Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Momo & Manji de Sakura Sawa

Titre : Momo & Manji

Auteur : Sakura Sawa

Traduction : Laurie Asin

Éditeur vf : IDP (Hana Collection)

Année de parution vf : Depuis 2018

Nombre de tomes vf  : 5 (en cours)

Résumé : Sous la chaleur moite de l’été, dans une petite pièce, deux respirations s’entremêlent… Momoki, ancien Kagema (prostitué masculin) a été recueilli par Manji, un jour de pluie. Mais les moments que Momo passe avec Manji n’ont rien à voir avec son ancien travail, et sont remplis de bonheur et d’instants heureux entre amants. Momo a l’impression de vivre un rêve… Et ce, en dépit de leur passé à tous les deux.

Mon avis :

 Tome 1

Depuis quelques temps, j’ai de plus en plus envie de lire des oeuvres parlant du passé du Japon. Alors à force d’entendre régulièrement parler de Momo & Manji dans mon fil sur tweeter, je me suis dit que ce serait l’occasion de mettre en orteil dans un pan de cette histoire que je ne connais pas, celle des prostitués de l’époque Edo.

Autrice passionnée par l’époque Edo, Sawa Sakura s’en est fait une spécialité ayant publié aussi bien des shojo que des seinen et désormais des Boys Love se déroulant à cette époque. Réputée pour sa connaissance de l’époque, des auteurs n’hésitent pas à venir lui demander conseils quand ils veulent retranscrire ces années-là. C’était pour moi un gage de qualité avant même de débuter l’oeuvre, de même que l’impression d’être face à des estampes japonaises quand je regardais les couvertures. J’avais donc hâte.

Malheureusement, cela ne s’est pas aussi bien passé que je l’espérais. J’ai bien eu la lecture historique que je souhaitais, tout comme une amorce de récit tranche de vie assez tranquille autour de la vie à deux des deux amants, mais j’ai eu beaucoup beaucoup de mal avec l’aspect érotique et sexuel de la chose… La faute en vient quand même d’abord à l’autrice qui introduit assez mal ses personnages avec des premières pages fort malaisantes où Manji veut à tout pris coucher avec Momo, en allant presque jusqu’à le forcer, alors qu’un incendie se déclare non loin et que Momo veut fuir… J’ai de suite trouvé ça assez vulgaire et maladroit en terme de narration.

La suite ne m’a pas forcément rassurée. Si la romance que nous allons suivre entre Manji, ancien soldat du feu devenu réparateur de flûtes, et Momo, ancien prostitué désormais vivant librement avec lui, apparaît moins nocive que je le craignais, leurs ébats m’ont souvent mis mal à l’aise et surtout le récit du passé de Momo fut assez violent. Je me doute qu’il y a un gros fond de vérité dans tout ce qui est décrit et raconté ici, mais on est quand même sur de l’inceste et de la pédophilie non signalée, sans parler des viols dont on pouvait se douter vu l’ancien métier du héros. C’est assez rude quand on se prend ça de plein fouet, surtout quand en 4e de couverture on nous parle « d’histoire tendre, érotique et romantique« … Ce n’est pas trop ce que j’ai vécu ici ^^! Alors certes c’était intéressant de découvrir le fonctionnement des maisons closes et le déroulement de la formation et du métier de prostitué masculin mais mon coeur n’était pas prêt.

Les scènes de sexe sont fort explicites, trop à mon goût je l’avoue. Je me serais bien passée de certains détails limites BDSM… J’avais aussi du mal face au sourire et à la passivité de Momo face à ce qu’il vivait et qui ne méritait pas de telles expressions. En plus pendant longtemps, ne sentant pas ce qui liait les héros dans le présent, je ne voyais que du sexe pour du sexe et franchement, ce n’est pas mon truc. Moi, j’aime les belles histoires d’amour. Heureusement, l’autrice a fini par développer petit à petit ses personnages. J’ai fini par comprendre la complexité de ce qu’ils vivaient en étant dans une relation homosexuelle ou invertie comme on disait alors, Manji ayant toujours eu ces sentiments et ayant un passé, Momo devant tourner la page de son passé de prostitué. Ils soignent mutuellement leurs plaies et je pense que l’autrice développera encore plus ce côté cathartique par la suite, donc l’émotion devrait venir.

Heureusement, j’ai eu le contexte historique que j’attendais. Là, zéro déception. Sawa Sakura, avec un trait très fin, très stylisé, très « fleurs de sakura » et « yeux étirés », nous transporte dans une époque Edo plus vraie que nature avec ses quartiers populaires et ses quartiers chauds, sa poésie, son théâtre kabuki, sa musique et ses beaux kimonos. Les courts chapitres des débuts nous font découvrir le quotidien de gens du peuple dans une maison modeste sans cesse menacée par les incendies vu que tout est en bois dans la ville. On parle aussi de l’organisation des pompiers, on voit la modestie des maisons, on nous parle des « écoles » pour apprendre à écrire, de réparation d’instruments avec Manji, mais aussi du plaisir de se faire faire un tatouage plein de signification, ce qui n’était pas réservé aux yakuzas alors. On découvre aussi les costumes et paysages de l’époque. Il y a plein de petits moments de vie de ce passé si on y regarde bien. C’est très riche. J’aurais vraiment aimé avoir un manga purement historique et non érotique de cette autrice. Je pense que j’aurais adoré.

J’ai vraiment été fascinée par la douceur et la finesse de son trait. On sent une vraie réflexion de sa part dans les coiffures, le maquillage et les étoffes recouvrant ses héros et les gens qu’on croise. On a l’impression d’être dans des estampes revisitées à la sauce moderne actuelle. On se sent vraiment immergé dans ce Japon d’autrefois tellement loin de nous et qu’on a pourtant mainte fois vu, mais ici, on y est aux côtés de ce peuple modeste, qui affronte la chaleur de l’été. C’est beau et dépaysant.

J’aurais vraiment aimé avoir un coup de coeur pour cette série comme l’annonçait le riche travail de reconstitution fait par Sawa Sakura. Je suis la première déçue de ne pas avoir accroché à cause d’un érotisme beaucoup trop présent et malaisant en prime, avec certes la prostitution et les viols que j’attendais, mais également la pédophilie et l’inceste que là j’ai été surprise de trouver. C’était un peu trop rude pour moi même si je ne nie pas l’intérêt de ces choix par l’autrice pour son histoire et sa retranscription de ce pan de l’histoire japonaise. J’aurais juste aimé être avertie pour me préparer. Là, ce fut brutal vu l’explicité de la chose sous de faux dehors de poésie… Alors même si j’ai envie de voir ce que pourrait nous réserver la suite, j’ai aussi de grosses appréhensions quant à ce sexe trop présent pour moi. Je ne sais pas encore si je poursuivrai…

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Koiwai sur Manganews, Vous ?

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