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L’Assassin Royal – 1ère Époque (The Farseer Trilogy) illustré de Robin Hobb et Magali Villeneuve

Titre : L’Assassin Royal – 1ère Epoque (The Farseer Trilogy) illustré

Auteur : Robin Hobb et Magali Villeneuve (Illustrations)

Éditeur : Harper Voyager

Année de parution : 2019-2021

Nombre de tomes : 3 (série terminée)

Histoire : Au royaume des Six-Duchés, dans l’inquiétant décor d’une forteresse battue par les vents et les flots, Fitz, un jeune garçon issu d’une lignée royale, fait à la cour le rude apprentissage de la vie. Un maître d’écurie, étrange et bourru, lui prodigue conseils et affection ; un vieux sage, isolé au sommet d’une tour, l’initie à la délicate perception du Bien et du Mal ; des molosses qui l’ont adopté lui apportent réconfort et protection. Commence alors pour le jeune homme un long voyage initiatique semé d’embûches et de trahisons. Un voyage sans retour au bout de l’angoisse, de l’amour, de la désespérance. Confronté aux cruelles exigences de la loyauté, existe-t-il pour lui une autre voie que celle du sacrifice ?

Mon avis :

Tome 1 : Assassin’s Apprentice

Pour cette nouvelle relecture depuis bien longtemps d’une série phare de mon parcours de lectrice, il me fallait une édition à la hauteur : celle illustrée en vo par Magali Villeneuve, une superbe édition reliée aux armes des personnages parsemée de très beaux dessins mettant en valeurs les moments clés de l’histoire. Pourquoi avais-je envie d’une si belle édition ? Parce que l’Assassin Royal tient une place particulière dans mon coeur, ce que j’ai retrouvé dès les premières lignes.

Quand on est jeune lecteur de fantasy dans les années 90, on a bien sûr du Tolkien, mais aussi du Edding, un peu de Tad Williams, G.R.R Martin, Marion Zimmer Bradley et puis Robin Hobb débarque. Avec elle, ce fut la découverte qu’un univers classique de fantasy médiévale pouvait être sublimé par une plume s’attachant énormément à la psychologie des personnages tout comme à l’univers dans lequel ils allaient évoluer, le tout dans une vaste fresque s’étalant, en vo, sur 3 trilogies rattachées à Fitz Chevalerie mais aussi 2 autres sagas développées dans le même univers, une maritime et une dragonnesque. Un vaste univers. Mais cela fait un petit moment que je l’ai clos et malgré tout un manque se faisait sentir, j’avais besoin d’y retourner.

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Première fois que je lis l’autrice dans sa langue et rien à dire, j’ai été emportée dès les premiers mots grâce à une plume très douce, poétique et accompagnante. C’est fin, délicat et pourtant absolument pas niais ou léger, mais plutôt sombre et torturé. On se croirait dans une sombre et tragique chanson de geste de l’époque médiévale avec cette chronique contée par un Fitz adulte qui revient sur ce que fut sa vie.

Pour qui ne connaît pas la saga, L’Assassin Royal, c’est l’histoire d’un jeune bâtard royal élevé pour devenir l’homme de main du roi. Mais dans cet univers, certains ont un don pour la magie : l’Art et l’utilise souvent au profit de la famille royale, tandis qu’une autre magie plus bestiale : le Vif, est réservée au peuple dans l’imaginaire et méprisée. Le héros se retrouve à la croisée des chemins, pris entre plusieurs feux, laissés longtemps à lui-même avant qu’on voit son utilité et qu’on cherche à en polir les aspects pour en faire une arme.

J’avais le souvenir d’un héros qui pleurait beaucoup sur son sort. J’ai eu la surprise dans ce premier tome d’avoir certes un héros qui n’avait pas de chance dans la vie mais qui avançait tout de même vaille que vaille malgré les obstacles qui se mettaient sur sa route. Ce fut fort plaisir. L’histoire fut riche en rebondissements. Je ne me rappelais pas qu’il y en eut autant dès le premier tome, et surtout l’histoire fut riche en rencontres. L’autrice présente dès son premier tome nombre de figures clés par la suite. Ce fut un régal.

J’ai adoré replonger dans les jeunes années de Fitz, revivre sa rencontre avec Burrich, ses premières relations avec les animaux de son entourage. J’étais triste pour ce petit garçon autour duquel il n’arrive que des malheurs dès qu’on le découvre et à qui on fait payer des choses pour lesquelles il n’était pas responsable. Mais j’ai vite été prise par le tourbillon de la vie au château, les bisbilles entre les fils du roi Subtil : Chevalerie, Vérité et Royal. Les complots vont bon train et c’est une belle trouvaille de faire de Fitz un apprenti assassin aux côtés d’un autre bâtard : Umbre. J’ai souffert avec Fitz lors de sa rencontre avec Galen, celui qui doit lui enseigner l’Art et qui fait tout pour le briser. J’ai à l’inverse été surprise de la simplicité des liens vite noués avec Kettricken, la promise de Vérité. Chacun de ces personnages est très subtilement développé par l’autrice qui n’hésite pas à leur donner la profondeur à laquelle ils ont droit et cela pourtant en peu de pages, peu de lignes, peu de mots parfois. Elle a un vrai talent pour ça.

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Alors que le tome ne fait que 400 pages, elle parvient de tout même à nous faire le tableau d’un univers de fantasy riche et complet où elle plante le décor de cette famille royale désunie avec de nombreuses tensions dues notamment à des histoires de coeur et de jalousie. Elle évoque également les menaces extérieures qui planent sur elle, comme avec les Forgisés, ces hommes et femmes à qui on enlève l’âme et qui errent tels des zombies maléfiques. Elle nous montre aussi les magies à l’oeuvre dans cet univers : l’Art, réservé à une élite, et le Vif, décrié pour son rapport aux animaux, évoquant même les conséquences tragiques de chacune et écrivant des pages permettant de plonger totalement dans leurs mécanismes, nous les faisant vivre de l’intérieur. C’est marquant. A cela, elle ajoute des magouilles politiques, assassinats et autres complots pour que certains en fassent trébucher d’autres ou s’emparent du pouvoir. C’est très riche.

On ne s’ennuie pas une seconde même si le rythme n’est pas constamment sous tension. L’autrice sait avoir des moments de calme où elle s’attarde sur la psychologie de ses personnages, où elle noue des relations émouvantes comme entre Fitz et Burrich, Fitz et Umbre, Fitz et Vérité, mais aussi nous fait découvrir la vie au château et dans la ville à ses pieds. Puis elle repart d’un coup dans les intrigues et tout s’accélère alors très vite. Elle nous livre dans ces moments-là des pages de hautes volées, très vives et percutantes où on ne veut surtout rien lâcher. C’est palpitant.

J’ai vraiment eu plaisir à retrouver toute cette farandole de personnages, depuis le héros Fitz jusqu’aux personnages plus adultes que sont les mystérieux Umbre et le Fou. Ces derniers bien que cachant encore beaucoup beaucoup de choses, surtout le dernier, tiennent déjà leurs promesses quant à la suite et j’ai vraiment hâte de les retrouver. De la même façon, ce qu’elle esquisse entre Fitz et le lien qu’il aura pour « son roi et sa reine » m’a touchée en plein coeur, car j’avais de la peine pour cet enfant à qui on n’avait même pas donné de nom à cause de sa bâtardise. Et que dire de Patience, la femme de son père. Quel superbe exemple que cette femme. Ce titre regorge vraiment de superbes personnages qu’on aime découvrir ici et qu’on aimera apprendre à aimer encore plus par la suite, ou à détester, dans le cas de Royal, qui est vraiment, mais vraiment…

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J’ai tout aimé (ou presque) dans cette relecture : la plume poétique de l’autrice, son univers et ses nombreuses ramifications déjà percevables, ses personnages si bien écrits, ses relations si émouvantes, tragiques et parfois détestables, ses rebondissements et intrigues, et elles sont légions, mais aussi sa magie, ses failles et ses sombres moments. C’est beau et poignant, palpitant et profond. Je savais que j’adorais l’Assassin Royal, mais je pensais que c’était peut-être mon coeur d’adolescente qui avait mis cette série sur un piédestal. Soit mon coeur d’adulte est resté adolescent, soit effectivement cette série vaut vraiment le coup et n’eut été cette romance un brin niaise qu’on voit poindre pour Fitz, ce serait un sans faute ! Une grande, belle et émouvante saga à l’univers classique mais si bien travaillé et si joliment écritEn plus, les illustrations de Magali Villeneuve dans cette édition mettent de superbes images sur les descriptions de l’autrice et sont donc un très bel accompagnement !

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de Ecla’Temps, Pitiponks, Books and Share, Nom d’un bouquin, Vous ?

Tome 2 : Royal Assassin

Suite de ma relecture des aventures de Fitz avec un deuxième tome peut-être encore mieux ficelé et plus ciselé que le premier, qui m’a fait ressentir bien des émotions. Il est juste dommage que les illustrations de Magali Villeneuve se fassent aussi chiches dans ce tome v.v

L’intrigue reprendre place quelques mois après les événements dans les Montagnes avec Kettricken. Celle-ci est désormais bien la femme de Vérité et Fitz, lui, revient tout juste de sa convalescence avec un statut encore plus compliqué peut-être puisqu’il s’est fait un sacré ennemi en la personne de Royal, en déjouant ses plans.

J’ai peut-être encore plus aimé ce tome que le précédent. On pourrait croire que l’univers étant posé, l’autrice n’irait pas plus loin. C’est mal la connaître. Elle approfondit avec une grande émotion chacune des relations esquissées précédemment pour Fitz, nous ravageant le coeur. Et elle développe en plus, son rapport aux magies qui le traversent, se mettant à les pratiquer plus ardemment, ce qui est fascinant. Le tout, dans un univers de manigances royales encore plus fortes peut-être et avec une menace extérieure pressante et physiquement fort présente. C’est excellent !

Robin Hobb introduit enfin dans ce tome les relations qui pour moi feront de ce titre l’un de mes ultimes coups de coeur. On voit naître l’amitié essentielle entre Fitz et Oeil-de-nuit, le loup avec lequel il va se lier grâce au Vif, et grâce à lui, nous allons découvrir un Fitz qui s’assume bien plus et mûrit. On assiste également aux retrouvailles, mais plus compliquée, entre Fitz et Burrich, son père d’adoption que j’aime tant, tout comme sa mère d’adoption, Patience, qui sera toujours là pour lui. J’ai aussi beaucoup aimé le voir aider autant Kettricken et Vérité, qui ont bien du mal à installer leur couple dans le cadre du château de Castelcerf où le Prince est occupé par ses obligations et où la Princesse ne correspond pas vraiment à l’image qu’on se fait de son rôle. Enfin, alors qu’on l’avait à peine croisé, le Fou commence à avoir une place plus centrale, en parlant de Fitz de comme son Catalyseur. C’est puissant.

Mais tout cela ne serait rien sans l’antagoniste du tome et il est fort pour se faire détester : Royal. J’ai vraiment haï ce personnage dont l’autrice développe bien plus les manigances ici. C’est rageant de le voir petit à petit dégrader la santé de son père avec ses complices, repoussant tous ceux qui veulent lui venir en aide : Fou, Fitz, Vérité, Kettricken… Il a en plus autour de lui une coterie qui va vraiment mettre à mal notre héros et le pousser dans ses retranchements aussi bien vis-à-vis de ses magies que de ses amours. Royal est LE courtisan manipulateur par excellence et c’est rageant de voir ses plans se mettre en place et réussir sans qu’on puisse intervenir. On a vraiment envie de demander ce que fait Umbre, lui qui est censé être un grand assassin ><

Mais tout cela, ce ne sont que des relations humaines, j’ai également apprécié de voir Fitz grandir. Il n’a plus rien à voir avec le petit garçon qui errait autrefois dans le château sans but. C’est désormais un jeune homme avec la fidélité à son roi chevillée au corps. On ne le voit pas assez exercer son métier d’assassin à mon goût. On parle beaucoup trop de ses amours, plus qu’agaçante avec Molly. Autant je les aime bien séparément, autant dès qu’ils sont ensemble, je les trouve idiots, mais idiots. Ils font et disent tout ce qu’il ne faut pas *lève les yeux au ciel*. Mais le voir devenir un pilier pour la dynastie des Loinvoyant est assurément touchant, tout comme le voir développer ses magies, en autodidacte pour le Vif avec Oeil-de-nuit, avec l’aide de Vérité pour l’Art. J’adore les paragraphes où l’autrice décrit comment cela fonctionne. Enfin, on le voit aussi se transformer en guerrier, puisqu’il va trouver son style, son arme, et aller affronter les Forgisés et ceux à l’origine de leur transformation sur les côtés et sur la mer.

C’est donc un tome très riche en matière de développement de personnages et de relations humaines, mais les complots et la politique ne sont pas en reste. On a un sentiment d’urgence mais aussi de lassitude face à cette menace constante des côtes contre laquelle lutte Vérité depuis sa tour. On a un sentiment de poids face à la vie à la cour qui ne se déroule pas très bien. Royal a vraiment un rôle central dans cette dégradation, de même que le déclin de son père Subtil. Les mesquineries et plans pour s’arroger un peu de pouvoir sont partout. Chaque action entraîne des conséquences, il faut faire attention à tout. C’est pensant.

Développement de l’univers aussi il y aura, même si ça tardera à venir. J’aime beaucoup les incipit de chaque chapitre où l’autrice nous dévoile des pans de l’Histoire des Six Duchés mais ça ne me suffisait pas, alors j’ai adoré quand d’un coup, sortant quand même un peu de nulle part, Vérité a décidé de partir en quête des Anciens pour leur demander leur aide face à la menace qu’ils ont en face d’eux et qui ne les quitte pas. Ce sera un développement majeur de la suite. Et en développement majeur, qu’est-ce que j’ai aimé aussi voir Fitz se fondre autant dans le Vif grâce à Oeil-de-nuit, c’est vraiment une magie fascinante et émouvante dans ce qu’elle traduit de la relation hommes/femmes – animaux.

Il est dur pour moi de vous transmettre toutes les émotions que j’ai ressenti dans ce tome. Alors que j’avais le souvenir d’un Fitz geignard, j’ai découvert un Fitz plus mûr, qui certes fait parfois des erreurs mais sait réfléchir et avancer. Je suis fan de la façon dont l’autrice écrit ses personnages et développe leur relation avec beaucoup d’émotion et de justesse. Dans ce tome, ils connaissent un grand bond qui se couple avec une intrigue plus serrée, plus nerveuse, grâce à un antagoniste qui est parfait pour cela et qu’on adore détester (ou pas…). L’autrice n’oublie pas un seul pan de son histoire, développant aussi les systèmes de magie, l’Histoire de ce royaume, ses légendes et mêmes les menaces intérieures et extérieures qui viennent le bouleverser. Quand l’humain et les dangers se rencontrent cela donne lieu à l’une des histoires les mieux écrites que j’ai pu lire ! Chaque tome est un coup de coeur ❤

Tome 3 : Assassin’s Quest – Fin du premier cycle

Quand je me suis relancée dans cette relecture, c’était pour retrouver certaines sensations de ma première lecture ado, mais aussi confronter ces souvenirs à l’oeuvre 20 ans plus tard. Les premiers tomes m’ont surpris par une qualité encore plus grande que dans mon souvenir mais ce dernier, lui, m’a fait retrouver certains travers qui m’avaient un peu gênée derrière une saga pour autant solide et pleine d’émotions.

En effet quand on parle de l’Assassin Royal entre connaisseurs, ce qui revient souvent, c’est le fait que Fitz était un personnage assez pénible à suivre de par sa tendance à s’apitoyer sur lui-même. Je ne l’avais pas retrouver dans les premiers tomes mais c’était pour mieux me trouver et me peser dans ce troisième volet. En effet, bien que passionnante et portant à merveille son titre, cette conclusion au premier cycle était vraiment pesante et morose à suivre, loin du piquant des intrigues de cour qu’on avait eu précédemment.

Le tome se veut copieux, encore plus que les précédents avec ces 850 pages et plus d’aventures. La quête dans laquelle se lance Fitz suite à sa terrible passe d’armes avec Royal est longue, très longue et avec pas mal de tours et détours. On y retrouve tout de même le beau style poignant et poétique de l’autrice, qui se livre à de magnifiques descriptions des nouveaux lieux qu’on découvre hors du château de Castelcerf, mais aussi à une belle écriture des nouveaux personnages qu’on rencontre (Astérie, Caudron) ou d’anciens qu’elle approfondit (Oeil-de-nuit, le Fou, Burrich, Kettricken, Vérité), et à des mises en scène prenantes de la mise en pratique des magies de Fitz : l’Art et le Vif. Cependant, tout cela se fait dans un rythme très lent et très morose cette fois, ce qui rend le tome bien plus difficile à lire. Je n’ai pas ressenti l’engouement que j’avais lors de mes premières relectures.

Il faut dire qu’on a peu de raisons de se réjouir dans ce tome après la victoire de Royal, la disparition de Vérité, la mort de Fitz et la fuite de Kettricken, tandis que la menace des Pirates rouges s’en rarement faite autant sentir. Tout est donc assez plombant. En s’éloignant du château, cependant l’autrice nous permet de découvrir tout le monde qu’il y a autour, ce qui est passionnant et fascinant car elle a su imaginer un univers très riche et solide dans ses moindres détails. Alors quand on suit Fitz qui repart sur les routes, même si ça agace de le voir chouiner autant ce qu’il a perdu, c’est prenant de découvrir avec lui de nouveaux lieux et de nouvelles personnes. J’ai particulièrement aimé ses interactions avec son loup, mais également avec les femmes qui vont se retrouver sur son chemin : l’ancienne maîtresse d’art Caudron et la ménestrelle Astérie. Elles le réveillent et le secouent un peu.

L’histoire cependant est fort longue, entendez par là que l’autrice ne nous épargne pas certaines longueurs, et c’est fort triste. En nous éloignant du château, elle nous éloigne aussi du coeur de l’ancienne histoire pour aller à sa périphérie. Plus de complots ourdis à la cour, plus de menaces entre les murs du château, plus de déferlante des Pirates. A la place, Fitz tente de réapprendre à vivre alors qu’il est censé être mort. Il doit se réinventer une vie, apprendre également à maîtriser ses magies qui lui échappent de plus en plus et pourraient le faire repérer par la côterie de Royal, ce qui mettrait en danger ceux qu’il a laissé derrière lui (Burrich et Molly). Petite parenthèse : s’il vous plaît, mettez un terme à cette romance horripilante et niaise entre Fitz et Molly ! Heureusement que l’autrice a su imaginer un développement bien plus mature pour la suite… On le voit ensuite se lancer sur les routes à la recherche de Vérité qui l’appelle, ce qui va l’emmener bien loin dans les montagnes et dans son Art.

Même si je critique le rythme et la narration, ainsi que parfois le caractère de son héros, l’autrice a vraiment superbement développé son univers ainsi que ses personnages et leurs relations. J’ai adoré tout le pan de la quête de Vérité vis-à-vis des Anciens et les découvertes que l’on fait, qui sont en plus magnifiquement illustrées par Magali Villeneuve dans cette édition. C’était fascinant de parler de l’ancien monde, de l’art, des anciennes cités, des dragons. Mais j’ai surtout été profondément émue par chacun des personnages de l’histoire. Fitz bien sûr a un destin assez douloureux, mais il a des amis précieux qu’on découvre encore plus ici dans l’adversité, que ce soit Burrich, qui va prendre soin de ce qu’il a de plus cher, ou Oeil-de-nuit et le Fou qui vont prendre soin de lui quand cela sera nécessaire. Kettricken n’aura pas un destin facile non plus avec les pertes qu’elle va subir et le rôle de Sacrifice qu’elle endosse pour ses peuples, mais elle saura se montrer forte. J’ai adoré entendre autant Oeil-de-nuit dans ce tome, il se révèle très fin et humain à sa façon. Les mystères autour du Fou s’épaississent et sa relation de Prophète à Catalyseur avec Fitz intrigue par la nature de leurs sentiments à chacun. J’a-do-re ! J’ai aimé les deux femmes qui vont rejoindre la troupe : Caudron, qui cache de lourds secrets déchirants, et Astérie qui sous ses dehors bravache a connu le pire avec les Pirates rouges et continue à poursuivre ses idéaux en tant que ménestrelle. Ce sont de beaux portraits de femmes fortes !

Tout cela s’enchaîne et s’entremêle dans une intrigue qui gagne en puissance au fil des chapitres. Les débuts sont poussifs jusqu’à la moitié à peu près. Il n’y a pas d’action épique, pas de complot piquant, pas de mystère prenant pendant longtemps, juste le quotidien de quelqu’un sur les routes. Ce n’est que dans la seconde partie, que la tension va arriver et les drames se révéler dans toute leur profondeur. La volonté de vengeance de Fitz va être remplacée par celle de sauver le grand frère/oncle qu’est Vérité pour lui, ce qui va se confondre avec le sauvetage du royaume. Apparaît ainsi peu à peu une intrigue plus vaste que juste l’affrontement de deux hommes, deux clans, deux magies et cela va monter en puissance au fil des pages. Cependant, il faut reconnaître qu’après autant de longueurs, la fin est assez rapide, trop, et que le destin de certains est réglé bien trop vite et facilement. C’est un peu décevant après tout ça.

Même si j’ai moins aimé ce tome que les précédents, l’autrice y a révélé tout son talent pour les destinées dramatiques et les univers mystérieux à multiples tiroirs où magie, politique et histoires de famille s’entremêlent. La force de l’autrice c’est clairement ses personnages qui savent tant nous émouvoir dans ce qu’ils vivent et ce qu’ils nouent entre eux. L’univers, lui, est fascinant mais à peine esquissé et laisse tellement de zones d’ombre sur tout. Heureusement qu’elle y est revenue par pas moins de 4 autres sagas sinon la frustration aurait été grande. Rendez-vous donc pour les curieux dans Les Aventuriers de la mer (3 tomes), L’Assassin royal – cycle 2 (3 tomes), Les cités des Anciens (4 tomes) et Le Fou et l’Assassin (3 tomes).

Petit point illustrations : J’ai été très déçue par leur agencement dans ce tome : 3 blocs de 2 ou 4 illustrations à chaque fois, donc avec des tableaux qui ne sont pas en face du moment qu’ils veulent souligner. C’est fort dommage. 10 illustrations seulement pour 850 pages, c’est fort peu, même si je salue le talent de Magali Villeneuve pour faire prendre vie ces moments clés de l’histoire qui ont accompagné mon imagination pendant longtemps. Et puis pas de Fou cette fois malgré tout ce qu’il vit, je suis tristesse T.T

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16 commentaires sur “L’Assassin Royal – 1ère Époque (The Farseer Trilogy) illustré de Robin Hobb et Magali Villeneuve

  1. Hello, j’ai lu le premier tome cet été en vacances et quelle découverte!
    Je comprends que tu aies craqué pour cette belle édition! J’ai commandé le tome 2 direct en rentrant à mon libraire 🙂
    C’est tellement prenant et bien écrit ça faisait longtemps que je n’avais pas été prise comme ça dans une saga!

    Aimé par 1 personne

    1. Tu m’en vois ravie !
      C’est une saga marquante de mon adolescence et j’ai été ravie de voir que j’aimais toujours autant. Après quand on commence avec de telles oeuvres, les autres semblent parfois un peu fades après tant c’est bien écrit, plein d’émotion et d’inventivité.
      Je te souhaite une excellente lecture du tome 2, mon préféré !

      Aimé par 2 personnes

  2. Je partage totalement ton coup de cœur malgré les longueurs que peuvent détenir cette série. L’auteure offre un innovez travaillé et particulièrement fouillé ! Je me suis tellement attaché aux nombreux personnages dévoilés que je serais ravi de les retrouver pour une relecture.

    PS : ces couvertures sont d’une beauté renversante 😍

    Aimé par 1 personne

    1. N’est-ce pas et les illustrations de Magali Villeneuve à l’intérieur sont encore plus belles !
      Oui, c’est dur de ne pas être emballé. C’est tellement parfait sur tous les plans. Même en comparant à d’autres titres de fantasy où j’ai pris un grand plaisir, celui-ci est largement au-dessus tant l’univers et les personnages sont excellents.
      Je regrette que les américains n’aient pas continué en éditant également la suite dans cette belle édition car je me sens un peu orpheline…

      Aimé par 1 personne

    1. Youpi ! Oui, c’est totalement accessible surtout pour toi qui n’as pas lu la vf, si je ne me trompe, car la seule chose qui m’a parfois mise en difficulté c’est que je cherchais dans mes souvenirs la façon dont cela avait été traduit chez nous ><
      Je croise fort les doigts pour que tu craques et le lises vite pour en parler avec toi 😀

      J’aime

  3. Magnifiques ces couvertures, et pareil pour les illustrations ! J’avais été tellement surprise d’être happée aussi facilement par le premier tome. L’écriture de Robin Hobb est tellement immersive, même si elle prend bien sont temps pour planter le décor et ses personnages. J’aime tellement Vérité, le Fou, Fitz, Burrich,…
    Pour le moment, je me suis arrêtée au tome 4, il faudrait vraiment que je m’y remette !

    Aimé par 1 personne

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