Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Les Femmes du Zodiaque de Miyako Maki

Titre : Les Femmes du Zodiaque

Auteur : Miyako Maki

Editeur vf : Le Lézard Noir

Année de parution vf :  2014

Nombre de tomes vf  : 2 (série terminée)

Histoire : Initialement parues dans l’hebdomadaire féminin Josei jishin entre 1973 et 1974, les dix histoires des Femmes du Zodiaque racontent des destins de femmes depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 1970.
Dans ce premier tome, plus particulièrement ancré dans les années 1960-1970, Maki s’intéresse aux femmes du Taureau, de la Vierge, du Verseau, de la Balance, du Capricorne, du Cancer et du Bélier, et l’auteure s’amuse à faire intervenir dans l’intrigue les particularités des différents signes. Sans tabou mais toujours avec élégance (le trait fin, racé, y est pour beaucoup), elle met en scène des femmes amoureuses, en plein éveil à la sexualité, et nous fait découvrir différentes facettes de la condition féminine, ainsi que l’évolution des moeurs dans la société japonaise contemporaine.

 Mon avis :

Tome 1

En amatrice de mangas depuis de longues années, j’aime de temps en temps explorer l’histoire de celui-ci en allant vers d’anciens auteurs que je ne connais pas pour découvrir ce qui se faisait avant. C’est dans cet esprit que j’ai acquis Les femmes du Zodiaque de Miyako Maki chez Le Lézard noir, un éditeur qui propose toujours de beau objet livre.

Miyako Maki est une autrice de mangas des années 60-70 qui fut la créatrice de la célèbre poupée Licca-chan mais surtout la femme de Leiji Matsumoto, le créateur d’Albator et non je ne dis pas ça pour la réduire à son rôle d’épouse mais parce que j’ai retrouvé entre l’oeuvre du monsieur et celle de sa dame certaines similitudes dans le trait et le ton avec une préférence pour cette dernière chez moi. Elle fut d’abord une autrice de manga pour fillettes avant de se tourner vers un public plus adulte, comme ici, dans un second temps.

Les femmes du zodiaque se présentent comme une anthologie de récits plus ou moins longs racontant le destins de femmes japonaises depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux année 70, décennie où furent publiés ces récits, et Le Lézard noir les propose en deux tomes assez conséquents plus de 300 pages, sur papier bien blanc et épais, ce qui fait un très bel écrin aux dessins poétiques de l’autrice.

Ceux-ci furent vraiment mon point d’orgue dans cette lecture. J’ai retrouvé ici, cette science du langage graphique propre aux années 60-70 où les auteurs osaient expérimenter. A l’image d’un Tezuka, on retrouve vraiment des jeux intéressants de cadrages, de contre point, d’agencement des cases, de pertes du lecteur dans les lignes de fuite. C’est très beau, old school mais marquant. Cela renforce énormément l’ambiance dramatique de ces récits de vie, un peu comme celle des tragédies jouées dans le théâtre traditionnel japonais ou racontées dans ces vieilles chansons japonaises du courant enka. J’aime cette façon de composer les histoires et les pages du récit pour impacter le lecteur directement en un clin d’oeil. Malheureusement peu d’auteurs actuels ont su garder cela, à croire qu’ils sont devenu plus frileux.

Les histoires proposées dans ce premier tome sont au nombre de 5 et malgré leur ancrage dans les années 60-70, elles sont très modernes dans leurs propos. On y parle sans tabou de couples libres, de grossesse et d’avortement, de sexualité féminine, de désir féminin, d’amour incestueux, d’amour adultérien. On y trouve des femmes plutôt libres malgré le carcan qu’on cherche à leur imposer, certaines vivent seule, travaillent et mènent leur vie de femme de front, ce qui n’est pas forcément toujours le cas de nos jours… alors vous voyez la modernité de la chose. Elles sont intelligentes, elles ont des désirs et l’assument. Malgré leur fragilité apparente, ce sont des femmes très fortes.

Cependant l’autrice leur fait connaitre bien des drames. L’ambiance est souvent un peu lourde et pesante voire tragique. On se demande si elles vont s’en sortir et survivre à tout ça. Pour cela, la mangaka s’appuie sur les signes du zodiaque, son fil conducteur, elle associe chaque personnage à un signe et à certains caractéristiques qui vont guider lentement l’histoire vers un final inéluctable. C’est très poétique mais une poésie d’un autre temps. Moi, j’ai aimé cette ambiance à l’ancienne et ce côté dramatique parfois poussé à l’extrême avec même une pointe de thriller dans certaines histoires. Seule la dernière est un peu plus légère et m’a bien amusée.

J’ai tout de même quelques petits points noirs à pointer, des petites choses qui ont déplu à ma morale personnelle. En effet, l’autrice représente parfois des scènes de viol voire de viol conjugal assez dérangeantes et qui n’apportent pas forcément à l’histoire, ainsi qu’une relation incestueuse trop poussée qui aurait pu ne pas l’être autant. On voit également des femmes se faire droguer pour que les hommes puissent faire ce qu’ils veulent. Comme toujours, je pense qu’il devrait exister d’autres ressorts scénaristiques que cela pour aboutir au même résultat final sans passer toujours par commettre des horreurs contre les femmes. Mais en dehors de ces points, j’ai beaucoup aimé les récits.

Je voulais découvrir une autrice d’autrefois, ses dessins, ses compositions, ses thèmes, je ne suis pas déçue. J’ai beaucoup aimé le travail de Miyako Maki. Après le format d’histoires courtes me frustre toujours un peu. Je préfèrerai poursuivre ma découverte de l’autrice sur des récits plus longs comme Akujo Seisho (lien).

Ma note : 16 / 20

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5 commentaires sur “Les Femmes du Zodiaque de Miyako Maki

    1. Je te comprends, c’est particulier, ça change des titres qu’on peut trouver en masse sur les étagères de nos libraires, mais je pense que ça vaut le coup de le découvrir. Peut-être par une médiathèque s’ils l’ont ?

      Aimé par 1 personne

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