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Freya – L’ombre du prince de Keiko Ishihara

Titre : Freya – L’ombre du prince

Auteur : Keiko Ishihara

Éditeur vf : Doki Doki

Année de parution vf : Depuis 2019

Nombre de tomes vf : 5 (en cours)

Histoire : Freya est une timide jeune fille qui vit à Tena, un paisible village du royaume de Tyr. Mais la quiétude de son quotidien est bouleversée par le retour d’Aaron et Alex, ses frères de cœur, qui sont porteurs d’une terrible nouvelle : le puissant royaume voisin de Sigurd exige la reddition de Tena, poursuivant ainsi son annexion progressive de Tyr. Pour sauver son pays, Freya se rend au château de Rocca, où elle tombe nez à nez avec un jeune homme qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, mais qui est sur le point de mourir. Et le destin de Freya va s’en retrouver changé à jamais…

Mon avis :

Tome 1

Doki Doki est une maison d’édition où j’achète peu de titres, ne me sentant pas forcément proche de leur ligne éditoriale. Par contre, ils ont le chic pour sortir des petits titres de fantasy assez classiques et toujours très bien dessinés qui me rappellent mes premières années de lectrice. J’aime donc bien de temps en temps replonger dedans.

Freya – L’ombre du prince est tout à fait dans cette veine. Avec ces dessins beaux, fins et détaillés, nous plongeons dans l’histoire d’une jeune fille dont le destin va subitement changer jusqu’à ce qu’elle doive prendre en main le destin d’un royaume.

Le premier tome est une vaste introduction à ce sujet. On nous y présente d’abord le temps d’un long premier chapitre les protagonistes principaux et leurs relations. Puis dans deux chapitres plus courts, les implications des bouleversements du rebondissement des toutes dernières pages du précédent. On y découvre alors d’autres nouveaux personnages qui vont graviter autour des héros et enrichir l’histoire qui commence à se dessiner de façon un peu plus complexe. Mais il faudra probablement attendre encore un ou deux tomes avant que celle-ci atteigne son plein potentiel.

Pour l’histoire, celle-ci se contente d’être celle d’une héroïne un peu trop pleurnicharde, qui vit dans un petit village avec sa mère malade. Mais déjà on nous plante autour un décor plus complexe avec des histoires de rivalités entre deux pays dont l’un est une puissance expansionniste. L’héroïne se trouve prise au milieu de tout ça pour une raison bien tirée par les cheveux à laquelle il manque quand même une explication pour le moment (Spoiler : Je parle de sa ressemblance connue avec le prince). Près d’elle, gravitent deux beaux gosses chevaliers, deux frères qui ont grandi avec elle et qui seront là pour la soutenir dans ses nouvelles aventures où elle va devoir jouer un rôle inattendu qui va lui permettre de grandir et s’affirmer.

Alors oui, les personnages sont clichés et cela ne s’arrange pas par la suite. Keiko Ishihara accentue même ce côté avec les mâles entourant l’héroïne, dès le chapitre 2, donnant un petit côté harem qui va vite m’agacer s’il n’évolue pas plus que ça. De la même façon, je n’ai pas trop apprécié la transformation trop rapide et subite de l’un d’eux pour coller à l’image d’un autre… La construction des personnages manque encore de subtilité.

Mais j’ai aimé voir l’autrice surfer à fond sur les codes des shojos d’autrefois. On sent aussi bien chez elle l’influence des anciens titres shojo plein d’aventures que des titres plutôt orientés romance à l’image de Georgie dont j’ai senti une référence directe et évidente dans le premier chapitre, avec son héroïne entourée de deux frères amoureux d’elle. Mais on ressent aussi l’influence d’autres titres portés sur le travestissement comme Princesse Saphir ou Utena. Ce qui donne un ton assez plaisant à la série.

Question rythme, on est bien servi avec un premier chapitre très riche, où l’autrice alterne moments calmes de présentations, petites touches d’humour, moments plus sérieux et tendus voire menaçant, et même parfois distillations de mystères autour des personnages. C’est très agréable à lire. On tourne les pages rapidement pour découvrir la suite. Mais surtout, j’ai beaucoup aimé le coup de semonce qui clôture le chapitre 1. Je ne pensais pas voir ce genre de scène à ce moment-là de l’histoire et c’est un très bon rebondissement d’emblée qui donnera le ton, je l’espère.

Un dernier mot sur les couvertures, celle du tome 1 qui vient de sortir et du 2 prévu pour bientôt. J’aime beaucoup leur composition en miroir et l’élégante douceur froide qui s’en dégage.

Même si le titre est encore en construction, Freya – L’ombre du prince fut une bonne surprise. J’ai aimé le classicisme de l’histoire qui m’a rappelé d’anciens titres que j’ai lu aussi bien en manga qu’en roman. Les personnages ont le potentiel de devenir attachants et charismatiques si on leur fait emprunter le bon chemin. De même, si l’autrice complexifie l’histoire comme il faut, il y a moyen de faire quelque chose de passionnant. Tout va donc dépendre de l’orientation des prochains chapitres. Par contre, sachant qu’il n’y a que 2 tomes parus au Japon, on va avoir de quoi attendre…

Tome 2

Le premier tome avait été une agréable surprise, cette suite le confirme allègrement. Les aventures un peu timides de notre héroïne gagnent en importance ici, au fur et à mesure des trahisons qu’elle subit et de l’aspect politique de l’intrigue qui prend de l’importance. Les personnages murissent et se dévoilent, pour former un petit groupe soudé et prometteur. Je suis vraiment contente d’avoir essayé de nouveau shojo d’aventure.

Nous avions laissé Freya en mauvaise posture après qu’elle se soit portée au secours de l’un de ses chevaliers. Ce n’est que le premier pas vers une intrigue plus complexe qui se révèle devant nous, puisque le royaume Tyr est sous la menace de celui de Sigurd et que près du prince, de nombreux personnages importants, sont prêts à le trahir soit pour prendre sa place, soit pour tirer profit d’un conflit qu’ils voient perdu d’avance. C’est de la high fantasy classique mais c’est plutôt bien fait.

L’autrice mélange cette intrigue avec des petites histoires plus intimes permettant de donner plus de consistance à l’histoire. On voit ainsi Freya s’attacher l’affection des chevaliers chargés de la protéger en faisant preuve d’un courage proche de la témérité. Elle commence aussi à endosser plus naturellement le costume de prince tout en conservant des caractéristiques qui lui sont propres, ce qui donne un joli mélange assez attachant avec une héroïne forte tête mais qui cherche à aider son peuple.

J’ai donc à nouveau passé un chouette moment de lecture, jusqu’à cette fin terriblement cruelle, puisqu’on va devoir maintenant attendre un moment avant de lire la suite qui vient tout juste de sortir au Japon.

Tome 3

Y a pas à dire parmi les shojo d’héroïc-fantasy que j’ai lu et que je lis, celui-ci se place vraiment dans le haut du panier. Il a beau être classique il s’en dégage une fraicheur et une honnêteté rare, notamment grâce aux beaux discours portés par l’héroïne qui illuminent ce tome !

La surprise du premier tome passé, le déroulé de l’histoire est assez classique. On assiste dans ce tome au siège d’une place forte, dans laquelle se rendent le prince et son chevalier blanc pour soutenir les soldats qui y sont. Entre assaut, piège, trahison et attaque surprise, on est bien servi, l’action est omniprésente. C’est vif et rapide même si prévisible. Mais ça a beau aller vite, ça ne manque pas d’impact pour autant et c’est grâce au bel équilibre trouvé entre action et construction des personnages.

Dans ce tome, on se centre sur Freya en tant que Prince, qui comprend qu’elle peut être les deux, qu’elle n’est pas obligée de se renier pour endosser le costume du prince et réussir, et que c’est au contraire en alliant les deux qu’elle sera victorieuse. Elle est aidée pour cela pour Julius, son chevalier blanc, dont j’ai adoré le développement ici. C’est un personnage froid, qui cache sous un masque de cynisme beaucoup d’humour, de reparties et d’amour aussi. La relation qui se noue entre les deux est très belle et honnête. Ils osent se montrer tel quel en face l’un de l’autre, Julius ne se cachant pas de la critiquer et Freya de lui désobéir, pour autant ils savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre. Freya apporte quelque chose de totalement nouveau à Julius qui lui permet de grandir, tandis que Julius l’aide à réaliser qu’elle peut être elle-même en jouant le prince. C’est un très beau duo assez inattendu, je l’avoue.

Reste après que l’autrice utilise vraiment de grosses ficelles. On devine très vite qu’il y a un traitre, qui c’est, que ça va mal tourner mais que ce ne sera pas la fin pour autant. Heureusement, ça passe plutôt bien et ce n’est pas complètement fumeux non plus. Peut-être aussi, que le fait que les combats claquent (Oh, le duel de Julius !) et que Freya harangue à merveille ses camarades soldats, aide pas mal ^^

En tout cas, j’ai passé un excellent moment une fois de plus. Je n’ai pas vu le temps passer. J’ai aimé la surprise de la fin et je suis frustrée de ne pas avoir la suite à me mettre sous la dent.

Tome 4

Avec ce quatrième tome, qui sort dix mois après le précédent… l’autrice ne nous trahit pas et continue à fournir une oeuvre qualité, classique certes mais très bien écrite et qui coche toutes les cases d’un très bon shojo d’aventure !

Je me suis donc à nouveau régalée des aventures de notre héroïne travestie en prince. L’histoire avance d’un bon pas. Le rythme est vraiment entraînant et en même temps, on n’a pas l’impression qu’il survolte ce qu’elle veut raconter, alors que ça pourrait être le cas. Non, Keiko Ishihara a vraiment trouvé le bon équilibre pour proposer une histoire dynamique et approfondie juste ce qu’il faut.

L’histoire se découpe en deux partie ici. Dans la première, Freya doit affronter Sigurd mais elle reçoit l’aide inattendue du peuple des forêts, ce qui offre un second souffle à cette bataille qui suit un long siège. Court mais intense et très bien mis en scène pour montrer la brutalité de la guerre, son absurdité et l’importance de figure porte étendard comme peut l’être le Prince. Freya est vraiment lumineuse dans ce rôle et elle emporte tous les suffrages.

J’ai beaucoup aimé continuer à la voir devenir de plus en plus forte ici. Elle noue de belles relations avec Julius et Alexis, comme prévu, mais également avec les soldats et le peuple, parce qu’elle est toujours positive, fonceuse et pleine d’abnégation. Elle rayonne dans l’adversité.

Adversité à laquelle elle va vite être confrontée en rentrant chez elle. Forte pourtant de cette victoire, les oppositions persistent mais elle va les affronter frontalement avec une réussite certaine. C’est un peu facile, une fois de plus, mais la solution apportée me plaît assez et ouvre l’histoire sur une nouvelle intrigue qui promet de l’aventure et des rencontres. Les confrontations politiques de Freya sont intéressantes même si un peu légères et pas mal d’indices sur ses origines sont glissées. On découvre également, enfin, le Roi et s’il fait de la peine, il offre aussi un joli moment plein de gaieté qui fait du bien vu les circonstances. C’est un personnage qui m’a touchée et j’ai aimé que l’autrice traduise ainsi sa maladie, ce n’est pas mélodramatique ni trash, c’est émouvant.

Les dessins sont également toujours aussi plaisant dans leur classicisme. L’autrice en plus a créé de jolies ambiances autour des différents duos, que ce soit les rapprochements touchants de Julius envers Freya qu’il considère différemment maintenant, ceux d’Alexis qui ose faire le premier pas et se dévoiler, ou Freya envers « son père » qu’elle affronte et console à la fois. Ça m’a mis plein d’étoiles dans les yeux. J’ai adoré.

Alors oui, ça ne révolutionnera pas le genre, mais je suis tellement en manque de shojo d’aventure que ça fait un bien fou d’en trouver des aussi bien écrits, dessinés et mis en scène que celui-ci. C’est classique mais ça touche mon coeur de fan en manque. J’aime le développement des personnages, l’avancée rapide et pourtant non survolée de l’histoire et la joliesse des dessins. Je suis par contre vraiment frustrée par son rythme de publication.

Tome 5

Avec son rythme de parution toujours aussi lent, cette série de fantasy ultra classique n’est vraiment pas aidée, alors quand en plus le tome enchaîne les facilités, ça fait un peu flop…

Je ne sais pas si c’est dû à l’espacement trop grand entre chaque tome mais j’ai trouvé ce tome bien trop rapide et un peu vide. L’autrice semble courir après le temps. Elle nous entraîne dans une nouvelle intrigue qui semble assez superficielle du premier au dernier chapitre.

Après un premier chapitre qui n’est que l’occasion de rencontrer un nouveau prétendu farfelu et caricatural pour Freya, Keiko Ishihara nous entraîne dans de nouvelles aventures diplomatiques secrètes avec Freya et ses chevaliers. Elle revisite ainsi allègrement les contes et autres récits de chevalerie que l’on connait mais elle le fait un peu à la va-vite avec un rythme très soutenu qui empêche une bonne caractérisation des personnages, les faisant plutôt reposer sur des archétypes grossiers qui m’ont laissée sur ma faim.

Avec ses camarades, elle est lancée sur les route pour raviver une antique promesse d’entraide mutuelle avec quatre autres royaumes. En chemin, elle croise donc le caricatural roi de Sigurd, qui ne m’a pas fait forte impression loin de là. J’y ai plutôt vu un guignol sanguinaire… Puis, elle enchaine et se retrouve à Nacht où elle tente de séduire la femme du souverain pour le rencontrer mais les moyens mis en oeuvre sont grossiers. On nous présente en effet une souveraine nymphomane adepte des jeunes et beaux mâles du coin, aidée d’une servante cruelle et brutale qui fait froid dans le dos. Tout ça est présenté sans la moindre nuance, avec un groupe de héros qui va se servir de la beauté de Julius pour arriver à ses fins.

J’ai vraiment espoir que derrière ce lancement grossier et trop rapide, ce nouvel arc de l’intrigue se révèle plus riche que ce que j’en voit. Après tout, nous sommes dans le pays responsable de la mort du grand amour de Freya, frère d’Alexis. Après tout, Freya est devenue une vraie meneuse d’homme. Et après tout, elle commence à s’éveiller à certains sentiments pour ses deux chevaliers servants les plus proches. Alors plutôt que de vouloir tout précipiter, j’aimerais que l’autrice prenne le temps de creuser la psychologie de ses personnages et leurs relations avec leurs alliés / ennemis potentiel.

Mes retrouvailles avec Freya ne se sont pas aussi bien passée que prévue. Trop de précipitation, trop de raccourci, trop de superficialité, pour faire autre chose qu’un banal récit réchauffé d’heroïc-fantasy. J’attendais mieux. J’aime les récits classiques mais encore faut-il faire preuve d’une minimum d’originalité et de volonté de proposer son oeuvre à soi. Ici, tout respire la facilité… Dommage.

Ma note : 14 / 20

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7 commentaires sur “Freya – L’ombre du prince de Keiko Ishihara

  1. Du coup ça va xD Ce tome est très introductif, j’espère aussi que les personnages vont évoluer, du moins de façon plus subtil comme tu dis, mais cette série a un très gros potentiel comme on peut le voir à la fin du chapitre 1, j’en reste encore choquée d’ailleurs O.O J’ai tout de même hâte de lire la suite, pour bien poser mon avis, et avoir des réponses à ton spoil notamment xD

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