Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Mashle de Hajime Komoto

Titre : Mashle

Auteur : Hajime Komoto

Editeur vf : Kazé (shonen)

Année de parution vf : Depuis 2021

Nombre de tomes vf : 2 (en cours)

Histoire : Dans un monde où la magie fait loi, il était une fois Mash Burnedead ! Élevé au fin fond de la forêt, le jeune garçon passe ses journées entre séances de musculation et dégustations de choux à la crème.
Mais un jour, un agent de police découvre son secret : il est né sans pouvoirs magiques, ce qui est puni de mort ! Pour survivre, il va devoir postuler à Easton, une prestigieuse académie de magie, et en devenir le meilleur élève…
La magie n’a plus qu’à bien se tenir : avec sa musculature affûtée et sa force hors du commun, Mash compte bien pulvériser tous les sorts et briser les codes de cette société !

Mon avis :

Tome 1

D’habitude je ne suis pas une grande adepte des shonens et a fortiori de ceux dits humoristiques, mais à force d’entendre dire que ce nouveau futur hit de Kazé était une parodie de Harry Potter avec un héros un brin débile jouant plus de ses poings que de magie, je me suis laissée convaincre et j’ai accroché dès les premières pages de l’extrait gratuit.

Le mangaka Hajime Komoto est un tout jeune auteur, qui n’a publié que deux courts oneshots avant et qui pourtant propose ici l’une des dernières séries très en vue du Shonen Jump, institution au Japon. Dès son lancement au Japon l’an passé, Mashle a su séduire le public japonais. Les raisons de ce succès, un mélange de shonen dans la plus pure tradition nekketsu et un humour assumé et déjanté autour d’un héros décalé, le tout dans un univers aux multiples références à Harry Potter. Résultat, le titre en est à 5 volumes au Japon et est toujours en cours.

Chez nous, il débarque ce mois-ci avec ses 2 premiers volumes sortis en simultané chez Kazé, qui espère sûrement ainsi assurer la relève de The Promised Neverland qui est sur le point de se terminer. Comme avec ce dernier, l’éditeur met donc les petits plats dans les grands pour assurer sa promotion, notamment sur les réseaux sociaux auprès des influenceurs avec un service presse qui aura fait parler de lui. Cela plaît ou non mais pour ma part cela m’aura permis de m’intéresser à un titre à côté duquel je serais peut-être passée faute d’intérêt majeur pour les titres du Jump ces dernières années…

 

Kit presse avec boîte à casser à coup de poings et accessoires de muscu

Ainsi grâce à cette promo intensive, j’ai eu envie de découvrir l’extrait gratuit qui proposait de lire le premier chapitre et ce fut une franche réussite. Si vous hésitez, n’hésitez pas à juste lire celui-ci qui contient déjà la quintessence de ce qui fera la suite de l’histoire.

On y a découvre un univers où la magie et le statut font tout. Si vous êtes puissant, si vous venez d’une grande famille, toutes les portes s’ouvriront à vous et vous pourrez faire ce que vous voulez. Mais que se passe-t-il quand on n’a pas de magie, pas de statut ? C’est en suivant ce paradigme surprenant que l’auteur a pensé son histoire. Il a ainsi imaginé un héros qui n’a pas une once de pouvoir magique. Son père l’a élevé dans le secret au fin fond de la forêt où il a fait énormément de muscu pour apprendre à se protéger. Mais un jour, son addiction pour les choux à la crème (oui, oui, les choux à la crème !) le fait remarquer par un magicien qui le pourchasse pour l’éliminer, sauf que l’entraînement à la muscu de Mash a été plus efficace que prévu et son adversaire bien conscient de sa force, va décider de se servir de lui pour monter la plus grande arnaque du siècle : le faire devenir un élu divin en devenant le meilleur élève de l’école de magie d’Easton pour ensuite partager les gains !

C’est sur la base de ce scénario totalement improbable que commence l’histoire. D’habitude, je ne suis pas fan des titres dits humoristiques mais ici entre les références à Harry Potter et le côté très con con du héros, j’ai été séduite !

Mash est surprenant. C’est la parodie ultime du héros bête de shonen qui fait tout reposer sur ses muscles et non sur sa cervelle, mais qui a bon coeur au fond. C’est extrêmement drôle. On se demande toujours comment il va pouvoir réagir encore plus bêtement mais il arrive toujours à nous surprendre. Il y a d’ailleurs une logique assez simple derrière, tout ce qu’on peut faire à la main, on le fait et alors c’est la magie qui est tournée en ridicule. Excellent ! Dans un univers où la magie est partout, j’ai trouvé excellent de voir celle-ci remise en question de cette façon si simple et pourtant évidente.

Cet univers est également une belle parodie en soi. L’auteur s’amuse à reprendre clé en main ce qu’il a lu et vu dans Harry Potter au point de retrouver trait pour trait certaines scènes et certains personnages. C’est impressionnant. Je ne sais pas ce qu’en pense l’autrice, J.K. Rowling, mais on peut d’ailleurs se poser la question de la limite entre l’emprunt et la copie, à ce niveau-là… Pour ma part, ça m’a plu de me retrouver dans un univers aux codes connus. Ça m’a amusée de les voir travestis avec humour pour rendre souvent le tout bien ridicule. Tout est surjoué, exagéré, ce qui permet d’offrir des scènes d’une rare drôlerie où la surprise est souvent de mise. Il en va de même avec le système scolaire élitiste anglais qui est également parodié ici. Il suffit de voir le nom de l’école qui fait clairement référence à Eton, cette école réservée au fleuron de la société anglaise depuis des générations et des générations.

Cependant, car oui il y a un bémol, sinon ce serait trop beau, j’ai trouvé la narration souvent maladroite. Il y a une accumulation d’exagérations qui rend celle-ci un peu lourde à lire par moment. La mise en scène dynamique et originale parfois du premier chapitre se coule peu à peu dans le moule des shonens à succès rendant les pages plus chargées et les enchaînements plus lourds et maladroits. C’est une première oeuvre longue et cela se sent malgré la maîtrise qu’on pourrait sentir en surface, quand on creuse il y a quelques maladresses, ce qui est tout à fait normal. Cependant, cela interroge pour la suite du titre et le renouvellement des gags que l’on suit. L’auteur va-t-il réussir à aller plus loin et à proposer une histoire plus riche ?

Toutefois pour un jeune mangaka, il fait quand même preuve d’une belle maîtrise graphique avec un style bien à lui tout en correspondant bien aux standards du Jump. J’aime le côté très looké des personnages avec leurs gambettes fuselées et leur ligne sur le visage, tatouage marquant leur possession de la magie. L’auteur essaie de donner à chacun une identité visuelle forte malgré l’uniformité des tenues dans cet univers très codifiés. Après, il s’inspire également énormément, à nouveau, de la saga Harry Potter jusque dans les visuels des personnages secondaires et ça c’est dommage. Il faudrait qu’il s’en détache un peu à ce niveau-là quand même.

Ainsi, Mashle a été une jolie surprise pour moi. D’abord, je ne m’attendais pas à aimer autant un titre parodique vu que ce n’est pas mon genre préféré. Je ne m’attendais pas non plus à autant m’amuser des aventures lourdingues d’un héros aussi con con, mais ça fonctionne très bien sur moi pour le moment. Je demande juste à voir comment l’auteur va développer ce monde magique sur fond également de lutte sociale et s’il va parvenir à un moment donné à se détacher de l’univers d’Harry Potter qu’il copie un peu trop pour le moment ^^!

Tome 2

Passé le premier tome qui fut une très bonne lecture, le deuxième peine déjà un peu plus à me convaincre. Certes l’humour est toujours aussi présent mais l’intrigue repose un peu trop dessus et le fil rouge que l’auteur veut installer m’a semblé un peu trop forcé. Ce tome a manqué d’équilibre.

Kazé a eu la riche idée de sortir les deux premiers tomes en même afin que nous nous fassions une idée. C’est judicieux, car en effet dès ce deuxième tome l’auteur tenter de donner une vraie trame narrative à l’oeuvre en dehors des frasques de son héros, à ses risques et périls. Pour ma part, je ne fus pas totalement convaincue.

En fait, j’ai trouvé les premiers chapitres de cette suite assez oubliables. On y voit encore Mash être totalement con con, mais le hic, c’est que les personnages en face le sont aussi. Du coup, l’humour prend moins bien car là ça fait trop, l’équilibre trouvé dans le premier tome est rompu à mon goût. Le type de première année qui fait un lolita complex, me rappelle un personnage de Black Clover en moins bien. Le type qui complexe de ne pas séduire les filles et qui est tout feu tout flamme, est une copie d’un personnage de Bleach cette fois, mais toujours en moins bien. Ils sont tous un peu trop froid, se donnent des airs sans raison, c’est raté et je ne parle pas du « méchant » des cours en plein air…

Heureusement, même si c’est un peu forcé et que ça sort de nulle part, l’idée de créer une compétition entre les trois dortoirs de l’école, avec en particulier l’un d’eux qui a des airs de psychopathe, est plutôt intéressante par la dynamique que ça apporte. J’aime quand les méchants sont présentés comme des barjots excessifs comme ici, ça me fait toujours rire. J’aime que ça ait aussi un lien avec ce qui permettra à Mash d’obtenir ce qu’il souhaite. J’aime qu’une compétition se crée entre les élèves autour de ces pièces avec à chaque fois des motivations intéressantes, je pense notamment à Lance en disant ça.

Cependant, je regrette vraiment que l’auteur ne parvienne toujours pas à s’éloigner d’Harry Potter. C’était amusant au début mais là ça commence à faire un peu beaucoup. En plus, même quand l’auteur invente autre chose, il semble se sentir obligé d’y revenir finalement, voire même d’introduire des flashbacks pompés dessus parfaitement inutiles car l’histoire aurait parfaitement pu s’en passer. Et j’ai beau aimer Harry Potter, ça commence à m’agacer cette fois.

Ainsi, alors que je pensais voir une confirmation avec ce tome 2, c’est l’inverse qui s’est produit et je suis plutôt mitigée. J’aime certaines idées mais moins leur mise en oeuvre. J’aime certains concepts de base mais je trouve leur utilisation maladroite. Le troisième tome sera décisif.

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5 commentaires sur “Mashle de Hajime Komoto

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