Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Marion de Yuu Hikasa

Titre : Marion

Auteur : Yuu Hikasa

Éditeur vf : Komikku

Années de parution vf : 2018-2019

Nombre de tomes vf : 2 (série terminée)

Histoire : Paris, 1940. Marion est une môme des rues. Montée à la capitale pour de mauvaises raisons, elle est la meneuse d’une bande de garnements qui détrousse les gens. Mais un jour, son destin va basculer. Aaron Rosenberg est compositeur et il est le directeur musical du Doelion, un des plus prestigieux music-halls de Paris. Il monte un spectacle sur Jeanne d’Arc, mais à un mois de la première il n’a toujours pas de chanteuse principale. Alors qu’il se promène dans la rue, il entend Marion chanter et il est totalement époustouflé par sa voix. Il lui propose le rôle sur un coup de tête, mais la jeune fille est très méfiante. Alors que l’armée allemande est aux portes de Paris, une aventure incroyable va débuter pour Marion !

Mon avis :

Tome 1

Nouveau titre de Komikku dont j’aime particulièrement les séries, avec sa jolie couverture très titi parisien, il me fallait essayer le titre. Si dans la lignée d’Arte, c’est graphiquement un joli titre, l’histoire, elle, manque d’envergure pour marquer le lecteur, surtout quand on sait que ce sera terminé en 2 tomes.

Nous suivons les péripéties de la jeune Marion, provinciale qui a débarqué à Paris sur un quiproquo et qui doit désormais se débrouiller alors qu’elle vit dans la rue. Elle est à la tête d’une petite bande de chapardeurs mais au détour des rues de Paris, elle va faire une rencontre qui va changer sa vie et réveiller son vieux rêve de monter sur les planches.

Dès les premières pages, j’ai eu le sentiment d’être dans un titre s’inspirant de la vie d’Edith Piaf, la môme Piaf. On a une femme brune, à la vie difficile, qui a une très belle voix, qui va chanter dans un music hall dans le Paris des années 40. Ça fait beaucoup de ressemblances. Je me trompe peut-être mais la coïncidence est frappante.

Pour ce qui est de Marion, malgré le lourd passé qu’on essaie de lui coller, je n’arrive pas à accrocher au personnage. Il me manque le petit truc en plus avec elle. Son côté garçon manqué n’est qu’une façade et c’est bien dommage. Sa peur des hommes est également assez mal exploitée, trop superficielle. Seul son rôle de chef de bande et de maman de substitution me plaît bien mais on ne la voit pas assez ainsi. D’ailleurs, suis-je la seule à voir un lien entre la petite Lottie et notre chère Princesse Sarah qui a bercé notre enfance ?

Quand est-il de l’histoire ? Celle-ci se développe rapidement, peut-être un peu trop à mon goût. Elle comporte aussi son lot d’éléments invraisemblables dont le dernier est l’introduction d’un trafic de drogue qui sort d’on ne sait où… Je pense que c’était déjà assez rocambolesque de suivre des courses poursuites dans les rues et sur les toits de Paris, de découvrir un projet fantasque de Music Hall, de voir une jeune fille se faire enrôler pour travailler dans un bordel. Il n’y avait peut-être pas besoin de pousser le bouchon.

Du côté des décors, c’est assez réussi, je dois dire. Le tableau qui est fait de Paris, n’est pas sans clichés, mais est très beau. On y retrouve tout ce qui fait le charme du Paris de l’entre deux guerre. Le contexte d’ailleurs est un peu surfait ici. On nous propose une histoire se passant pendant les premières années de la Seconde Guerre Mondiale, or celle-ci n’a que peu de conséquences dans ce tome. Mais je pense, du moins j’espère, que ça devrait être corrigé par la suite avec Aaron et la pièce de propagande qu’ils veulent monter.

Marion est donc une histoire qui a un certain charme, qui change des récits que j’ai pu lire jusqu’à présent dans les mangas, mais à qui il manque le petit truc en plus pour vraiment rester dans les mémoires. L’idée est bonne et aurait méritée d’être creusée, là en deux tomes, ça va trop vite pour en faire quelque chose d’approfondi qui tienne la route et nous touche. Dommage.

Tome 2

Après un premier tome moyen, il est déjà l’heure de la conclusion pour Marion. Va-t-elle échapper au piège qu’on lui a tendu et enfin pouvoir mener la vie de ses rêves ?

J’avoue qu’en ouvrant ce dernier tome, j’avais un peu oublié où j’avais laissé l’histoire… Heureusement, les éléments sont tranquillement reposés, ce qui m’a évité d’être trop perdue. J’ai apprécié de voir l’autrice tenter cette fois d’utiliser un peu le décor parisien du début de la guerre de 40 qu’elle avait mis en place. C’est léger mais il y a une tentative. Après, ce n’est pas le propos de l’histoire donc ce n’est pas développé et même si je le regrette, c’est comme ça.

Pour en revenir à Marion, elle poursuit ses répétitions pour le rôle de Jeanne, ce qu’on voit trop peu à mon goût, mais surtout elle fait des rencontres. Elle recroise le fils du proprio du Doelion sur qui elle laisse une impression tenace malgré le cynisme de ce personnage que je n’aurai jamais réussi à vraiment cerner ni à trouver sympathique ou à vomir, j’ai hésité jusqu’au bout. Et surtout, elle rencontre lors d’un moment assez surréaliste, la chanteuse dont elle va, sans le savoir, être la doublure. Là aussi, sans savoir trop pourquoi, le lecteur va voir qu’elle va de suite la charmer et s’attirer son amitié. Ces rencontres en soit ne sont pas mauvaises mais comme le titre va vite, j’ai du mal à comprendre pourquoi Marion les marque autant. Oui, c’est un personnage solaire, jovial et entraînant, mais est-ce que ça justifie qu’une seule et unique rencontre les marque autant ? Pas pour moi.

Cette rapidité d’exécution et ce manque de profondeur vont malheureusement se sentir tout au long de ce dernier tome. La mise en place « du piège » est ainsi expédiée au détour d’une conversation qu’espionne les amis de Marion et les raisons derrière sont assez confuses pour ne pas dire simplistes et irréalistes. C’est dommage parce que la mise en scène est par contre très bonne quand le drame se produit. Ce fut pour moi le meilleur moment de la série parce qu’on sentait à la fois, enfin, tout le talent de Marion, et qu’on voyait bien le drame pointer le bout de son nez. Cependant, ça ne suffit pas à remonter le niveau d’une série mal calibrée. La fin est totalement précipitée et ne me satisfait pas du tout. Elle est à la fois trop légère, bon enfant et inaboutie. Cette série ne restera définitivement pas dans les annales malgré ses jolis dessins, elle souffre de trop de défauts dans la narration.

Ma note : 12 / 20

13 commentaires sur “Marion de Yuu Hikasa

  1. Ah enfin quelqu’un d’honnête ! Merci pour ta chronique !
    J’en avais marre de voir tout le monde encenser ce titre, alors que hormis de beaux dessins, il n’a rien de bien palpitant. Et encore, je te trouve gentille, perso, je ne prendrais même pas le deuxième tome. 😕

    Aimé par 1 personne

      1. Moi je me fiche des dessins, je préfère l’histoire. Bon si on peut avoir les deux, c’est encore mieux.
        Après pour Marion, déjà 8€ de perdu pour ça, j’suis deg, alors 16…certainement pas xD

        Aimé par 1 personne

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