Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

The Dovecote Express d’Ikuko Hatoyama

Titre : The Dovecote Express

Auteur : Ikuko Hatoyama

Éditeur vf : Noeve Grafx

Année de parution vf : 2022

Nombre de pages vf : 200

Résumé : D’innombrables pigeons se sont dispersés dans le ciel en temps de guerre afin de se charger de transporter des secrets. Au milieu de cette folie meurtrière, le Dovecote Express, est un train qui se charge des les récupérer, soigner, et les accompagner dans la mort. Cet ouvrage dépeint l’interaction du jeune garçon Davy et de leur souffrance journalière. Mais tout ceci est-il bien réel ?

Mon avis :

J’aime les éditeurs qui suivent leurs auteurs, alors je suis ravie de l’initiative de Noeve de publier un autre oneshot signé Ikuko Hatoyama, cet artiste singulier à la croisée des genres qui a toujours des couvertures sublimes et dont les ouvrages sont de petits objets d’art.

Dans le premier titre à nous être parvenu, A Tire d’Aile, j’avais été touchée par l’ambiance mélancolique et dramatique de son histoire. Bien que singulièrement différente et bien plus étrange, celle de The Dovecote Express m’a également touchée avec ce même sentiment de mélancolie tragique, le registre était juste différent.

En effet, l’auteur s’est lancée dans une aventure bien étrange, proposer une histoire entièrement métaphorique sur le thème des pigeons voyageurs exploités autrefois sur les champs de guerre, pigeons représentés par des enfants. Il reprend ainsi la figure de l’enfant sacrifice, l’enfant soldat, qu’on avait par exemple eu l’occasion de croiser dans des titres comme Lost Children ou Eden en manga mais surtout Gunslinger Girls en animé, ce qui tombe bien vu que je l’ai visionné récemment. C’est puissant mais très étrange ici.

Il faut donc accepter lors de la lecture, d’atterrir dans un monde étrange, un monde dans la tradition fantastique du XIXe siècle, un peu à la Prosper Mérimée où le réel bascule progressivement vers quelque chose de très étrange et pourtant pas si déconnant, donc qui interpelle. L’histoire n’est pas une ligne droite, l’histoire n’est pas facile, l’histoire dérange. La narration ne m’a cependant pas pleinement convaincue car je n’ai pas toujours saisi le but de tout cela. D’ailleurs, y en a-t-il un à part nous faire comprendre l’horreur du traitement qu’on subit ces pauvres animaux en les transposant en être humains et en enfants qui plus est ?

Le revers d’une telle expérience, c’est qu’on retient plus l’expérience générale que les détails et que les personnages nous glissent un peu dessus en dehors du héros, exemple type du jeune garçon, héros des romans européens du XIXe siècle – début XXe, et du professeur fou, figure connue également de ces scientifiques qui vont trop loin dans leurs expériences. Les autres, les garçons-oiseaux, sont tous semblables et pas vraiment notables, ce qui sûrement voulu, puisqu’il en va de même pour les pigeons voyageurs en dehors de leur bague de reconnaissance. Mais pour moi qui aime avoir un certain attachement vis-à-vis des personnages, c’est raté.

On plonge juste avec le héros dans cette histoire absurde et incompréhensible dans une zone méconnue et cachée du train où il voyage avec ses parents, ce qui rappelle cette littérature fantastique où les jeunes héros héros, comme Alice ou les enfants de Narnia, basculent dans un monde imaginaire fantastique alors qu’ils sont dans un lieu familier. Les références de l’auteur sont claires et assumées, et ce jusque dans les dessins.

Ces derniers sont encore une fois d’une belle finesse et d’une facture assez spectaculaire, nous faisant nous attarder sur eux. Mélange de courant ero-guro façon Taro Nogizaka, auteur de La Tour fantôme, et d’influence européenne avec ces uniformes d’écolier et ces adultes en costumes trois pièces et belles robes à l’ancienne. On est en plein dans l’esthétique du début XXe en Europe et non au Japon. C’est très beau, très aérien et étrange à nouveau de part les poses prises par les jeunes pigeons, comme sur la couverture. Moi, j’ai vraiment aimé prendre le temps de m’attarder sur ces compositions. J’ai aimé le sentiment étrange et décalé qu’elles dégagent entre cette froide beauté du premier abord et les postures, regards, actions, non naturelles qui signifient tout autre chose.

Même si ce ne fut pas une lecture aussi puissante et émouvante qu’A Tire d’Aile, The Dovecote Express fut encore une sacrée expérience, menée par un auteur qui prend à coeur les sujets qu’il traite et qui cherche le meilleur biais pour allier ceux-ci à son style graphique si particulier et la métaphore fut ici l’outil parfait bien que très singulier. Si vous osez vous laisser tenter par l’expérience, partez vierge de tout sentiment et laissez vous porter par ce conte tragique et non moins humain.

> N’hésitez pas à lire aussi l’avis de : Vous ?

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2 commentaires sur “The Dovecote Express d’Ikuko Hatoyama

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