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La Dragonne et le Drôle de Damien Galisson

Titre : La Dragonne et le Drôle

Auteur : Damien Galisson

Éditeur : Sarbacane

Année de parution : 2022

Nombre de pages  : 290

Histoire : Il a une douzaine d’années, et est surnommé « le drôle » par son clan une petite troupe de quatre mercenaires qui sévit sur ce monde d’îles flottantes. Gamin doux et
rêveur, il peine à trouver sa place sous les ordres et les taloches de Chef et Tanneur. Il y a bien Rody, son grand frère, mais il ne décroche pas un mot, ne lui accorde jamais un regard.
Le drôle, lui, aime par dessus tout chanter et composer des rimes, ce qui ne lui apporte que des ennuis.
Jusqu’à ce jour fou où un dragon immense s’écrase à ses pieds. Une dragonne. Poursuivie par une armada d’aéronefs de guerre.

Mon avis :

Quand on m’a proposé La Dragonne et le Drôle, c’est surtout mon amour pour les dragons qui m’a fait accepter, mais je craignais un peu une histoire légère qui ne m’aurait pas pleinement satisfaite. Fichus préjugés sur les romans jeunesse. J’avais bien tort quand j’ai vécu un grand moment.

Dès les premières lignes, je suis tombée sous le charme de la prose en vers libres de Damien Galisson qui rythmait avec tant de poésie et de force la voix du narrateur. Je n’avais jamais lu ce genre de plume avant et j’ai adoré. C’est un vrai bonheur d’entendre à ce point la musicalité d’un texte, surtout ici avec un narrateur qui aime chanter. En plus, l’auteur a une plume très riche, un vocabulaire fourni et un registre qui s’adapte toujours à celui qui parle. C’est succulent.

Mais au-delà de ça, le texte n’est pas qu’un prétexte à l’exploration d’un style narratif et d’une belle plume, Damien Galisson a vraiment quelque chose à raconter et j’ai été touché par cela. Dans sa Dragonne et son Drôle, j’ai eu l’impression d’être au croisement de Drifting Dragons (un manga steampunk sur des chasseurs de dragons) et des récits de Robin Hobb (la papesse des récits de dragons pour moi), c’était parfait.

L’univers mis en scène pour l’auteur est rude et âpre, ce que je n’attendais pas, je l’avoue, dans un récit jeunesse. Comme le titre l’indique, on suit un pauvre drôle, un jeune garçon forcé de suivre un petit groupe de mercenaires avec lesquels bosse son frère. Il est l’homme à tout faire, un anonyme qui n’a même pas de nom et pas la moindre reconnaissance, qui va être forcé de faire les basses besognes et de subir leurs moqueries. Ce jeune garçon m’a beaucoup touchée. Il est certes l’archétype des héros de fantasy qui vivent une quête initiatique visant à les faire grandir : là, la rencontre avec une dragonne, mais l’auteur l’a magnifiquement caractérisé avec un caractère doux, rêveur, un peu poète, que la vie n’a pas épargné mais qui a su garder son empathie. J’ai adoré son évolution, son lien avec la dragonne et celui qu’on devine peu à peu avec sa famille. Avec lui, j’ai eu l’impression d’avoir la métaphore de ce pauvre gosse des cités embringué trop tôt dans un gang avec son frère. C’était émouvant.

Il y a ainsi un travail plein de finesse de la part de Damien Galisson pour décrire les liens déjà existants ou qui vont se nouer entre le Drôle et ceux qui l’entourent. J’ai été frappé par la justesse de sa relation bancale avec son frère où l’auteur montre l’importance de se parler, se faire confiance, accepter la différence. J’ai été émue également par celle, pleine de force et de poésie qui se noue entre le héros et la dragonne à travers leur amour pour la chanson et le désir du héros de connaître un amour filial même par procuration. C’était poignant.

En plus de cette dimension humaine, il y a chez Damien Galisson, un vrai goût pour l’aventure en mode piraterie steampunk et donc des sensations de cape et d’épée, de poudre, qui m’ont prise en cours de lecture pour ne plus me lâche, ce que j’ai adoré ! En effet, le Drôle appartient à un groupe de mercenaires, ceux-ci vont rencontrer une troupe de chasseurs de dragons à bord d’aéronefs et nous allons voir leur vie à bord, leurs échauffourées, ainsi que leurs tactiques pour capturer la dragonne et son oeuf. Il n’en fallait pas plus pour me rappeler les meilleurs moments de Drifting Dragons, dont je parlais plus haut, que j’adore. C’était rythmé, dynamique et immersif. On vivait littéralement avec eux, à travers le regard du drôle.

Le récit se veut ainsi à la fois humain et aventureux, plein de poudre et de sagesse, plein de violence et de poésie. J’ai adoré ma lecture. Je ne pensais pas qu’elle me toucherait autant. L’histoire de ce jeune garçon, de sa rencontre et son lien si beau avec la dragonne, puis de ce parcours de pauvre anonyme à jeune héros était beau, touchant et parfaitement raconté sous la plume entraînante et rythmée de l’auteur. C’est un vrai bel ouvrage surprenant, encore plus pour moi au rayon jeunesse où j’ai tendance à tomber un peu trop sur des titres qui se ressemblent tous et ne m’apportent que du divertissement. Là, j’ai senti une vraie volonté d’élever le lecteur en même temps que les personnages et j’en ai été très touchée.
Une superbe réussite !

Merci à Sarbacane et Babelio pour cette très belle découverte !

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Le nocher des livres, Vous ?

14 commentaires sur “La Dragonne et le Drôle de Damien Galisson

  1. Quel coup de cœur et quel enthousiasme ! Ca se ressent totalement dans ton élogieux avis.
    Ce que tu évoques concernant la plume de l’auteur semble aussi intrigant que prometteur. Tout comme l’univers et ses personnages qui semblent t’avoir plus que convaincu.

    J’aime

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