Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

La revue Atom #5

Titre : Atom, la culture manga #5

Auteurs : Collectif

Rédacteur en chef : Fausto Fasulo

Nombre de pages : 130

Date : Janvier 2018

Prix : 9,90€

Mon avis :

Après un numéro 4 que j’avais trouvé de très bonne facture malgré quelques petits bémols, les sujets annoncés pour ce nouveau numéro m’ont convaincue de le prendre aussi. Il est tout aussi soigné dans sa maquette, sa facture et son écriture, en faisant encore un numéro de qualité. On est également en plein dans l’air du temps avec des sujets en lien avec Angoulême (auteurs invités, nouveau prix de traduction) ou des auteurs à l’actualité récente (nouveaux titres pour Naoto Yamakawa et Kenji Tsuruta). Maintenant, passons le contenu au crible fin :

L’interview de Naoki Urasawa ouvre le bal. C’était le grand invité d’Angoulême et ça se ressent. L’interview est intéressante, le personnage sympathique mais l’ensemble fait l’effet d’un simple survol. On n’apprend pas grand-chose et on fait sans cesse référence au bouquin qui vient de sortir chez Panini. Du coup, ça donne surtout envie d’acheter cet ouvrage avec son interview fleuve et de regarder sa « série » manben. Par contre, j’ai aimé les critiques plus ou moins longues de ses ouvrages parus ou non en France qui développaient à chaque fois un point de vue différent de d’habitude et m’ont fait les regarder différemment.

Toujours en lien avec Angoulême vient ensuite un petit dossier sur Osamu Tezuka avec un article biographique peu intéressant pour quelqu’un comme moi qui a déjà lu le numéro de Manga 10 000 images lui étant consacré. J’ai aussi déploré le fait de ne voir ici que des planches ultra connues mais surtout pas forcément en adéquation avec les propos. J’aurais plus aimé en découvrir sur les oeuvres que l’auteur de l’article considèrent comme emblématiques, charnières et dont il parle à plusieurs fois parce que sans appui visuel, ça faisait perdre beaucoup à son propos.

C’était malin ensuite de placer une interview sur le fils de Tezuka (Macoto Tezka) malheureusement, je n’ai pas trop aimé la personnalité de celui-ci à travers ce qui en transparait dans l’article. Par contre, j’ai trouvé intéressant de découvrir son rôle dans la gestion du patrimoine de son père et les projets autour des titres de celui-ci.

Le premier moment où j’ai vraiment pris du plaisir dans ce numéro, c’est avec l’interview de Shin’Ichi Sakamoto (Ascension/Innocent) que j’ai adoré. C’était très agréable comme entretien. J’ai vraiment appris des choses sur ses influences, sa façon de concevoir son métier et de travailler, ainsi que sur son rapport aux différents titres que l’on a découvert en France, par exemple le pourquoi de la grandiloquence d’Innocent. C’était éclairant et ça me le rend bien plus sympathique que je l’aurais cru, notamment grâce à ses propos sur la place de la femme.

Autre surprise, l’interview de Kazuhiro Fujita (Ushi to Tora, Karakuri Circus, Moonlight Act) qui est peut-être la meilleure partie de ce numéro, alors que franchement je ne l’ai pas acheté pour lui. J’avais testé Moonlight Act à sa sortie mais je n’avais pas vraiment accroché à la narration et au graphisme foisonnant du mangaka. Ici, il se révèle très accessible, drôle, amusant et plein d’entrain. Comme le dit l’introduction de l’article, il est très rock et ça se sent. Les petites anecdotes sur son métier, son rapport aux autres mangaka et ses influences sont savoureuses et le ton toujours bon enfant.

Vient ensuite le tour de Q Hayashida (Dorohedoro) dont j’attendais beaucoup et qui m’a déçue. J’ai trouvé l’interview très convenue, sans âme, comme si ce n’était pas une vraie conversation mais juste des questions posées les unes à la suite des autres parfois sans transition. Dommage parce que ce qu’elle dit sur son oeuvre si atypique et son parcours en lien avec les écoles d’art, le cinéma, le jeu vidéo, était intéressant.

Nouveau type d’article que je ne pensais pas trouver mais qui m’a ravie, celui sur le magazine Ultra Jump que je ne connaissais pas du tout mais ce qu’en dit son rédacteur en chef actuel m’a vraiment donné envie de le découvrir. C’est un vrai espace de création et d’expérimentation. Il y a l’air d’avoir un vrai respect du travail des auteurs et une réelle envie de faire découvrir des choses différentes, ça me plaît. J’espère qu’on aura droit à d’autres articles sur les magazines japonais.

Ensuite, on retrouver une interview plus classique avec Naoto Yamakawa (Une douce odeur de café), un auteur inconnu pour moi et vers lequel je ne serais pas forcément allée. Je le trouve fort sympathique, j’aime la façon dont il aborde son métier et son art, son côté sans concession et un peu old school. Par contre, je ne suis pas du tout réceptive à son dessin qui est trop atypique pour moi même si j’aime beaucoup son travail de hachure qui donne une vraie texture aux pages. Je ne lirai donc pas son titre paru chez Pika. Enfin, il y a une chose qui m’a bien gênée pendant l’interview, c’est la trop grande présence de son éditeur qui s’impose à des moments où ça n’a pas lieu d’être…

Dernière rencontre d’auteur avec Kenji Tsuruta (Forget me not, Île errante, Souvenirs d’Emanon). Si je n’avais pas déjà découvert ce mangaka l’an dernier, je l’aurais fait après cette interview tant je le trouve drôle et agréable. Il a un petit côté cabotin qui me plaît bien. J’aime beaucoup son idée de rechercher à ne parler qu’avec les images et ses recherches graphiques qui en découlent. Ses influences, tout comme ses oeuvres me parlent, et je regrette vraiment de ne pas avoir pris Spirit of Wonder et surtout Forget me Not à l’époque.

Pour finir, un autre dossier qui change de ce qu’on trouve habituellement, celui consacré à la profession de traducteur. Ici, il est question non seulement de donner la paroles à quatre traducteurs mais aussi d’évoquer le nouveau Prix Konishi qui récompense la meilleure traduction d’un manga. Je suis un peu réservée sur la présentation de ce prix ici puisque c’est fait sans dire au lecteur que le rédacteur en chef d’Atom faisait parti du jury… mais aussi parce que malgré l’interview je me demande si on n’a pas plus jugé la qualité intrinsèque des titres que leur traduction… Bref revenons à la traduction, c’était très instructif de découvrir à la fois la façon dont les quatre traducteurs interrogés étaient arrivés dans le métier mais aussi comment ils envisagent la traduction, leur méthode de travail et les difficultés qu’ils peuvent rencontrer. Ça m’a beaucoup plu de voir leurs différentes approches et s’il pouvait y avoir plus d’articles sur les acteurs cachés du marché du manga, j’en serais ravie !

Enfin comme à chaque fois, le cahier critique clôturant la revue met en avant 8 titres. Comme la dernière fois, j’ai beaucoup de mal avec les critiques de Fausto, dont je n’aime malheureusement pas le style d’écriture. Il aligne trop les références et les effets de style et au final on n’a pas de vraie critique de l’oeuvre. On ne sait pas si ça peut nous intéresser ou pas, ce qui n’est pas le cas des autres rédacteurs. Malgré tout je salue la diversité des titres proposés, je lirai probablement Eclat(s) d’âme et L’Atelier des sorciers, et je me laisserai peut-être tenter par Kedamame. J’aimerais également feuilleter l’atypique Charivari ! et je suis déjà convaincu par Happiness.

Au final, ce numéro m’a encore plu par le choix des sujets abordés et des auteurs interviewer. J’ai eu un peu moins de mal avec l’écriture générale des articles, même si la plume de Fausto n’est toujours pas ma préférée ^^! Vu que les rédacteurs semblent avoir décider d’élargir leur cible, je réfléchis même à m’abonner pour recevoir directement les prochains numéros, surtout qu’il y a une offre permettant d’économiser 25% au passage et que ça doit permettre à la revue d’avoir plus de fond.

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