Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Les nuits d’Aksehir de Raku Ichikawa

Titre : Les nuits d’Aksehir

Auteur : Raku Ichikawa

Editeur vf : Akata (L)

Année de parution vf : 2017

Nombre de tomes : 2 (en cours)

Résumé du tome 1 : Ayako est une jeune étudiante à Tokyo, en école de mode. Pourtant, peu motivée, elle ne trouve pas l’inspiration pour créer des design satisfaisants et originaux. Mais grâce à l’amulette qu’elle porte autour cou, une inattendue opportunité va s’ouvrir à elle : Hodja, immigré turc, va lui proposer de travailler en tant que serveur au sein d’Ak?ehir, son petit restaurant égaré au coeur de Shinjuku. Au fil de ses rencontres et de ses nuits de service, mais aussi au contact de Zakuro, fascinante danseuse orientale, Ayako va découvrir tout le charme de la culture turque… au-delà de tous clichés ! Et si cette nouvelle ouverture sur l’étranger lui montrait enfin la Voie à suivre ?

Mes avis :

Tome 1

Vendu par Akata comme un titre permettant de découvrir la culture musulmane d’une autre façon, je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette description. Pour moi, Les nuits d’Aksehir est plus un titre permettant de découvrir la culture turque et en parallèle mettant en avant une jeune japonaise qui s’épanouit au contact de cette culture différente et pourtant proche de la sienne.

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le travail éditorial d’Akata sur ce titre avec une superbe jaquette mettant le bleu en avant grâce aux teintes grisés du reste du dessin. L’intérieur est tout aussi soignée avec une couverture intérieure reprenant la faïence turque et des premières pages en couleur de toute beauté nous plongeant directement dans leur culture.

J’ai bien aimé les dessins de Raku Ichikawa également qui ne sont pas sans rappeler ceux de Ryô Ikuemi avec ces grands yeux mangeant la moitié du visage et ces bouches tellement larges. Mais elle apporte également beaucoup de richesse à ses planches en ajoutant pas mal de détails propres à la culture turque grâce à des objets ou des motifs de là-bas. Les planches où elle dessine les plats vendus dans le restaurant de Hadja sont un délice pour les yeux et mettent vraiment l’eau à la bouche. De même, celles où elle montre la décoration du restaurant ou bien les danses de Zakuro nous transportent dans un autre monde.

Du côté de l’histoire, j’étais un peu perdu lors des premières pages me demandant dans quel pays on était, le dépaysement était complet. Puis peu à peu, en me mettant dans les pas d’Ayako, j’ai appris à découvrir Hadja et Zakuro, leur restaurant et leur culture. Ayako est une jeune étudiante japonaise un peu perdu dans ses études de styliste. Elle a du mal avec les autres et sa rencontra avec Hadja et Zakuro va tout changer. Grâce à eux, elle va s’ouvrir à une autre culture, elle va y trouver de l’inspiration et surtout elle va nouer une vraie relation avec eux ce qui va lui permettre de petit à petit s’ouvrir aux autres. L’auteure nous révèle par petite touche le côté inadapté d’Ayako, son présent pas facile à la fac et son passé assez lourd avec l’amie qui lui a donné son oeil turc. J’ai beaucoup aimé le traitement de ce personnage et de ceux qui gravite autour d’elle. J’aime l’ambiance calme et mélancolique qui se dégage du titre avec ces petites touches de drame mais d’espoir aussi. Les personnages ne sont pas que gaité, on sent une vraie profondeur chez eux et j’espère qu’on reviendra sur Hadja et sa femme et qu’on en apprendra plus sur Zakuro dans les prochains tomes tellement je la trouve fascinante.

Les nuits d’Aksehir est donc une jolie découverte aussi bien sur le fond que sur la forme. Ce titre me donne très envie de découvrir la cuisine turque et de voir des danses orientales.

Tome 2

Je suis à nouveau séduite avec ce tome où l’on continue à s’intéresser à la culture turque par le biais de la cuisine et de la danse mais aussi de la religion cette fois.

Dans ces nouveaux chapitres, on découvre enfin la famille d’Hodja et elle se révèle haute en couleurs. J’ai aimé cette esquisse de la relation entre Hodja, sa femme et leur fille qui semble bien compliquée. L’auteur a eu la bonne idée d’orienter leur querelle vers les deux restaurants respectifs qui ont chacun une philosophie bien différente. Cela permet ainsi de mettre en avant les principes d’Hodja, principes que je partage, je dois dire. J’aime qu’on mette en avant son pays en en gardant l’authenticité et en ne le travestissant pas pour appâter le chaland. J’espère que sa femme finira par le comprendre. En tout cas, je trouve celle-ci intrigante parce qu’elle a l’air d’être très sûre d’elle et d’avoir un fort caractère, tout comme leur fille.

En plus de ces nouvelles découvertes culinaires sous le sceau d’un conflit familial, nous continuons aussi à suivre le questionnement de Zakuro sur son métier de danseuse. C’était intéressant de revenir aux sources en découvrant celle qui l’a initiée aux danses turques, mais aussi de la voir retrouver une connaissance qui va peut-être la pousser à changer. Je suis par contre plus dubitative sur ce que veut amorcer l’auteur entre elle et le copain d’Ayako et j’espère que c’est juste trompeur.

Pour finir, le personnage d’Ayako m’a une fois de plus surprise avec sa curiosité naïve sur la culture turque. Elle invite le lecture à se montrer curieux lui aussi et à poser un regard neutre sur cette culture, notamment quand elle se rend dans la mosquée et pose tout plein de questions sur cette religion. J’ai vraiment trouvé ça intéressant et bien fait car plein de bienveillance.

Après le gros défaut de ce titre, c’est qu’on le suit plus par curiosité intellectuelle et plaisir des yeux que pour le plaisir de suivre une vraie histoire passionnante et bien écrite et ça, c’est dommage. J’ai vraiment encore plus eu l’impression que l’histoire n’était qu’un prétexte dans l’envie de l’auteur de nous faire découvrir cette culture.

Ma note : 16 / 20

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