous met le sourire aux lèvres tant on est content pour elle après toutes les épreuves qu’elle a connues. C’est une très belle aventure humaine où l’auteur met très bien en valeur cette culture typiquement japonaise et interroge également sur des questions universelles autour du bien cultiver et du bien manger. On aime.

Tome 3

Après une longue pause dues aux soucis de l’éditeur qui a depuis rejoint la collection de Dupuis, voilà le retour des aventures de Natsuko qui signent en plus la moitié de la série.

Comme toujours, c’est une lecture assez dense, déjà parce que ce sont des tomes doubles donc avec une pagination importante, mais aussi parce que l’auteur nous apporte maints détails sur la fabrication du saké et tout ce que cela implique autour. C’est vraiment un petit guide précieux pour qui s’intéresse à la façon traditionnelle, mais pas que, nous le verrons dans ce tome, dont on le fabrique.

Nous retrouvons donc Natsuko qui est toujours en train de participer à l’élaboration d’un nouveau cru de saké traditionnel au sein de sa famille, avec ses amis aussi passionnés qu’elle. Si je ne suis pas personnellement passionnée par la description bien longue de tous les éléments techniques liés à la fabrication du saké, ce qui a même tendance à m’ennuyer parfois vu leur profusion, en revanche j’aime beaucoup tout ce que l’auteur tisse autour.

Dans une première partie, il s’intéresse à la commercialisation du saké. Nous découvrons à quoi ressemble le marché du saké au Japon à la fin des années 80. Nous apprenons aussi les procédés que certains fabricants peu scrupuleux utilisent pour brasser et commercialiser du saké à bas coût vendu comme du très bon afin de faire le maximum de profit. La faute aussi à des clients qui, pour la majorité, ne s’y connaissent plus et cherchent surtout l’ivresse. Les vendeurs de bien des caves n’y connaissent rien non plus et vendent les plus connus ou les plus avantageux pour eux sans les goûter. C’est une vision assez terrible.

Heureusement, il y a une nouvelle génération comme Natsuko qui ne se laisse pas abattre et qui tente de relever le niveau aussi bien côté fabrication, que vente et découverte. Tout n’est pas perdu. L’auteur nous montre cependant que ce n’est pas simple de lutter contre le progrès qu’on cherche à nous imposer et à opposer à la tradition. Ainsi Natsuko se heurte à une maison rivale dont le père lui met des bâtons dans les roues tandis que le fils voudrait faire comme elle et promouvoir l’excellence. Pas facile.

Il est également question de transmission de témoin dans ce tome. Autant depuis le début Natsuko s’évertue de reprendre la flamme de son frère, mais là elle est pleinement reconnue comme nouvelle gérante, ce qui est bien méritée. Son ami Shingo tente aussi de prendre la relève mais c’est moins simple. Kusakabe, lui, va se lancer pour devenir Toji. On rencontre même un jeune caviste passionné qui fait le tour des petites maisons de saké pour les promouvoir et changer les habitudes des consommateurs. C’est vraiment chouette de les voir tous à l’oeuvre.

Enfin dans une seconde partie assez longue, nous revenons aux sources de la série : l’agriculture, qu’on avait un peu oublié depuis que Natsuko avait fini de récolter son riz. Là aussi tradition et modernité s’affrontent. Les amis de Natsuko, poussés par celle-ci, deviennent des chantres de l’agriculture biologique raisonnée et s’opposent ainsi aux pesticides et autres épandages, ainsi qu’au regroupement brutal et barbare des parcelles qui massacre tout. Cependant quand on est petit agriculteur et qu’on cherche à faire des économies parce que ça paie mal, c’est dur de ne pas céder à la facilité de ces procédés, surtout quand de grands groupes font pression et tentent de nous manipuler.

Ainsi dans ce nouveau tome très riche, l’auteur n’hésite pas à nouveau à dresser un portrait fidèle mais rude de la réalité de l’agriculture au Japon à cette époque-là ainsi que de la fabrication du saké. Tout n’est pas rose loin de là, de nombreuses difficultés se dressent sur le chemin de l’héroïne, mais justement ce qui est beau c’est de la voir lutter pour les traverser, et ça, ça fonctionne à merveille !

Tome 4

Natsuko no Sake est toujours une belle lecture mais jamais une lecture simple et ce tome à nouveau très copieux l’a démontré.

En mettant vraiment l’humain au coeur de ces chapitres, l’auteur a fait de ce tome un moment fort de l’histoire. On arrive à la fin du premier cycle du nouveau saké que Natsuko et ses proches veulent créer. On pourrait se croire arrivé, mais ce n’est pas du tout le cas. Ce n’est que le commencement en fait. De nouvelles épreuves les attendent sur la route.

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur relance l’intrigue. Il y a d’abord la question des médailles que peuvent recevoir les différents saké afin d’être reconnu par le public et les amateurs. Cela pousse les brasseurs à l’excellence pour en obtenir à leur tour. Mais l’auteur montre également l’injustice dans l’obtention de ces prix, certains ne recevant rien alors qu’ils le mériteraient pourtant.

L’autre élément relançant l’intrigue, c’est bien sûr le nouveau cycle à lancer, avec un nouveau riz à planter, à cultiver et tout ce qui va avec. Cela relance bien des tensions au sein du petit village de Natsuko, entre ceux voulant cultiver bio et les autres, entre qui peut / veut cultiver telle ou telle parcelle, etc. Les générations et les mentalités s’affrontent. Cela peut avoir un sentiment de déjà vu avec le tout début de l’histoire mais cela permet également de voir l’évolution de chacun car les positions des personnages ne sont plus les mêmes depuis.

Enfin, le gros morceau de ce tome vient surtout du Toji de Natsuko, Papy, qui à cause de son grand âge est confronté à des problèmes de santé qui viennent tout bouleverser. Se mêle ainsi les questions sur la date limite pour pouvoir encore travailler, la transmission d’une génération à l’autre, et la capacité à fournir un travail moderne et éclairé quand on est aussi ancien dans le métier. C’est passionnant à lire même si on passe par beaucoup de tours et de détours pour y arriver, ainsi que beaucoup de pathos, parfois même un peu trop…

J’ai cependant aimé l’attachant que les personnages ressentent les uns pour les autres. Ce ne sont pas leurs ambitions qui priment ou du moins pas que, mais aussi le bien être des êtres qui leur sont chers, que ce soit celui qui veut monter une sorte d’association pour partager des produits bios cultivés en commun, ou celle qui ne veut pas priver un papy qu’elle aime tant de son rêve. On a même droit au début timide d’une potentielle romance toute mignonne et touchante entre Saeko et son futur nouveau Toji. J’adore !

Natsuko no sake reste donc une belle série culturelle et humaine, qui met bien en avant des valeurs propres au terroir, à la famille, au cercle de proches mais aussi à la transmission et à la passion. C’est vraiment enrichissant !

Tome 5

Depuis le début, Natsuko no sake est une série qui m’émeut par le message qu’elle transmet sur l’échange entre les générations et les traditions à se faire passer pour produire quelque chose de bon pour les autres mais aussi de satisfaisant pour soi. A un tome de la fin, l’autrice frappe à nouveau fort, même si parfois quelques longueurs finissent par se faire ressentir dans tout ce jargon assez détaillé.

Ce double tome s’ouvre d’abord par un dernier passage sur l’agriculture, un passage à nouveau très important car il montre comment la passion peut s’emparer de quelqu’un qui a priori n’en avait rien à faire de l’agriculture, mais qui une fois mordu, n’arrive plus à abandonner. C’était fort, c’était intense, c’était beau, d’autant plus qu’elle a dû lutter contre les préjugés de son père, lui-même agriculteur. J’ai beaucoup aimé les paroles de l’autrice, c’est une belle vision.

Dorénavant, on ne cultive pas juste parce qu’on a des champs. Il faut du talent et des efforts pour être paysan. Ce sont des gens comme ça qui laboureront, à l’avenir.
Accepter la vie de la grande nature, comprendre la force du sol et de l’eau, les soigner, savoir résister et surmonter toutes les difficultés, et surtout, un amour infini pour les produits agricoles, ce sont les qualités que les paysans doivent désormais avoir.

Le reste du tome se concentre ensuite sur la production du saké au sein de la famille de Natsuko. Après avoir suivi tant d’étapes, je pensais avoir fait le tour de la production. C’était me tromper lourdement. L’autrice rajoute encore bien des moments clés méconnus pour la production du saké. Alors oui, c’est passionnant de voir une telle richesse, un tel savoir-faire artisanal, mais c’est quand même assez indigeste à assimiler. J’ai d’ailleurs abandonner cette idée en cours de route, préférant me concentrer sur les relations entre les personnages et l’évolution propre de l’héroïne. Mais c’est quand même dommage. J’aurais aimé ne pas rester aussi hermétique à tout ça et me plonger moi aussi là-dedans, mais il y avait trop d’informations à retenir d’un coup ><

L’évolution de Natsuko est au coeur de ce tome et il était temps. Depuis le début, elle court un peu après le temps. Etant désormais plus posée, on la met face à un défi qu’elle peut relever : produire son propre saké à elle. Sauf qu’elle a beau être très douée pour déguster, ce n’est qu’une jeunette de 23 ans qui vient de perdre son frère dont elle voudrait réaliser le rêve. Dur dur alors de gagner son indépendance. J’ai cru un temps que ce serait réussi, mais la dégustation d’un saké de son frère a tout gâché et elle s’est retrouvée sous l’emprise de celui-ci. Je n’ai pas été très fan de tous les drames qui ont suivi. J’ai trouvé ça un peu exagéré de la part de Natsuko, qui est une vraie tête de pioche dès lors, ne voulant pas en démordre. Ce n’est pas très réaliste, surtout dans un tel milieu comme le rappel son entourage, et en même temps, il se dégage d’eux parfois un côté assez patriarcal sous des dehors d’anciens protégeant et épaulant la petite jeune, qui m’a un peu gênée. Je suis donc mi-figure mi-raisin concernant ce développement.

La fin approchant à grand pas, l’autrice a donc compris, qu’il était temps de concrétiser ses idées et d’offrir une vraie émancipation à son héroïne. L’idée est louable, la forme moins à mon goût. J’ai aimé voir Natsuko à la recherche de son saké. J’ai moins aimé tous les drames, inutiles pour moi et trop poussés, qui en ont découlé. Cela reste cependant une très belle histoire sur une tradition typique japonaise et une belle histoire aussi de transmission, avec de belles valeurs sur le travail, la famille et la passion. Je recommande donc chaleureusement ce titre !

Tome 6

Ultimes instants aux cotés de Natsuko et sa famille pour tenter de produire LE saké ultime. Vont-ils y parvenir ?

Dans cette série tellement humaine, c’est avec bonheur mais tristesse que l’on quitte ce joli groupe qu’on a pris plaisir à suivre depuis tant de chapitres. Avec Natsuko, Kusakabe et les autres, on était nous aussi un peu en famille, une famille de passionnés de la terre et du terroir qui était donc très émouvante dans ce qu’elle cherchait à obtenir.

Dans cet ultime opus, une fièvre s’empare d’eux et du lecture dans les dernières étapes de l’élaboration du saké. Le palais de Natsuko est tel que tout le monde se demande s’il pourra la satisfaire pour créer ce saké qu’elle appelle de ses voeux. C’est un moment charnière, plein de passion mais également de tension. Les corps sont mis à rude épreuve et les nerfs aussi. J’ai adoré suivre chacune des nombreuses étapes et voir Natsuko y participer sous la houlette du Toji monsieur Yamada. Bien sûr, je ne vais pas vraiment retenir tout ce que j’ai pu lire, c’est trop spécifique et je suis trop peu passionnée par le sujet, mais en revanche l’artisanat, la patience et l’abnégation des ouvriers, ça je vais m’en rappeler.

Natsuko no sake était vraiment un titre de terroir et pour cela il fallait que ce soit un titre humain. Il l’a rappelé à chaque instant de ce dernier volume. La force des ouvriers pour aller jusqu’au bout, et en particulier celle de Yamada qui est au bout de sa vie, fut très belle. J’ai adoré la passation de flambeau entre lui et Kusakabe. La volonté à toute épreuve de Natsuko était aussi émouvante car elle souhaitait ainsi rendre avant tout hommage à ce frère trop tôt disparu qui aurait dû être à sa place. Cependant, elle a réussi à se forger sa propre place de gérante et héritière et c’est tout à son honneur, surtout quand on voit le palais qu’elle a !

L’auteur nous offre ainsi de superbes moments, des moments de passion autour de la fabrication du riz, des moments divins autour de la dégustation et des moments euphoriques quand les coeurs raisonnent à l’unisson. C’était magnifique. Je dois dire que j’ai vibré moi aussi avec les personnages à chaque étape et que la page où enfin ils réalisent leur rêve était parfaite !

Après la série n’est pas dépourvue de défaut. C’est d’abord une série très bavarde et complète sur la fabrication du saké, à tel point que j’ai oublié au fil des mois ce qu’elle avait pu raconter dans les tomes précédents à ce sujet, c’était trop technique. Il a donc fallu m’accrocher. Cependant, en mettant cela de côté, on retient surtout une très belle histoire de vie, une très belle histoire humaine. C’est aussi un titre de son époque, avec des dessins datés, des proportions parfois ratées et des personnages qui se ressemblent un peu trop comme Natsuko et son amie nouvellement agricultrice dans ce tome. Ce qui est aussi d’époque, du moins je le crois fort fort, c’est le type de relation familiale décrite pour les femmes, un modèle tellement enfermant qu’il en est détestable. J’ai haï la façon de présenter la belle-soeur de Natsuko comme celle qui devait pallier à l’absence de Natsuko et faire toutes les missions d’une « fille/femme » à la maison. J’ai détesté les pages où voit les hommes la marchander. J’ai détesté que Natsuko semble se résigner à accepter cela. Ce n’est pas du tout ma vision de la famille et c’était révoltant à lire.

Je quitterai cependant Natsuko no sake sur une belle note car c’est d’émotion, de tendre, d’humour et d’abnégation qu’est fait ce dernier tome. Natsuko a pu accomplir son rêve et ça en valait le coup. On quitte tout ce petit monde avec émotion tant on s’est attaché à eux. Je remercie l’éditeur d’avoir eu le courage d’éditer un tel titre de niche, un peu ancien en plus, dans une édition dense. C’était magique de découvrir la passion derrière la production de ce produit du terroir emblématique du Japon. La passion des hommes et des femmes derrière est magnifique.

6 commentaires sur “Natsuko no Sake d’Akira Oze

      1. Lol il y a trop de titres qui sortent, normal de trainer sur certains. J’avoue que je profite d’avoir un peu plus le temps cette semaine pour tenter de rattraper aussi mon retard, mais j’ai quand même l’impression d’être un poil en décalage avec certains titres lol

        Aimé par 1 personne

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