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Les Carnets de l’Apothicaire de Natsu Hyuga, Itsuki Nanao et Nekokurage

Titre : Les Carnets de l’Apothicaire

Auteurs : Natsu Hyuga (histoire originale), Itsuki Nanao (scénario) et Nekokurage (dessins)

Editeur : Ki-Oon (seinen)

Années de parution : Depuis 2021

Nombre de tomes vf : 3 (en cours)

Histoire : À 17 ans, Mao Mao a une vie compliquée. Formée dès son jeune âge par un apothicaire du quartier des plaisirs, elle se retrouve enlevée et vendue comme servante dans le quartier des femmes du palais impérial ! Entouré de hauts murs, il est coupé du monde extérieur. Afin de survivre dans cette prison de luxe grouillant de complots et de basses manœuvres, la jeune fille tente de cacher ses connaissances pour se fondre dans la masse.
Mais, quand les morts suspectes de princes nouveau-nés mettent la cour en émoi, sa passion pour les poisons prend le dessus. Elle observe, enquête… et trouve la solution ! En voulant bien faire, la voilà repérée… Jinshi, haut fonctionnaire aussi beau que calculateur, devine son talent et la promeut goûteuse personnelle d’une des favorites de l’empereur. Au beau milieu de ce nid de serpents, le moindre faux pas peut lui être fatal !

Mon avis :

Tome 1

Ki-Oon est un éditeur dont j’aime beaucoup le catalogue. Avec des séries simples de premiers abords, il trace en fait une belle route faite de valeurs qui me touchent et me fait souvent voyager. Après des titres comme Bride Stories, Père et Fils ou encore Isabella Bird, voici le tour des Carnets de l’apothicaire, dernière nouveauté en date.

C’est à un joli quatuor que nous devons ce seinen qui parait dans le magazine Square Enix au Japon. Nekokurage aux dessins, avec l’aide de Touco Shino pour le design des personnages, s’est associée à Itsuki Nanao pour adapter l’histoire originale de Natsu Hyuuga, son roman leur ayant beaucoup plu. Reprenant ainsi un univers connu, les auteurs développent depuis 2017 une série qui compte désormais plus de 7 tomes au Japon.

Voici l’occasion de vous évader dans la Chine d’autrefois au sein d’un palais impérial aux multiples intrigues. Les auteurs nous plonge dans l’univers de la Cour intérieure, harem où vivent les concubines de l’Empereur qui se livrent aux pires guerres pour emporter les faveurs de ce dernier et surtout les conserver.

Pour nous guider dans cet univers impitoyable, nous suivons une jeune fille, qui a grandi dans une maison de plaisir avant de devenir apothicaire, mais qui a été enlevée pour être placée là comme servante. Elle tente donc de faire discrètement son travail dans l’espoir d’être un jour relâchée. Mais ce n’est pas simple quand on doit cacher qui on est même au milieu d’inconnus. Alors le jour où elle entend parler d’un drame qu’elle aurait pu éviter grâce à ses connaissances des plantes, son sang ne fait qu’un tour, elle doit agir !

J’ai beaucoup aimé le décor dans lequel est planté l’histoire, ainsi que l’héroïne dont on suit les pas. D’abord, c’est dépaysant de se retrouver en plein coeur du palais impérial chinois mais côté concubines, et en même temps, j’ai l’impression de retrouver des ambiances connues, celles des premiers shojos que j’ai pu lire adolescente comme Fushigi Yugi ou les titres des Clamp où on retrouvait cette même culture. Les auteurs font tout pour rendre cela immersif grâce à un sens aigu du détail, et sans que cela s’impose à nous, sans qu’on s’en rende forcément compte, on est totalement plongé dans cet univers qui nous est pourtant étranger.

L’héroïne, Mao Mao, est une jeune fille banale en apparence mais avec une sacrée force de caractère. Elle dévoile un passé tout sauf facile mais elle en a fait une force. Elle est fascinante dès qu’elle aborde sa passion. J’ai beaucoup aimé suivre son évolution au sein de la Cour, certes classique, car déjà vu, mais bien écrite. Son caractère l’oblige à intervenir quand elle le peut et c’est ce qui va lui permettre d’être à nouveau elle-même et d’exercer sa passion, ainsi que d’aider les autres comme elle aime le faire. Quand elle se met au travail, elle nous transmet à merveille sa passion et nous apprenons également plein de choses sur la médecine et les connaissances d’autrefois.

L’univers du palais est très bien rendu avec ces guerres entre concubines, qui sont la toile de fond de l’histoire et qui vont servir de tremplin pour l’héroïne. On découvre le fonctionnement et les machinations de certaines, mais surtout le versant humain avec les ravages que cela peut faire. J’ai beaucoup aimé les personnages croisés par Mao Mao. Les deux concubines du début représentent deux versants de ce statut, l’une d’elle va prendre notre héroïne sous son aile et va lui ouvrir plein de portes. De nombreuses découvertes vont alors se faire sous nos yeux : de nouvelles rencontres, de nouvelles relations, de nouvelles préparations… C’est très riche.

Nous ne sommes cependant que dans les prémices de l’histoire. Le personnage central de Jinshi, haut fonctionnaire qui semble régner sur la Cour intérieur, reste très mystérieux. Il sait plein de choses, il infuse son rythme et aime beaucoup se jouer de Mao Mao. C’est un personnage fort intriguant. J’aime le mélange de touches humoristique et sombre qu’il introduit dans l’histoire. Il me tarde de le revoir en action, aussi bien à titiller l’héroïne qu’à ourdir je ne sais quel plan mystérieux.

Les Carnets de l’apothicaire offre un premier tome vraiment prometteur dont la narration et l’écriture de l’univers ainsi que des personnages rendent la lecture passionnante. C’est un peu un retour aux sources pour moi, vieille lectrice de shojo. J’aime l’ambiance chinoise. J’aime la noirceur des intrigues de Cour et la douceur cachée qu’elles peuvent révéler. Le titre offre plein de possibilités et le soin apportés aux dessins et à leur mise en scène a achevé de me convaincre. Ce sera une très belle série à suivre, j’en suis sûre !

Tome 2

Après un tome 1 qui m’avait fait forte impression, j’avais un peu la pression en recevant ce tome 2. Allait-il me plaire tout autant ou allait-il subir le contrecoup de ce très bon début ? J’ai très vite compris que cela penchait plutôt vers la première hypothèse et j’en suis ravie.

Dans cette suite, les auteurs reprennent les éléments déjà enclenchés dans le premier tome pour les pousser encore un peu plus. On retrouve ainsi d’un côté une Mao Mao de plus en plus à l’aise dans son rôle d’apothicaire à la cour et de l’autre des manigances qui n’en finissent pas. Cela donne une lecture plutôt plaisante et entraînante où on ne voit pas le temps passer, mais qui justement va peut-être un peu trop vite pour vraiment creuser les personnages.

En effet, j’avais espoir en lisant la première partie consacrée à la concubine Lifa, de voir les mangakas prendre leur temps pour nous faire découvrir celle-ci. De même, en croisant les autres concubines en chef dans la seconde partie, je pensais que ce serait l’occasion de les voir plus dialoguer. Mais au final à chaque fois, on ne les voit que brièvement et on ne développe pas vraiment leur personnalité, restant un peu trop en surface à mon goût. C’est ma seule déception ici.

Pour le reste, j’ai beaucoup aimé cette suite, qui propose de voir Mao Mao à l’oeuvre dans son rôle de guérisseuse. On la suit dans un premier temps tandis qu’elle met tout en branle pour sauver Lifa. Elle affiche alors une force de caractère rare et rue dans les brancards, juste ce qu’il faut, même si c’est un peu trop surjoué pour moi. Puis, elle montre ses talents de goûteuse par la suite lors d’un banquet important. A chaque fois, nous avons un discours intéressant sur la nutrition. Alors certes, c’est un peu léger, mais ça fait parfaitement le job ici.

Les auteurs nous ravissent avec cette vie de cour auprès des concubines. Même si c’est en apparence moins virulent que dans le premier tome, il en reste que l’on nous montre bien la bêtise de certains serviteurs, les manigances de certains pour empoisonner leur maîtresse et on nous fait réfléchir sur la place des concubines auprès de l’Empereur. C’est intéressant. L’ambiance chinoise est de plus très bien rendue, que ce soit du côté des décors, des costumes ou même du banquet organisé et des relations entre les concubines et leurs serviteurs, j’aime beaucoup.

La petite pointe de mystère apportée par Jinshi est toujours belle et bien là et fonctionne à merveille sur moi. Il se passe des choses à demi-mot que l’héroïne ne saisit pas et nous non plus, ce qui renforce cet aura étrange qui me plaît tant. Je commence bien sûr à deviner certains éléments mais je préfère me taire et me laisser porter par l’histoire. En plus, la dynamique de chien et chat entre les deux s’adoucit ici laissant entrevoir ce futurs beaux moments, j’en suis sûre, mais où tout le piquant qui les caractérise sera encore là.

Ainsi ce deuxième tome confirme le plaisir que je prends à replonger dans un univers chinois à l’ancienne. Certes, on est sur un décor de carte postale un peu léger et surfait parfois, mais l’allant de l’héroïne, le caractère ambigu de son nemesis et les histoires entre les concubines suffisent à susciter mon intérêt. Si vous avez aimé le tome 1, cette suite ne peut que vous plaire, à l’inverse si vous n’avez pas aimé, je ne pense pas que celui-ci vous fasse changer d’avis ^^!

Tome 3

Après trois tomes, le duo Itsuki Nanao et Nekokurage semble avoir vraiment trouvé la bonne recette pour nous inviter à plonger dans leur univers fait d’enquêtes sur fond de médecine chinoise et de complots dans les harem et autre quartiers de plaisir. Passionnant !

La narration est pourtant ultra classique, avec des événements au déroulé assez prévisible, des personnages aux caractéristiques aussi déjà vues, mais pourtant l’ensemble fonctionne à merveille et nous emporte à chaque tome dans les délices de nouvelles enquêtes.

Dans ce tome qui débute sur les suites du dernier incident mettant en scène l’une des concubines, les auteurs s’attachent encore à nous montrer toutes les connaissances de l’héroïne et leur application lors de différentes enquêtes. Si la première est un peu laissée en suspens, la deuxième est déjà bien plus intéressante puisqu’elle implique de bouger du palais pour se rendre dans le quartier des plaisirs de la ville. Nous découvrons alors, certes en restant plutôt en surface, le fonctionnement de ces endroits dans l’ancienne Asie, mais surtout nous assistons à une enquête rondement menée où l’héroïne officie en duo avec son père. J’ai beaucoup aimé.

Sortir un peu du Palais, proposer de voir d’autres dynamiques que les complots entre concubines, est une riche idée pour renouveler l’histoire. On en découvre un peu plus sur Mao Mao, on rencontre certaines de ses connaissances à l’extérieur, on imagine ce qu’elle pense être son futur une fois son contrat fini, et on assiste également à l’application concrète de ses connaissances en médecine une fois de plus. C’est également un moyen de découvrir comment cela fonctionne pour que ceux qui travaillent dans le harem puissent sortir de temps en temps, ce qui est fort intéressant. Le tout repose une nouvelle fois sur des manigances, des machinations et des entourloupes, soyons honnête car rien n’est jamais franc dans cet univers.

Rien, sauf peut-être la douceur des sentiments qu’entretient de plus en plus Mao Mao avec les femmes qui l’entourent ce qui est mignon à voir. Elles savent en partie ce qu’elle cache et elles l’acceptent, la prennent même sous leur aile. Ce qui est mignon aussi, c’est d’assister dans ce tome à la manifestation des sentiments de Junishi pour Mao Mao. Plus qu’un jouet pour lui, la jeune fille devient une personne à qui il est attaché. Il éprouve ainsi de la jalousie, de la peine et de la déconfiture face aux événements, même s’il ne comprend pas tout. C’est cocasse. Il cherche donc tous les moyens pour attirer son attention et la nouvelle affaire qui survient à la fin tombe à pic. Ça lui permet de la remettre dans sa sphère d’influence ni vu ni connu. La relation chien chat qu’entretiennent les deux se porte donc à merveille pour notre plus grand plaisir.

Ainsi si vous avez aimé les deux premiers tomes et que vous souhaitez continuer à plonger dans des enquêtes sur fond de médecine chinoise dans un cadre ancien légèrement fantasmé, n’hésitez pas à poursuivre l’aventure avec Mao Mao. C’est frais, léger, drôle et réconfortant à la fois, tout en étant un tout petit peu sombre par moment, car forcément on ne commet pas un meurtre ou une tentative le coeur joyeux. Pour ma part, je prends vraiment plaisir à ce divertissement qui me rappelle d’anciennes lectures sur la Chine d’autrefois.

Je remercie les éditions Ki-Oon pour leur confiance et ces envois !

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20 commentaires sur “Les Carnets de l’Apothicaire de Natsu Hyuga, Itsuki Nanao et Nekokurage

  1. Avec les éditions Ki-oon, j’hésite rarement sachant que je ne serais pas déçue. Ce titre est dans ma WL, et ton avis me donne encore plus envie de le découvrir. C’est le genre de récit que j’aime bien et les dessins me plaisent beaucoup (enfin de ce que j’en ai vu). Merci pour ce billet complet qui met l’eau à la bouche 🙏💖

    Aimé par 1 personne

    1. Ravie de t’avoir donné envie. Comme toi, c’est un éditeur chez qui je peux quasiment acheter les yeux fermés tant j’aime leur ligne éditoriale et la qualité de leurs titres 😀
      Ton compliment me fait très plaisir en tout cas ^-^

      J'aime

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